(NDR : Ceci est la chronique que j’avais écrite le 4 janvier 2010 à l’occasion de la sortie de l’album)

 

Quel comeback mes aïeux, quel comeback !!! Si vous avez l’habitude de parcourir mes chroniques, vous savez déjà tout le bien que je pense d’HEATHEN, et tout ce que ce groupe disparu trop tôt aurait pu apporter à la scène Métal de la fin des 80’s.

Après un second album, Victims Of Deception qui effectivement en avait déçu plus d’un, le groupe avait sombré, comme la multitude d’autres combos n’ayant suscité qu’un intérêt poli à cette époque. Trop d’albums avaient tué dans l’œuf des projets ambitieux, et nous avions payé le trop plein de signatures insipides de maisons de disques peu regardantes sur la qualité.

Mais l’histoire garde toujours dans un recoin de sa mémoire ses héros. Et parfois le hasard fait bien les choses. Intrigué par une vidéo laissée par un ami (Hey Jay !) sur le profil de sa page F******* (site communautaire surpeuplé que tout le monde reconnaîtra), et ses louanges incessantes sur un nouvel album à paraître, j’ai finalement décidé de jeter une oreille, timide il faut l’avouer, sur ce nouvel album que l’on attendait plus, très justement nommé Evolution Of Chaos. Très en phase avec son époque, cet intitulé, qui pour certains ne sera rien de plus qu’un nom d’album comme un autre, définit avec plein de justesse une ère ou l’anarchie des sentiments domine, et où il est plus facile de détruire que d’essayer de reconstruire sur des bases saines.

Conscients que la fin de leur histoire avait un arrière goût d’inachevé, Lee Altus, Dave White et Darren Minter remettent le couvert en espérant que le souper prenne cette fois ci des allures de réveillon sauvage, ou aucun convive ne sera épargné.

Et après une courte intro assez bien troussée il faut l’avouer, la soirée démarre, et sous les meilleurs auspices. « Dying Season » s’intronise message d’accueil, et nos hôtes ont dressé la table avec un soin extrêmement méticuleux. Les riffs estampillés Bay Area sont là, le rythme est rapide, la syncope redoutable, et les soli performants. Pas de doute, il s’agit bien du HEATHEN de Breaking The Silence que nous retrouvons là, ceux là même qui savaient créer une alchimie parfaite entre la furie la plus totale et la mélodie fatale. Mes oreilles n’en croient pas encore leur marteau et leur enclume, mais la saignée, bien que juste entamée, poursuit son travail de sape sur « Control By Chaos », et taille mes veines d’un rouge sang qui ne demande qu’à couler. Cette rythmique, ces guitares affamées, ce chant vindicatif mais harmonieux, tout est ciselé dans le diamant le plus fin, et l’on se prend à headbanguer comme il y a 20 ans, l’air crétin, mais heureux. Deux morceaux, et l’affaire est déjà pliée.

Fidèles à leur habitude de développer une chanson sur un timing démesuré, les membres d’HEATHEN n’hésitent pas à placer au début de l’album un titre épique de plus de 11 minutes. « No Stone Unturned » est un manuel à l’attention des apprentis compositeurs ambitieux, et l’on se prend à son écoute à rêver à « Worlds End », voire même pourquoi pas à un « One » de METALLICA, auquel le groupe a emprunté bien des recettes. Un développement majestueux, qui passe par toutes les ambiances possibles, et qui place l’auditeur dans une position enviable. Celui de témoin d’une renaissance d’un phoenix que l’on croyait définitivement brûlé aux tréfonds de l’enfer de l’indifférence.

« Arrows Of Agony », de facture plus classique, assure un retour à la réalité salvateur, avec son riff sorti tout droit des caves d’EXODUS (après tout, Lee Altus n’en fait pas partie pour rien !), et « Fade Away » enfonce encore un peu plus le clou, ce qui doit rendre Gary HOLT bien fier de sa descendance.

Alors bien sur, il s’agit d’une influence évidente, mais toutefois mâtinée d’un savoir faire tout à fait personnel, qui permet à HEATHEN d’accéder à des hauteurs qu’EXODUS n’a jamais atteinte, même sur ses plus fameux efforts.

Et le parfum celtique de « A Hero’s Welcome » viendra étayer cette thèse. Bien que fortement pimenté par des guitares lourdes et revendicatives, mais toujours à la pointe de l’harmonie, cette pause quasi mélancolique aère l’album et lui ouvre des horizons si vastes qu’ils en deviennent grisants.

On se dit que cette sarabande va bien finir par s’essouffler et que le groupe va manquer de cartouches, mais l’accrocheur « Undone » vient derechef contredire ce postulat, avec une fois de plus des riffs calqués sur une batterie hystérique. Le chant est toujours égal à lui-même, agressif, profond, et jamais lassant de part ses variations permanentes.

« Bloodkult », c’est un peu le défouloir. Rien de bien novateur, mais une puissance et une hargne indiscutable, qui lorgne sévère du côté de TESTAMENT. Bay Area je vous dis !!!Et un refrain fédérateur qui n’a pas fini de faire se brandir les poings d’un public totalement acquis à la cause.

L’ombre de METAL CHURCH plane sur l’irrésistible « Red Tears Of Disgrace », se partageant la paternité d’un titre avec FLOTSAM & JETSAM (« Red Tears Of Disgrace »/ « No Place For Disgrace », même combat ?).

Quant à « Silent Nothingness », qui n’a de silencieux que le titre, il achève l’ouvrage de main de maître en plaçant HEATHEN au firmament des groupes injustement ignorés, mais qui vont bien finir par recueillir les suffrages d’un public qui ne pourra pas plus longtemps occulter un tel savoir faire.

HEATHEN, avec cet Evolution Of Chaos, crée une mini révolution chez les survivants d’un style qui semble revenir au premier plan de nos jours. Ils prouvent qu’avec de la ténacité et une bonne dose de talent, on peut obtenir le plus parfait des mariages entre la violence et la mélodie. Je défie quiconque d’écouter cet album, et de ne pas trouver chaussure à son pied.

Il en est des résurrections comme des retours de flamme en amour. Certaines sont vouées à l’échec dès le début, d’autres semblent promettre une passion infinie jusqu’à la mort.

J’espère simplement que cette fois ci, vous ne laisserez pas passer une telle occasion de bonheur.

(NDR : l’album ressortira donc le 30 janvier en plusieurs formats différents, double LP vinyle bleu et mp3, CD et DVD, plus de détails dans la news ici : http://www.metalnews.fr/news/heathen-thrash-metal-etats-unis-proposera-une-version-anniversaire-pour-celebrer-les-10-ans-de-la-sortie-de-leur-album-the-evolution-of-chaos-il-paraitra-en-cddvd-2lp-et-digital-chez-mascot-records-le-31-janvier-2020on-y-retrouvera-un-titre-inedit-ld)


Titres de l’album :

                        01. Intro

                        02. Dying Season

                        03. Control By Chaos

                        04. No Stone Unturned

                        05. Arrows Of Agony

                        06. Fade Away

                        07. A Heroe's Welcome

                        08. Undone

                        09. Bloodkult

                        10. Red Tears Of Disgrace

                        11. Seasons In Purgatory (Bonus Track)

                        12. Silent Nothingness

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par mortne2001 le 18/01/2020 à 17:28
90 %    204

Commentaires (4) | Ajouter un commentaire


NecroKosmos
@90.32.57.90
19/01/2020 à 08:49:08
'Victims of deception' est excellent !! Un groupe sous-estimé. J'en veux pour preuve la faible affluence devant la scène lors de leur passage au Hellfest. Mais, ayant déjà ce nouvel album (tout de même initialement paru en 2010), j'aimerais savoir ce que vaut l'inédit. Cela dit, ce disque, c'est du 19/20 et je conseille fortement l'écoute de celui-ci aux béotiens qui n'y connaissent rien.

LeMoustre
@93.4.16.166
19/01/2020 à 16:12:38
Pareil, un grand album, comme tous les Heathen ! L'inédit vaut-il l'achat, pour ceux qui ont déjà l'album d'origine ?

RBD
membre enregistré
19/01/2020 à 21:34:45
Je les avais vus en 2012 sur une affiche anthologique, c'était bien Heavy et mélodique sur les bords.

Arioch91
membre enregistré
20/01/2020 à 11:46:40
Vivement leur prochain album !

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C'est très bon


En effet pas mal du tout dans le genre. Même si déjà entendu 1000 fois. Plus Grave que Grave !


Ca sent vraiment la fin du bal, là.


Le pire la dedans, c'est que tout le monde serait d'accord pour qu'il dise stop. Mais malgré son statut de star, ses thunes etc... Il ne sait faire qu'une chose, c'est chanter sur scène. Dans ce sens, la célébrité c'est moche. Ozzy est mort vive ozzy !


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Merci pour la réponse Simony. Et donc, rien de bien méchant apparemment, un petit bizutage !
En même temps dans Death, comme les musiciens changeaient tout le temps ou presque, tout le monde était toujours le petit nouveau.


100 % d'accord avec la chronique !!


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"Pas un mot dans la presse française." Pas étonnant, mais peut-être pas plus mal au final.
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