Pendant que ce cher Lars Ulrich peaufine la sortie du dernier album de METALLICA, un des fers de lance - si j’ose dire - de la mouvance qui a donné naissance à sa passion, propose son quatrième LP, et le premier depuis…trente-trois ans.

Si l’adage « Patience et longueur de temps font plus que force et rage » était érigé en tant que dogme de qualité musicale intrinsèque, alors gageons que les QUARTZ se verraient élevés au rang de philosophes extrêmes du Heavy Metal…

Fondé en 1977 après avoir passé trois années à évoluer sous le pavillon BANDY LEGS, le quintette Anglais a sorti trois albums, dont un qui a vu le jour au pic même de créativité du renouveau Metal Anglais, Stand Up And Fight, sorti en cette année charnière 1980.

Trente-six mois plus tard, le combo poussera son chant du cygne, avec un Against All Odds qui témoignera de toutes les difficultés affrontées pour en accoucher…Gorgé de synthés pour travailler les ambiances, le disque reçu un accueil poli, sinon indifférent, mais la vague déferlante était déjà passée, comme l’heure de gloire de ces musiciens honnêtes et passionnés…

Mais qui a vraiment oublié ce tsunami de guitares mordantes et de rythmiques vaillantes qui ont redéfini le Rock Anglais du début des 80’s ? Les débuts d’IRON MAIDEN, du DEF LEP, de SAXON, mais aussi de ces quelques ensembles plus anecdotiques qui ont gagné leur place à la postérité via la passion dévorante que leur vouait la jeune garde prête déjà à prendre la relève ? Les DEMON, TRESPASS, BLITZKRIEG, BATTLE AXE, j’en passe et des plus obscurs, qui n’ont eu le temps pour la plupart que de graver une unique galette, deux avec un peu de chance, mais qui sont parvenus à laisser leur signature sur le grand livre d’or de la musique électrique Européenne au début d’un décade qui allait se voir rongée de l’intérieur par les synthétiseurs et les gimmicks de samedi soir…QUARTZ, bien que plus âgé que ses confrères fit partie de cette mouvance fertile, et tient en 2016 à le rappeler via un nouvel album, celui qu’ils n’ont pu enregistrer à l’époque faute d’envie et/ou de moyens…

Et rien qu’un coup d’œil à l’artwork de la pochette, rien qu’une lecture rapide de l’énoncé des titres démontre que les cinq anglais n’ont pas perdu leur ADN en route, et sont toujours fidèles à une éthique bien précise. « Rock Bottom », « Riot in the City », « Born to Rock the Nation », « Scream at the Devil » et bien évidemment, « Fear No Evil », qui donne son nom à ce quatrième LP, et qu’on croirait échappé d’un culte voué à Ronnie James DIO…

« Une fois que tu t’investis dans la musique, elle coule dans tes veines pour toujours ».

C’est le guitariste Mick Hopkins qui parle, et ce nouvel LP de sa créature ne fait que confirmer l’ampleur de sa passion…Il retrouve pour l’occasion quatre-vingt pour cent de ses collègues d’origine (Geoff Nicholls – guitare et claviers, Derek Arnold – basse et Malcolm Cope – batterie), secondés au poste de vocaliste par David Garner, qui les accompagne sur scène depuis 2011, et qui est doté d’une voix totalement en phase avec l’esprit de l’entreprise, tournée vers la nostalgie d’un passé, mais pas désuet pour autant.

Après avoir passé quelques années à répéter et à se retrouver on stage, le quintette décida donc de donner suite à son aventure, épaulés par le label Allemand de passionnés High Roller records. Et à l’écoute de ce Fear No Evil, on se dit que les QUARTZ ont bien fait de remettre le couvert. Tout est là, et plus encore. L’ADN de la si légendaire New Wave Of British Heavy Metal est plus pur que jamais, mais renforcé par une production contemporaine qui fait briller les chromes d’antan, sans dénaturer l’âme d’époque qui nous emmenait vers d’autres horizons que le Punk agonisant ou la New Wave balbutiant ses premiers accords glacés.

Tout ça n’a rien de nouveau, mais il est toujours plaisant d’effectuer un pèlerinage sur des terres sacrées, surtout en compagnie de musiciens connaissant le paysage et l’histoire par cœur. Avec ces douze nouveaux titres, Mick et sa bande revisitent leur histoire, et se tournent vers l’avenir, en proposant quelques petits ajustements sur les digressions classiques de leurs albums Stand Up and Fight et Quartz.

Toutes les facettes de leur style sont passées en revue, de l’hymne Heavy lourd et pesant au burner Hard Rock racé et puissant, en passant par les mélodies de fausses ballades poignantes qui n’en rajoutent jamais trop dans le pathos.

De là, c’est un festival de guitares mordantes, de rythmiques d’airain, et d’envolées vocales parfois lyriques, souvent en mid range, mais chantées avec une belle assurance et une jolie sobriété gorgée de feeling.

On peut bien évidemment rester impassible à ce que certains qualifieront d’étalage de clichés, mais les plus anciens d’entre vous sauront reconnaître le vrai talent d’une formation qui est toujours restée fidèle à ses bastions d’origine.

Bien sûr, tout n’est pas parfait. Loin de là, et certains moments sont même assez ternes, spécialement lorsque le combo tombe dans une lourdeur malvenue que le BLACK SABBATH des mid 80’s aimait à recycler à outrance. Mais les segments les plus rapides et légers permettent à l’album de décoller, comme un joli mélange entre le Heavy made in early 80’s et le Hard Rock plus incisif du milieu de la même décennie, ce que démontre avec brio la jolie doublette « Dangerous Game »/« Born To Rock The Nation », qui ressemble à s’y méprendre à une jolie insertion des assertions du meilleur SAXON dans un contexte Ozzy en solo.

Le titre éponyme vaut aussi son pesant de Heavy glauque et pénétrant, comme cette sublime pochette au bleu nuit envoutant, étalant des créatures nocturnes prêtes à vous déchirer les chairs jusqu’au sang. Mid tempo d’acier pour riffs aiguisés, c’est certainement un des points forts de cet album inconstant, mais charmant.

La voix de David Garner, au vibrato flottant s’accorde parfaitement des refrains taillés sur mesure par ses collègues, et se veut versatile, swinguant le boogie avec classe (« Rock Bottom »), sublimant les harmonies Heavy avec sincérité et flamboyance (« Walkin’ On Holy Water », malgré ses facilités un peu usées), ou aiguisant ses cordes vocales pour faire saigner les tympans lors d’intermèdes salement menaçants (« Zombie Resurrection », très DEATH SS/BLACK SABBATH).

« C’est juste du Heavy classique, mais joué avec enthousiasme »

Cette description de Mick est en effet très fidèle à la réalité d’un album qui démontre que la passion peut avoir raison du temps. Elle excuse même les quelques poncifs disséminés de çà et là (« Stalker », à l’électrocardiogramme plat, « Scream at The Devil », mauvais leftover d’Ozzy période Ultimate Sin), et les pilotages automatiques un peu trop évidents qui menacent de vous planter plutôt que de vous faire planer. Mais l’un dans l’autre, Fear No Evil ne dénote pas dans la production erratique de QUARTZ, et révèle même un groupe très affuté.

 Pour un groupe qui a choisi tel patronyme, on peut affirmer que les originaires de Birmingham ne sont plus vraiment à l’heure. Mais comme nous venons de passer à celle d’hiver, rien ne vous empêche de vous réchauffer au son de  cette NWOBHM qui renaît de ses cendres pour réchauffer la cheminée.


Titres de l'album:

  1. Fear No Evil
  2. Rock Bottom
  3. The Stalker
  4. Rapture
  5. Zombie Resurrection
  6. Barren Land
  7. Walking on Holy Water
  8. Dangerous Game
  9. Born to Rock the Nation
  10. Riot In The City
  11. Dead Man's World
  12. Scream at the Devil

Site officiel



par mortne2001 le 07/11/2016 à 10:49
70 %    512

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