II

Creye

22/01/2021

Frontiers Records

CREYE a été lancé en 2015 par Andreas Gullstrand. Sa vision était de créer une nouvelle sensation Pop/Rock suédoise qui emmènerait les auditeurs dans un voyage vers les jours de gloire des années 80′, à la fois musicalement et visuellement. Après avoir passé près de deux mois à expérimenter le son du groupe, Andreas a opté pour ce qui pourrait être décrit comme un son rock mélodique élégant avec une touche de rétro des années 80′ dans le mix.

C’est en ces mots que l’on peut présenter avec acuité le projet scandinave CREYE, qui depuis cinq ans n’a eu de cesse de peaufiner son approche pour justement approcher la perfection. Après un premier EP, Straight to the Top en 2017 et un premier long éponyme l’année suivante, le concept a donc évolué, pour revenir encore plus imperfectible et nous offrir l’album à la hauteur de son talent naissant. Nous retrouvons derrière ce projet un line-up solide, constitué de passionnés du genre, et autour de la guitare d’Andreas se rassemblent August Rauer au chant, Fredrik Joakimsson à la guitare, Joel Selsfors aux claviers, Gustaf Örsta à la basse et Arvid Filipsson à la batterie. Et de fait, avec une telle réunion de professionnels talentueux, il n’est guère étonnant de constater que ce II atteint les cimes de l’inspiration passéiste, ramenant à notre mémoire les effluves les plus mélodiques des 80’s. A l’époque, CREYE aurait sans doute trusté les premières places du sacro-saint Billboard et figuré au générique de quelques longs métrages, tant sa musique est un véritable bonheur harmonique, sans plagier les plus grandes références du genre. Inutile donc de vous attendre à un succédané de JOURNEY ou W.E.T, la politique du sextet étant de provoquer une union entre l’AOR d’il y a quarante ans et la Pop la plus séduisante de la même époque, et en associant les sonorités synthétiques et l’énergie Rock la plus débridée, II nous offre un festival de hits qui donne le tournis.

Le point de départ de cet album date de 2019, lorsque les musiciens se retrouvent en studio pour composer une suite à I, leur première œuvre. Le but avoué était de perfectionner les compositions et d’en améliorer les harmonies et les structures, sans tolérer la moindre approximation. Et lorsqu’on pose ses délicates oreilles sur « Broken Highway », le premier titre de l’album, on comprend rapidement que le but a été atteint, et les espérances dépassées avec brio. Se plaçant dans la directe lignée de références comme WORK OF ART, ART NATION, ONE DESIRE ou le H.E.A.T des jeunes années, CREYE fait honneur à la science mélodique exacte scandinave en nous opposant plus d’une dizaine de tubes fatals dont les mélodies restent incrustées dans la mémoire pendant des jours. Bien évidemment, les amateurs d’agressivité soft à la W.E.T seront parfois décontenancés par la souplesse radiophonique de l’ensemble, et quelques tympans risquent de crisser à l’écoute d’un « Can’t Stop What We Started », bien plus Pop-Rock que Hard-Rock. Mais peut-on en vouloir à un groupe de jouer la musique qu’il aime, au risque qu’elle déçoive les amateurs de décibels débridés ? Non, et le sextet préfère jouer sa carte avec franchise et s’aliéner une partie du public plutôt que de faire semblant en allant défier les cadors Heavy Metal sur leur propre terrain et paraître ridicule.

Ce qui ne veut absolument pas dire que CREYE se montre incapable d’être agressif. Certes, les chœurs sont totalement Pop, certes, les parties de guitare parfois soigneusement noyées dans le mix, oui, la voix d’August Rauer est de celles qui cajolent plus qu’elles ne haranguent, mais l’ensemble est délicat et peaufiné, et il est très difficile de ne pas se laisse enivrer par l’art mélodique de « Lost Without You », qui pourrait réparer bien des moteurs d’histoires d’amour un peu fatigués. Dans la plus droite lignée du TOTO des années 90, celui mené par Steve Lukather, CREYE propose à ses fans une musique universelle, telle un langage que tout le monde peut comprendre en ayant un minimum de sensibilité. Mais fans de Hard, ne craignez pas la déception globale, puisque le groupe vous a quand même gardé au chaud quelques riffs bien costauds, dont celui qui introduit très finement le tube « Carry On ». Archétype du hit eighties calibré pour les FM les plus spécialisées, ce titre est en quelque sorte l’acmé de l’art des suédois pour pondre des chansons incroyables aux refrains contagieux, de celles que les ondes tabassaient à longueur de journée entre 1986 et 1988.  

Pour autant il est impossible de ranger les CREYE dans la catégorie des opportunistes vintage. Leur musique est certes délicieusement rétrograde, mais elle possède cette logique moderne qui supporte très bien une production de son temps. Entre douceur contrôlée, fascination mélodique au paroxysme et puissance sous-jacente, les six suédois s’amusent de leurs propres capacités, et en profitent pour signer des compositions addictives, à l’image de ce sautillant « Siberia » qui associe le beat élastique des ROYAL REPUBLIC aux harmonies si chères au duo WILLIAMS/FRIESTEDT.

Et avec pas moins de douze morceaux, on reste étonné de la qualité dans la durée, l’album ne supportant aucun filler. Certes, les idées se répercutent, mais toujours avec brio et avec juste ce qu’il faut de démarquage pour encore surprendre. De fait, la fin de l’album ne pâtit pas d’une baisse de pression, le groupe s’amusant même à taquiner le grand BON JOVI des années de gloire sur son propre terrain de superstar (« Closer »). Et entre couplets séduisants et refrains chatoyants, CREYE nous déroule le tapis rouge, ce II ayant des airs d’invitation VIP à une fête non-stop qui nous entraîne au bout de la nuit. Une nuit de danse et de plaisir (« The Greatest »), une nuit de réminiscences eighties, une nuit où tous les soucis sont enterrés sous les harmonies, une nuit passée avec des hôtes vraiment concernés par votre bien-être.  

Sans révolutionner le genre, les suédois y apportent un soin particulier, une conscience de ce que les fans veulent entendre, et un soin du détail qui le pousse à la maniaquerie. Et là où bon nombre de leurs confrères sombrent dans l’aseptisé un peu trop léché, les CREYE gardent leur spontanéité pour nous proposer une bande-son de notre jeunesse que nous n’avons pas oubliée. 

                                                                                                                                                                                                        

Titres de l’album:

01. Broken Highway

02. Carry On

03. Find A Reason

04. Siberia

05. Face To Face

06. Can’t Stop What We Started

07. Lost Without You

08. Hold Back The Night

09. Let The World Know

10. Closer

11. The Greatest

12. War Of Love


Site officiel

Facebook officiel


par mortne2001 le 22/02/2021 à 18:16
85 %    162

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Nile + Krisiun + Grave + Ulcerate 2009

RBD 03/03/2021

Live Report

Killing For Culture - Tome 2

mortne2001 23/02/2021

Livres

Voyage au centre de la scène : MASSACRA

Jus de cadavre 21/02/2021

Vidéos

Killing For Culture - Tome 1

mortne2001 15/02/2021

Livres

Moonspell 2007

RBD 04/02/2021

Live Report

Olivier Verron _ Interview Conviction

Simony 27/01/2021

Interview

Voyage au centre de la scène : ASSHOLE

Jus de cadavre 17/01/2021

Vidéos

Eluveitie + Korpiklaani 2010

RBD 08/01/2021

Live Report
Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Moshimosher

C'te pochette !!! Ah !!! Pas étonnant que Killers soit le premier album de la Vierge de Fer que j'ai acheté ! Probablement leur meilleure (même si j'en adore plein d'autres dont celle de Powerslave) ! 

05/03/2021, 22:36

Meuleu

J'ai fait la date sur Caen et vlà la baffe que j'ai pris sur Ulcerate, c'était énorme !

05/03/2021, 16:18

Gargan

L'horrible phoque humanoïde de Riot, brrrrr...

05/03/2021, 09:04

Saddam Mustaine

Megadeth, Ugly Kid Joe, Manowar les principaux en effet, qui ont un personnage qui suit le groupe, j'en oublie... 

04/03/2021, 19:15

Saddam Mustaine

Megadeth, Ugly Kid Joe, Manowar les principaux en effet, qui ont un personnage qui suit le groupe, j'en oublie... 

04/03/2021, 19:15

L\'anonyme

@ metalrunner: tout à fait d'accord avec toi.Je pense qu'Iron Maiden a beaucoup oeuvré dans le metal en ce qui concerne les pochettes d'albums. D'abord parce qu'ils ont instauré une forme de rituel que certains ont repris en gardant le mê(...)

04/03/2021, 18:18

Bones

Mouais, sommaire très moyen... mais la couv claque. :-)Sont malins, les p'tits salopiots, ils savent que ça va générer de l'achat compulsif. :-D

04/03/2021, 17:04

Arioch91

Suis plus abonné.Je verrai à l'occasion si je le vois en kiosque mais bon.

04/03/2021, 13:26

metalrunner

Quelle pochette je pense quelle ont bcp aide maiden  

04/03/2021, 07:44

Ragnar56

Je viens d'apprendre la nouvelle via un commentaire sous une vidéo YouTube

03/03/2021, 22:55

MorbidOM

Une double provocation assez géniale ?Les true métalleux le prennent pour un guignol depuis longtemps et la ménagère Polonaise le vois sans doute comme le rebelle de salon indispensable à ce genre d'émission, une sorte de JoeyStarr

03/03/2021, 04:08

Bones

Ca fait une publicité maousse autour de Behemoth et leur donne la "crédibilité" qu'ils recherchent.Faire le buzz => vendre des disques.Je ne m'en fais pas pour Nergal, ce petit malin fait bien parler de lui et c'est l'objectif.

02/03/2021, 18:47

RBD

Nergal est un provocateur né, comme bien des artistes surtout dans des sociétés conformistes. Le fait d'aller cachetonner et se montrer dans une émission de télé-crochet est une double provocation assez géniale, autant envers les true mé(...)

02/03/2021, 16:07

Jus de cadavre

Message pas posté entièrement... bizarre...Du coup suite :"Nous en sommes à une période charnière" là je suis d'accord. Quand sur un site comme ici les gens commencent à defendre le christianisme c'est (...)

02/03/2021, 09:30

Jus de cadavre

"Si Nergal en a marre d'aller devant les tribunaux, qu'il change de pays ou de style musical, point barre"Mais tout le monde du coup crieraient au lâche ou au vendu ! Si à chaque fois qu'il y a un truc qui nous plaît pas dans notre pays on doit l(...)

02/03/2021, 09:26

Gargan

Si Nergal en a marre d'aller devant les tribunaux, qu'il change de pays ou de style musical, point barre. Tu assumes quand tu t'exposes ainsi, c'est pathétique ce oin-oin alors que ça joue les durs sur scène. Ceci étant, je réécoute Sv(...)

02/03/2021, 08:21

Yolo

Merci pour vos commentaires les guignols.

02/03/2021, 08:09

Satan

@ Jus de Cadavre : En effet, le délit de sale gueule semble se manifester à l'égard de Nergal. Et tu as raison de dire que c'est quand même lui qui se fait chier devant les tribunaux.Le christianisme ne fait plus peur aujourd'hui, mais il faudrait se (...)

01/03/2021, 16:06

Jus de cadavre

Débat épineux ! Mais pour le coup que ça plaise ou pas, Nergal (même si c'est uniquement pour se faire de la comm on est d'accord) lui il va au tribunal et il a des emmerdes judiciaires... Dans la scène aujourd'hui, et même parmi ceux qui se (...)

01/03/2021, 14:49

Satan

@ Orphan : Ce n'est pas du tout ce qu'a dit Yolo, là tu t'en fais le ventriloque. Après, sur le courage ou non de Nergal ça se discute en effet, mais dans ce cas-là il convient de mettre dans le lot 99% des artistes dits "blasphématoires"(...)

01/03/2021, 14:10