Tiens, petite question comme ça, à la volée et entre amis. Vous avez déjà mangé des nouilles arrosées de Tabasco, de pili-pili, poivre, harissa, et bu en même temps une quantité non négligeable de cucarachas flambées à la paille ? Non ? Alors vous n’êtes pas joueur parce que je l’ai fait, et regretté des années durant. Des coups à devenir incontinent du trou de balle à 30 ans et à ne jamais retrouver sa santé mentale avant d’avoir retapé l’intégrale de Derrick à l’envers et en VHS. Si d’aventure, l’exploit vous tentait, je ne saurais que trop vous conseiller d’éviter, à moins de foutre en l’air tous vos sous-vêtements et de perdre une partie de vos amis, d’autant plus que j’ai la solution idéale pour tenter le truc par procuration. Il est d’usage de savoir que la musique peut recréer des sensations tangibles de façon indirecte, en écoutant MOTORHEAD live par exemple histoire de soumettre ses oreilles à la pression de trente Falcon décollant en même temps, ou en ingérant la discographie 87/89 de NAPALM DEATH en faisant le poirier le nez obstrué. Alors, histoire d’en raconter une bonne à vos petits-enfants sans souiller votre matelas, enfilez-vous donc le premier LP des tarés US de VIOLENCE CONDONED, qui ramone plus les naseaux que trois grammes de pure colombienne. Trio originaire de Ramsey, Minnesota, VIOLENCE CONDONED n’est ni plus ni moins qu’une drogue qui rend accro en quelques secondes, la traduction musicale d’une dose de crack fumée en plein hiver avec les bronches obstruées, et surtout, le plus bel hommage à la scène Thrashcore nationale des années 80. Mais un hommage qui n’est pas dupe du temps qui passe, et qui a su tendre l’oreille aux mouvements initiés par les IRON REAGAN et autres MUNICIPAL WASTE, l’esprit paillard commun, mais la vitesse hallucinante d’exécution en plus. Un TGV qui vous percute de plein fouet dans le thorax, sans vous tuer, mais en vous laissant plus ébouriffé qu’un solo de Paul Masvidal.

Thrashcore donc, ou Fastcore selon les époques, et surtout une optique typique, qui mise tout sur une rythmique infatigable, une guitare qui tronçonne des riffs mosh en tranches de saucisson, et des arrangements vocaux à rendre complètement barge une armée de démons. Pas grand-chose à vous raconter sur la genèse du groupe, juste peut-être vous indiquer un line-up (Ray Nevison - guitare/cris, Taylor Bushinski - thrasher/batteur et Ben Nevison - basse), et surtout le titre de ce LP atomique, Hyper Tough, qui avec un peu de recul, aurait dû/pu s’intituler Hyper Speed. Hyper Fun aussi pour le bon mot, mais surtout Hyper Euphoric, puisqu’il n’admet aucun temps mort, aucun ralentissement facultatif, et qu’il parvient à garder la tension pendant vingt-cinq minutes, aménageant parfois quelques faux temps calmes histoire de poser sur la table quelques riffs un peu plus stables. Sinon, c’est du megaspeed du début à la fin, avec de sérieuses perches tendues à la génération des CRYPTIC SLAUGHTER, D.R.I, et CORROSION OF CONFORMITY, mais aussi aux plus récents COMPLETED EXPOSITION, CLOSET WITCH (en moins Grind évidemment, quoique ces trois lascars ne soient pas totalement allergiques aux blasts), LACK OF INTEREST, TOTAL ABUSE et autres THE GENTLE ART OF CHOKIN', sans négliger l’apport essentiel de la Californie et de New York. En substance, du Thrashcore, beaucoup, du Fastcore, pas mal, du Thrash plus classique, un peu, une petite cuillère de Grind histoire d’accentuer la folie ambiante, et le tout joué avec l’énergie d’une bande de fans de Hardcore qui ont vite compris que la principale erreur des STUPIDS et des CIRCLE JERKS était de ne pas jouer assez vite.

Alors on n’hésite pas à appuyer sur la pédale, d’autant plus qu’on peut tenir le rythme vu que les morceaux sont la plupart du temps très concentrés. Concentrés, mais actifs, et dès l’entame « Over the Edge », pas le temps de compter ses osselets ou de savoir qui doit jouer, puisque la bourrasque passe à toute blinde, et que la guitare lamine comme une dingue. En une minute et quarante-deux secondes, les VIOLENCE CONDONED passent en revue toutes les qualités d’exagération du Thrash et du Thrashcore, et nous embarquent dans leur douce démence, nous laissant en transe de multiplicité de tempi. Et comme en plus le hurleur en chef est doté d’un organe un peu hystérique et aigu, la pilule passe avec encore plus de facilité, et fait autant d’effet qu’un suppositoire au camphre bien enfilé. Plus qu’un groupe, ce trio est un concept à la rage patente et au second degré délectable, et « The Early Harvest » de faire passer le premier D.R.I pour une compile de ballades pour maison de retraite. On sent le background qui a intégré avec autant d’amour les SUICIDAL des premières années et le CRYPTIC SLAUGHTER plus carré, et du coup, on tombe sous le charme, parce qu’on n’a pas le choix et que le tout va tellement vite qu’on se sent diablement en joie. Mais comme un album intelligent est aussi un album agencé, les malandrins nous ont concocté quelques passages qui lèvent le pied, en témoigne l’intro lourde et bien glauque de « Invisible Forces », qui heureusement dégénère vite en clin d’œil aux miraculeux CRIMSON SLAUGHTER. Une grosse louche du VIO-LENCE le moins contrôlé, mais surtout, un allant incroyable, qui permet aux morceaux les plus longs de rebondir sur plusieurs idées, et « Egodeth » de nous massacrer les tympans d’une synthèse des meilleurs moments, ceux qui relient 1984 à 2019. Avec toujours en exergue cette osmose entre les trois membres du groupe qui jouent comme ils jurent, et qui piétinent la bienséance de leur séance de gymkhana qui tance.

Franchement très proche du chef d’œuvre barré en plus d’une occasion, Hyper Tough mérite tous les superlatifs que vous pourrez lui trouver, se souvenant parfois de la violence nucléaire des INCUBUS, pour faire fonctionner une éolienne conçue par les LÄRM. On croit rêver, on se fait transporter sur un site de déchets toxiques géré n’importe comment par les MUNICIPAL WASTE (« Thrashicide »), et lorsque l’intensité monte d’un cran, c’est la basse qui prend les devants, pour transposer les mosh-pit de NYC dans un contexte plus californien (« Trumped », le genre de truc que seul Billy Milano était capable de nous pondre). On ne sait plus où donner de la tête ni comment remuer la queue, d’autant que la gaudriole est élaborée par des professionnels de la galéjade, ou l’inverse (« Beer Bong Attack », résister à un truc pareil, c’est comme refuser une bonne blague de Bam Margera), et comme la valse à trois-mille tours minutes ne faiblit jamais (« No Scale », un torrent de blasts à rendre Mick Harris vert de jalousie), on n’a pas vraiment l’occasion de réfléchir, mais largement celui de se rendre compte que ces malades sont pétris de talent, et vraiment passionnés par leur boulot. Chant qui ne recule devant aucune harangue pour nous coller aux écouteurs (« Incapable of Death »), petites boutades pour faire joli (« M.W.M.B.M.T. ». NOMED ? Pourquoi pas !), et puis voilà, après tout, vous vous démerderez pour le reste. Pour info, le truc coûte six dollars sur leur Bandcamp, alors ne jouez pas les pingres. Parce que c’est moins cher qu’un rail de coke, et que ça fait le même effet, sans secondaire sur la santé.                


Titres de l’album :

                        1.Intro

                        2.Over the Edge

                        3.The Early Harvest

                        4.Lets See

                        5.Invisible Forces

                        6.Egodeth

                        7.Thrashicide

                        8.False Flagged and Drone Striked

                        9.Trumped

                       10.Shredded Life

                       11.Eternal Spells

                       12.Beer Bong Attack

                       13.No Scale

                       14.Incapable of Death

                       15.Ryback Cul-de-sac

                       16.M.W.M.B.M.T.

                       17.Mobs on Mobs

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par mortne2001 le 04/05/2019 à 14:01
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Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


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