Ils sont deux, viennent de Bogor en Indonésie, font du Grind, mais je n’ai pas réussi à en savoir plus ni à déchiffrer leur nom. Bon, en même temps, pour apprécier leur bordel, pas besoin d’en savoir plus, sauf peut-être qu’ils se font distribuer leur premier album par une structure thaïlandaise underground de renom, Brute Productions, qui héberge déjà des bouchers asiatiques confirmés comme GOREPOFLESH, COFFIN OF BLOOD, DEATHBLOW, PROPAGANDA, OSMED, ANAL FISSURE ou BRAIN DAMAGE, ce qui vous en dira beaucoup plus que de longs discours.

Les PIG COMPANNY de leur côté ne semblent pas vouloir rompre avec une tradition de bruit typique de cette région du monde, bien que leurs influences se situeraient plutôt de l’autre côté du globe, puisqu’ils citent les immanquables NASUM, ASSUCK, PHOBIA, NAPALM DEATH, MAGRUDERGRIND, ROTTEN SOUND et AGATHOCLES pour situer un peu mieux leur boucan.

Qui en est, assurément.

Dix-huit titres pour à peine vingt minutes de violence, les conventions sont respectées, tout comme la tradition de production un peu sèche mais aux graves profonds et à la rudesse de guitare de bon ton, ainsi que l’utilisation à intervalles réguliers de samples histoire de planter l’ambiance et de meubler un peu pour tenir la distance. Il est toujours très ardu de parler d’une musique qui se ressent plus qu’elle ne s’analyse, et qui d’ailleurs, ne s’analyse pas du tout. Mais admettons que les PIG COMPANNY ont bien compris la leçon, malgré la faute d’orthographe de leur nom, voulue ou non. C’est donc à du Grind à la NASUM/AGATHOCLES que nous avons droit, vu par le prisme indonésien, qui n’est pas le plus tendre avec ses voisins. Si les riffs se veulent parfois méchamment Core ou Thrash, le rythme global se vautre dans les blasts (que la production a du mal à mettre en relief d’ailleurs), et le dédoublement des voix assure une dynamique porcine/ovine assez délectable. L’ambiance est gentiment violente et paillarde, mais garde prise avec le réalisme d’un Grind de tradition qui n’a pas abandonné toute raison. La musicalité se retrouve parfois au travers de petits licks mélodiques à l’attaque un peu mièvre, mais qui ont le mérite d’être ludiques, mais ce sont évidemment les titres les plus conséquents ou brefs qui assurent l’allant.

On dépasse rarement la minute de jeu, qui est toujours largement suffisante, et on s’autorise parfois les trois, puisqu’on a visiblement des choses à beugler. Mais en une seule occurrence, qui est d’ailleurs un emprunt, aux NASUM justement, avec une cover de leur séminal « Scoop », qui trouve ici une lumière encore plus euphorique et hystérique.

Le reste ? Des trucs qui cavalent, qui dératent, mais qui la plupart du temps restent sous le contrôle d’un Grind typiquement indonésien payant son tribut aux influences US et de l’est. Et ça fonctionne, pour peu que le Grind des années 90 soit vraiment votre truc, mais si tel n’était pas le cas, vous auriez interrompu votre lecture bien en amont. Alors, on fonce, mais on lâche aussi quelques plans bien down, qui écrasent l’ambiance pour la rendre plus rance. C’est parfois tellement révérencieux qu’on se croirait reparti sur Scum de NAPALM DEATH, et pour plusieurs raisons (« Dead », le titre, la brièveté, la sauvagerie ultime), référence que les PIG COMPANNY semblent vénérer au-delà du raisonnable (« Money », cinq secondes). Mais on n’est pas là pour raconter des conneries (« Bullshit ! »), et encore moins pour louer un quelconque veau d’or (« Kill Your Idols », ce sont les SONIC YOUTH qui vont être contents).

On en profite pour dénoncer les horreurs de ce monde sur fond de Thrashcore paillard et braillard (« The Crimes Of War »), la corruption et l’avidité (« Stop ! Enrich Yourself »), mais on propose quand même des solutions qui ne courent pas forcément après la précipitation pour prouver qu’on sait un minimum manier son instrument (« Dar Der Dor »).

Alors oui, bon, certes, je le reconnais, tout ça reste du Grind bien tassé. Mais comme il y avait très longtemps que je n’en avais pas parlé, et que la scène d’Indonésie regorge de tarés, le rappel n’est pas vain. Et si le bourrin bien morflé peut vous réveiller mieux que n’importe quelle alarme déréglée, alors jetez-vous sur Deconstruction of Resistance, vous allez en prendre une sévère dans les oreilles et le gosier.


Facebook officiel


par mortne2001 le 05/09/2017 à 18:33
70 %    72

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Pink Mass

Necrosexual

Eyestral

Beyond

Virgil

Initium

Watchcries

Wraith

Midnight

Sweet Death and Ecstasy

Blood Freak

Total Destruction Of The Human Form

Veilside

Eclipse

Full Of Hell, The Body

Ascending a Mountain of Heavy Light

Feast!

Feast!

The Erkonauts

I Shall Forgive

War Possession

Doomed To Chaos

Sweet

Unified

Corpsia

Genocides in the Name of God

Baneful Storm

Invocations

Boycott

The Mighty

Naeramarth

The Innumerable Stars

Nephren-ka

La Grande Guerre De L'Epice

Warcall

Invaders

Ailafar

Heartbeat

Savage Annihilation + Nephren-Ka + Geniteur + Inseminate Degeneracy

Jus de cadavre / 21/11/2017
Brutal Death Metal

Interview de l'asso La Vonologie

Jus de cadavre / 17/11/2017
Festival

Lezard'Os Metalfest 2017

Simony / 13/11/2017
Post Hardcore

Concert Metal

Simony / 07/11/2017
Djent

Concerts à 7 jours

+ Solstafir + Myrkur

21/11 : Antipode, Rennes (35)

Stolen Memories + Black Widow's Project + Mother And Pearl

24/11 : Warm Audio, Decines-charpieu (69)

Seeds Of Mary

24/11 : Espace El Doggo, Limoges (87)

Dying Hope + Desperhate

25/11 : Alex's Tavern, Rennes (35)

Volker + Adx + Lurking

25/11 : Espace René Fallet, Crosne (91)

Solstafir

26/11 : Jas'rod, Pennes Mirabeau (13)

Photo Stream

Derniers coms

belle affiche , les bretons sont veinards, félicitations


Ben pour beaucoup, BEHEMOTH c'est le groupe froid et clinique de The Apostasy par exemple alors que pour d'autres c'est aussi un groupe de Black comme il l'était à ses débuts. Dans le cas de VIRGIL l'influence est clairement dans le chant mais aussi certaines parties de guitare.
Mais je sui(...)


Même si le style n'est pas pour moi, ça tient la route. C'est fou en tout cas le nombre de groupe de deathcore qui cite BEHEMOTH comme grande influence... Ça donne du crédit auprès des metalleux de base ? :D


Ouais, balèze cette annonce ! Pour une première "vraie" édition fallait oser !


Belle affiche pour ce festival, Manilla Road fait partie des groupes que j'aimerai bien voir une fois quand même !