Le Blackened Thrash ou Black à tendance Thrash est devenu une véritable institution ces dernières années, et mieux vaut ne pas tenter de recenser tous les groupes se vautrant dans l’hommage lubrique et diabolique.

Pas forcément toujours inspiré, ce sous-genre à tendance à abriter en son sein des formations sévèrement obnubilées par BULLDOZER, DARKTHRONE, VENOM, SODOM et tous ceux ayant servi de référence à un instant T, se contentant de recycler ad vital aeternam des rythmiques nucléaires et des vocaux paillards, sur fond d’apocalypse musicale mesurée.

Mais après tout chacun y trouve son compte ou pas, et par rapport à l’ampleur de la vague Thrash old-school, le ratio reste encore largement raisonnable.

Ajoutons-y un nom déjà connu d’une poignée de fidèles, celui des Polonais de WITCHBURN, qui de leur baptême aux intitulés de leurs albums, ne font pas grand mystère de leur affiliation.

WITCHBURN fait même partie des piliers de la scène, puisque sa naissance remonte à 1997. Leur parcours plutôt erratique leur a permis de sortir une première démo en 2008, Prepare For The Sabbath, avant de connaître un sale passage à vide de plus d’une décennie, pour enfin accoucher de leur premier LP, Following The Witch en 2012.

Cinq ans de patience et de travail supplémentaires auront été nécessaires à l’élaboration de ce The Roots Of Darkness And Evil, qui se plonge en effet dans les racines du mal musical pour en extraire son essence la plus brute et directe.

Et avouons-le, la musique des Polonais s’abreuve à la source du Thrash dit « evil », celui-là même qu’affectionnait tant notre cher Metallion, et qu’il chroniquait à grands coups d’onomatopées dans son légendaire Slayer Mag.

Et avec des références avouées telles que VENOM, BATHORY, WITCHERY ou BEHEMOTH (quoique pour ces derniers, l’affiliation soit un peu plus obscure), le duo de Goleniów/Kopenhaga joue cartes sur table et ne cherche pas à noyer le poisson dans la mare de sang. En effet, ce deuxième longue durée se place lui-même sous des auspices troubles et violents, tout en gardant prise avec une indéniable forme de musicalité brutale.

Cinq ans de boulot auront donc été indispensables à l’élaboration de ce second album, qui reprend peu ou prou les principes du premier, en les affinant quelque peu. Si toute forme de délicatesse est proscrite dès le départ, Svart (guitare, basse et chant) et Tuna (batterie) font toutefois preuve d’une indéniable inventivité dans le choix des thèmes, qui acceptent comme dogmes les principes établis pas les grandes figures du genre. Alors évidemment, vous aurez souvent le sentiment d’écouter un album trop symptomatique des us et coutumes du genre, mais la passion insufflée par les deux musiciens dans leur projet fait plaisir à entendre, même si leurs références majeures crèvent les oreilles, puisqu’ils ne font rien pour s’en éloigner. Celle de feu Quorthon est assurément la plus présente, dans les intonations de voix de Svart, mais on note aussi de sévères traces du DARKTHRONE le plus Roll, expurgé de son sens du second degré parfois pitoyable, et souvent insupportable. Ici, la chose est traitée avec sérieux, mais avec tout le recul nécessaire à l’élaboration d’un album destiné à enthousiasmer les fans de sensations Black originelles, diluées dans des impulsions Thrash primales assez fascinantes et hypnotisantes.

Enregistré entre 2012 et 2016, puis mixé et masterisé en 2017 aux Winnem Sound studios, The Roots Of Darkness And Evil se veut survol inconscient de trente ans de musique brutale et sauvage, partant de l’étincelle diabolique de VENOM pour arriver jusqu’au BM des nineties, BEHERIT et MAYHEM en tête de liste, sans toutefois véritablement plonger dans le marigot du Black scandinave, beaucoup trop extrémiste pour notre duo. Ici, la musique garde cette empreinte Thrash très prononcée, et reste même parfois collée aux pas d’un SODOM énervé des premières années, tout comme celui de « Ausgebombt ».

L’art du changement de tempo est une des forces de WITCHBURN, qui n’hésite pas à caser plusieurs schémas dans ses compositions, qui d’un autre côté sont capables de passer sans vergogne d’un Thrash poisseux à un BM nerveux, sans autre forme de transition que les shunts entre les titres.

Les hymnes se taillent la part du lion, et chaque entrée est mémorisable, bien que définitivement reliée à une influence passée.

Ainsi, « The Oath Of Blood », rappelle clairement le BATHORY d’Under The Sign Of The Black Mark, avec toutefois une emphase sur la redondance rythmique et un lick de guitare bien plus accrocheur que les délires caverneux de Quorthon. Comme en plus, ce second LP bénéficie d’une très bonne production, profonde mais sans écho abusif, aux graves ronflants et aux médiums aplanis pour ne pas grésiller, le confort d’écoute est maximal, tout comme la portée brutale générale.

Timing raisonnable, sans délire étiré au-delà de toute décence, pour une petite demi-heure de brutalité maîtrisée, évoquant un joyeux et lubrique sabbat de forêt, dont le terriblement catchy « Sworn To The Dark », ou le surpuissant et très TANK/SODOM « Rebellion And Lust » pourraient être des fonds sonores parfaitement adaptés.   

En version courte (Under The Ashen Sky »), comme en version longue (« The Roots Of Darkness And Evil »), les Polonais sont à l’aise, et savent proposer des thématiques complémentaires et subtilement décalées pour ne pas tomber dans l’autocitation. Rythmique puissante et volubile, guitare ténébreuse mais accrocheuse, chant raclé et époumoné, la recette est d’usage mais appliquée ici avec un flair assez remarquable. Breaks bien sentis et parfois inopinés sinon inventifs, implication totale, et surprise finale via le mid tempo tubesque de « Myszeis » qui surprend de ses allusions au HM de l’est, direct et presque mélodique dans sa violence contenue.  

 

Au final, un album très travaillé, beaucoup plus complet qu’il n’en donne l’impression au prime abord, et qui ne contient aucune trace de remplissage ou autre poudre aux yeux de production.

 L’essentiel d’un Blackened Thrash ou d’un Bm subtilement thrashisé, qui a su honorer les anciens tout en tirant son propre tison du feu des enfers. Et croyez-moi, ça chauffe les pieds et les cheveux, et même si le Black’n’Roll parvient à sauver les siens, l’approche directe et frontale des WITCHBURN va faire des dégâts dans votre chambre au petit matin.


Titres de l'album:

  1. Exile
  2. Rebellion and Lust
  3. The Plague
  4. The Oath of Blood
  5. Under the Ashen Sky
  6. Sworn to the Dark
  7. Hell and Damnation
  8. Burning Forever
  9. The Roots of Darkness and Evil
  10. Myszeis

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 21/03/2017 à 14:55
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