« Nous prenons soin de votre futur »…

Non, ne vous inquiétez pas, je ne vous propose pas les services d’une nouvelle société de préservation de l’environnement, ni une nouvelle marque de lessive encore plus bio, juste le premier longue durée d’un groupe bien de chez nous qui justement, s’attaque au problème des corporations, des multinationales, et par extension, de l’avenir de notre planète.

Sujet noble s’il en est, concept de circonstance, qui sont donc ces chevaliers des temps modernes, pourfendeurs du capitalisme destructeur à outrance, s’inspirant sans doute d’œuvres passées qui nous mettaient déjà en garde quant à un futur encore plus sombre que celui qu’elles anticipaient ?

Ces chevaliers au départ n’étaient qu’un. Paul Darbot a en effet décidé en décembre 2012 de nous proposer sa vision d’un Metal Alternatif riche et ouvert à de multiples influences. Sevré de littérature de science-fiction et de films fantastiques/d’anticipation depuis son plus jeune âge, Paul créé un monde futuriste pessimiste et nihiliste, aux mains de gigantesques corporations…Il nomme son projet SYBERNETYKS, trouve des compagnons de route partageant sa vision (Emilien Vives, Jyhell et Thomas Leon), et se lance dans la composition d’un premier EP, The Corporation, avant de lui donner une courte suite avec le trois titres Cerberus.

De ces œuvres en format réduit émerge un Metal moderne, soumis à diverses influences, qui trouve aujourd’hui son point de maturation dans la concrétisation d’un premier LP, Dream Machine, qui en effet, a de quoi nous faire rêver d’un monde meilleur auquel nous ne pouvons pas forcément prétendre autrement que dans une dimension artistique.

Conceptuellement, Dream Machine ressemble beaucoup à des films comme Rollerball, Dark City, 12 Monkeys et tant d’autres qui ont prédit à l’humanité un sort peu enviable, en confiant les rênes du pouvoir à de gigantesques conglomérats, dans l’optique d’un Soleil Vert ou d’un 1984. La thématique est d’usage depuis la fin des années 60, et trouve souvent écho dans le travail de musiciens ayant une conscience humaine et écologique affirmée, mais souvent, tout ça tourne au manichéisme outrancier qui vient gâcher les nobles intentions de départ.

Je vous rassure -  et vous devez vous en douter puisque j’ai pris mon clavier pour en parler – SYBERNETYKS n’a pas choisi de noyer son message dans une musique mélasse dégoulinante de saccharose ou de clichés bon marché. Et loin de s’accommoder d’un simple Metal froid et mécanique, le quatuor a privilégié un métissage des genres pour offrir à ses fans potentiels un joli crossover côtoyant aussi bien le Metal Alternatif que le Néo Thrash, le progressif, et même quelques touches fugaces de Math/Indus totalement en phase avec les thèmes abordés.

Mais la musique de Dream Machine, totalement en accord avec son principe de fonctionnement onirique, fait subtilement cohabiter violence et mélodie dans un mécanisme habile et très bien huilé, parvenant à synthétiser l’esprit de groupes comme LINKIN PARK, FEAR FACTORY, Devin TOWNSEND et DREAM THEATER/PERIPHERY sans jamais donner le sentiment de plagier leurs songes instrumentaux.

Technique présente mais pas envahissante, mélodies très prononcées, enchaînement de parties délicatement ciselées et ouvertement puissantes, et surtout, concision dans le déroulement de l’album qui empêche le quatuor de se lancer dans de longues digressions qui auraient pu se montrer trop stériles.

Morceaux qui sont donc courts, aux arrangements fouillés et jamais gratuits, même si certaines couleurs pastels peignent le décor de façon un peu trop uniforme parfois.

Mais quel premier album est exempt de défauts ?

En tout cas, la société futuriste que nous décrivent-les SYBERNETYKS est étrange et assez fascinante en l’état, et séduit par sa dualité.

Si le groupe se place dans un univers Cyberpunk en citant William Gibson et des bandes comme Matrix ou Blade Runner, sa musique est tout sauf froide et robotique, et se montre même chaleureuse à l’occasion de titres comme l’accrocheur « Disconnected », qui propose même une intervention finale en solo tout à fait pertinente et « organique ».

Le modus operandi est souvent le même, riffs saccadés et précis sur les couplets, phrasé de chant heurté, et puis mentions plus évasives et harmoniques sur les refrains, sans jamais se départir de cette énergie qui les empêche de sombrer dans la mièvrerie.

« Karma Protocol » et «Junction» en étant les meilleures illustrations, ce qui n’évite pas les écarts de conduite ou les arpèges et la douceur prennent le relais, sur « Satellite » notamment, qui ressemble à ce qu’auraient pu produire les ALICE IN CHAINS.

Un surplus de puissance est tangible sur le segment « D.N.A » qui fricote avec les dédales rythmiques de PERIPHERY ou le DREAM THEATER de Awake, tandis que « Revolution » se veut plus Cyber Metal et accélère le tempo pour se rapprocher d’un Néo Thrash à la FEAR FACTORY, en version plus light et alternative, disons-le.

 

Le son de l’album est tout à fait honnête et très bien équilibré, et permet au groupe de proposer un final à la hauteur de ses ambitions, avec un « Dream Machine » conclusif, qui rappelle même des groupes comme WASTEFALL et SPINESHANK dans des incarnations plus humaines et débarrassées de leurs tics les plus agressifs.

Mais en tant que « presque » premier jet, Dream Machine est une belle démonstration de patchwork assemblé avec précision et conviction, et une étape franchie sur la longue route de la perfection d’une recette de Metal alternatif progressif, pas vraiment prétentieux, et assez humble dans sa conception.  Mélodies entêtantes quoiqu’un peu systématiques, staccato de guitare au millimètre, parties rythmiques coulantes et élastiques, et lignes vocales profondes et pleines de sensibilité.

Si notre monde de demain se veut aussi déshumanisé que le décrivent les Tourangeaux, vous pourrez compter sur eux pour vous montrer la lumière de l’espoir.


Titres de l'album:

  1. Virtual Lights
  2. D.N.A.
  3. Downstream
  4. genesis
  5. Tech-Noir
  6. Disconnected
  7. Karma Protocol
  8. As The Stars Fade Away
  9. Satellite
  10. Junction
  11. Revolution
  12. Dream Machine

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 23/10/2016 à 16:44
75 %    391

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Meridian

Margin Of Error

Véhémence

Par le Sang Versé

A Pale Horse Named Death

When The World Becomes Undone

Jetboy

Born To Fly

Lugnet

Nightwalker

Insanity Alert

666-Pack

Triste Terre

Grand Oeuvre

Flotsam And Jetsam

The End of Chaos

Necrogosto

Necrogosto

Mayhem

De Mysteriis Dom Sathanas

Horrisonous

A Culinary Cacophony

Dust Bolt

Trapped in Chaos

Pissgrave

Posthumous Humiliation

Aberracion

Nadie Esta Libre

Malevolent Creation

The 13th Beast

Together To The Stars

An Oblivion Above

Queensrÿche

The Verdict

Musmahhu

Reign of the Odious

Cold Colours

Northernmost

Destiny Ocean

Peace Love & Heavy Metal

Interview avec AMON AMARTH

Acid / 20/03/2019
Amon Amarth

Liévin Metal Fest #4 (samedi)

JérémBVL / 18/03/2019
Benighted

Cernunnos Pagan Fest 2019

Simony / 12/03/2019
Celtic Metal

LORDS OF CHAOS / Critiques du film

Jus de cadavre / 12/03/2019
Film

Concerts à 7 jours

+ Meshiaak + Overkill

20/03 : Le Trabendo, Paris (75)

Meshiaak + Overkill + Flotsam And Jetsam

20/03 : Le Trabendo, Paris (75)

Kryzees + Manigance + King Crown

22/03 : Chez Paulette, Pagney-derrière-barrine (54)

Photo Stream

Derniers coms

Nan c'est de la merde quant même. C'est surement devenu culte pour tout ce qui entoure le groupe et le disque, mais clairement c'est de la merde. Album chiant, mou du genou et niveau violence et malsain on a fait mieux avant et après que cette daube.


Va falloir que je lui donne une deuxième chance mais cet album m'a jusque là laissé de marbre...


Exactement la même sensation d'un rendu un peu plus "pop" avec ce nouvel album mais une fois rentré dedans je le trouve absolument excellent. Je me suis forcé à l'enlever de ma platine parce que sinon il aurait fait l'année dessus, mais il va très vite y revenir comme ses illustres prédécess(...)


Aaaaaahhh !!!
A PALE HORSE NAMED DEATH !!!
Un des rares groupes actuels dont j'attends les sorties et tournées avec toujours la même réelle impatience.
Une fois de plus, je ne suis pas déçu par leur dernier ouvrage.
Comme le dit très justement Simony, il faut toujours u(...)


Un album juste incroyable. Une ambiance de fou, des riffs guerriers et mélodiques, une production très claire (limite trop "bonne", ce serait mon seul "reproche"). Le premier morceau est pour moi une leçon de Black épique. Juste excellent !
Un grand bravo au groupe et merci mortne pour ce(...)


Ah oui, bizarre, c'était 18h la semaine dernière.
Comme y'a "que" 3 groupes au lieu de 4, ceci explique cela. Cool, tant mieux !


Sur le site du Trabendo, il est annoncé une ouverture des portes à 19h00...
http://www.letrabendo.net/overkill-2/


Meshiakk a jeté l'éponge, remplacé par Chronosphere sur la tournée mais pas sur la date de Paris, ni en suivant. Dommage, c'était un choix plus cohérent. Du coup, pas de groupe local avant Flotsam n'est annoncé. Quelqu'un sait-il si le premier show démarre juste à l'ouverture des portes, pr(...)


"De Kristian Vikernes ou d’ Øystein Aarseth, qui est le vrai coupable ? On ne le saura sans doute jamais, et c’est tant mieux."

Le vrai coupable ça reste celui qui a tué l'autre.


Hmmm... le nouvel Abnormality n'a pas l'air de dévier et c'est bien ce qu'on demande !


plutot death que thrash. definitivement


mème chose on est loin du 1er album (ah jeunesse)....


Un côté très old school, et autant proche du thrash que du Death.

Morceau sympa, j'attend un peut mieux du reste.


Ah ah ah !
Ouais merde... Putain, je pensais pourtant avoir fait "le tour de la question"...

PS : Il me semble même qu'il escompte adopter avec son compagnon du moment.


Va falloir que je l'écoute en entier cet album, j'ai ignoré quasiment tout le mouvement black de ces années, mis a part ugra karma et ceremony of the opposites.


TU as oublié de préciser qu'il était homo également


Une pierre angulaire du black, un album essentiel, un manifeste à le fois séminal et terminal. J'ai dû l'écouter des centaines de fois depuis mes débuts de metalhead il y a près de 25 ans, et je ne m'en lasse toujours pas...


D'après mes sources, Emory Cohen (Varg Vikernes dans le film) est effectivement juif.
Mais également éthiopien par sa mère, gitan du côté de son père, encarté au Parti Communiste et d'obédience maçonnique.


"Le plus drôle, c'est que l'acteur qui joue Vikernes s'appelle Cohen"

Et encore, il aurait pu être noir !!!


1) "Je ne jurais que par Darkthrone en BM Norvégien"
Rassures-toi, il y a pire comme référentiel hein.
2) "A l'occasion d'un concert (en salle) où le groupe jouait "De mysteriis (...)" en intégralité y a eu le déclic"
J'avais forcément vu le groupe avant en live (claquasse (...)