Je vais pitoyablement commencer cette chronique par une lénifiante lapalissade. Quand tu écoutes du EXHUMED, c’est pour entendre du EXHUMED. Pardonnez cette évidence lamentable, mais elle est toujours indispensable pour calmer les esprits chagrins qui agitent les mêmes arguments qu’à l’époque ou MOTORHEAD publiait un LP tous les deux ans. EXHUMED, c’est plus qu’un groupe, c’est une trademark, une AOC, le genre de truc déposé depuis les origines, un peu comme si CARCASS n’avait jamais splitté et avait continué de nous balancer des resucées de Symphonies Of Sickness. Fondé en 1990 du côté de San Jose, Californie, l’attroupement de chantres d’un Death/Grind bien gras du bide n’a pas tardé à nous inonder de démos, avant de chier Gore Metal sur notre paillasson mental en 1998. Depuis, un split éclair de cinq années, un retour pas vraiment inopiné, et des œuvres qui s’entassent sur les étagères de la chambre froide, comme autant de cadavres de la mélodie et de la finesse pourris depuis longtemps. Car EXHUMED, c’est du Death, c’est du Grind, c’est du Gore, mais à l’ancienne, et c’est certainement ça qu’on aime le plus chez eux. Cette façon de procéder vintage, qui fait fi des évolutions et autres compressions modernes, pour rester le plus proche des philosophies eighties sacrées. Alors, fans du groupe qui commenciez à être en manque, les tarés reviennent avec dans la musette à barbaque quinze nouveaux bas morceaux, bien saignants, et même plus que d’habitude. Quatre ans après l’anthologie Gore Metal: A Necrospective 1998-2015, deux ans après Death Revenge, voici donc le plutôt direct Horror, qui de sa sublime pochette à son contenu joue le jeu d’un old-school savoureux, qui dégouline de la nappe et coule sur la queue du clébard. Oyez, oyez amateurs de blagues grasses et de blasts qui se tassent, vos héros sont de retour, et faites-moi confiance, ils ne se sont pas foutus de votre gueule. D’abord, parce que ce nouvel LP sera disponible dans des formules tout à fait alléchantes. Le packaging ultime contiendra d’ailleurs le vinyle dans différentes teintes cracra, une VHS de l’album, avec audio et vidéo, des stickers, quelques goodies, soit le coffret ultime à offrir pour Halloween. Ensuite, parce que musicalement, le groupe s’est recentré sur ce qu’il sait faire de mieux, a remisé ses prétentions mélodiques pour nous délivrer un message pur Death Gore, loin des ameublements antérieurs qui les faisaient parfois passer pour de gentils faiseurs.

Matt Harvey le dit lui-même, en toute honnêteté. Horror est un retour aux sources du groupe, une tentative de ne retenir que les aspects les plus directs et craspecs du groupe. Mieux que ça, un disque à écouter lorsqu’on ressent le besoin pressant de se taper quelques bières et d’aller fracasser des pierres tombales. Pas sûr que les municipalités environnantes apprécient l’allusion, mais le fan lui, se carre ces principes dans l’oignon. Car le guitariste/grogneur, seul membre d’origine, n’avance pas ces arguments par hasard. Mieux, il est sûr de son fait. Et il a raison le bougre, puisqu’on retrouve le EXHUMED qu’on a toujours adoré, fin comme du gros sel, persuadé que la musique moderne n’a jamais rien produit de mieux et plus efficace que ce Death Grind franc du collier, celui que Gore Metal déféquait avec plaisir de son anus bien lubrifié par des reflux gastriques incessants. Alors oui, le transit musical du groupe se porte bien, et les deux nouvelles recrues (Mike Hamilton, batterie depuis 2011 mais surtout Sebastian Phillips, guitare, depuis l’année dernière) se sont parfaitement pris au jeu, et le jouent avec un bonheur non feint. Avec une production impeccable qui nous permet d’apprécier tous les excès comme si nous déterrions nous-même les cadavres, Horror est une franche réussite de gigot, découpé en quinze tranches très fines que nous régurgitent les gosiers toujours prolifiques de Harvey et Ross Sewage. Les échanges entre les deux vocalistes sont plus efficaces que jamais, et nous renvoient à un reflet propre du CARCASS des années 80, celui-là même que les américains ont toujours vénéré. Inutile de traquer la finesse ou le détail ouvragé qui tue, puisque Matt vous a prévenu. Si les déviances harmoniques et les quelques fioritures techniques du parcours des californiens sont votre tasse de gerbe préférée, passez votre chemin. Ici, le petit Chaperon Rouge est bourrin, et sa mère-grand lui fait tout avec les mains.  

Concrètement, ce nouvel album est un sacré regard en arrière, sur la carrière du groupe, mais aussi sur les fondements mêmes du Death Grind des origines. Un genre de pèlerinage qui sent la merde, une chiasse qui s’évacue avec force pets, une méthodologie de psychopathes gentils en quête de victimes consentantes…ou pas. Les premières seront d’ailleurs vos oreilles, qui risquent de manger chaud en tombant le pavillon sur « Unsound », qui ne met pas en garde ni ne prévient le passant. Intro qui déboule comme un colombin maboul et qui éclabousse vos fesses d’eau de latrines pas fraîches, blasts qui vous ramonent les conduits, dualité vocale en velouté de gerbi, et c’est parti pour la transposition musicale d’un slasher oublié par le temps en mode brutes épaisses. Pas de temps à perdre à récupérer les gros morceaux en serrant les dents, on est là pour vomir sa bile à l’égard de la sophistication musicale, bien que le niveau technique des participants soit au-dessus de tout soupçon. Rien de nouveau bien sûr, juste de la grivoiserie musicale à plein régime, quelques private-jokes supersoniques (« Utter Mutilation of Your Corpse », huit secondes les salauds, c’est rigolo, « Dead Meat », trente-quatre secondes de cannibalisme pour une crise de priapisme), des trucs plus conséquents et méchamment catchy (le single « Ravenous Cadavers », roublard comme une vanne accrocheuse de Jeff Walker, « Slaughter Maniac », l’équivalent sonore de nos pelloches de série B avec blonde les seins à l’air et maniaque la machette en l’air), et un équilibre d’ensemble bien senti, qui permet de constater que le quatuor n’a rien perdu de son légendaire savoir-faire. Alors certes, je le reconnais, la façon d’accommoder la barbaque est classique, mais le carpaccio délicieux. A contrario de nombre de leurs contemporains avec des prétentions artistiques, les californiens savent rester à leur place, pour continuer de débiter des horreurs avec panache. Et même lorsqu’ils ont l’outrecuidance de dépasser les deux minutes, ils le font en citant les mythiques REPULSION (« Playing With Fear »), avant de terminer sur un hommage ultime, aux films Gore de notre adolescence, et aux abominations Grind de la même époque (« Re-Animated », Stuart Gordon repris par les NAPALM DEATH via un inédit de GENOCIDE).

Quand tu écoutes du EXHUMED, c’est pour entendre du EXHUMED. Mais quand tu écoutes du EXHUMED et que tu entends du très bon EXHUMED, c’est le panard total. Avec deux orteils en moins et des chairs pendantes, mais après dix bières et une seconde profanation, ce genre de détails, tu n’y fais plus attention.

 

Titres de l'album :

                              1. Unsound

                              2. Ravenous Cadavers

                              3. Scream Out in Fright

                              4. The Red Death

                              5. Utter Mutilation of Your Corpse

                              6. Slaughter Maniac

                              7. Ripping Death

                              8. Clawing

                              9. Naked, Screaming, and Covered in Blood

                             10. Playing With Fear

                             11. Dead Meat

                             12. Rabid

                             13. In the Mouth of Hell

                             14. Shattered Sanity

                             15. Re-Animated

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par mortne2001 le 05/10/2019 à 18:38
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Très belle pochette.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


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AH AH AH !!!
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Buck Dancer + 1.