Parlons un peu de Power Trio ibères, et pour ce faire, direction la grande Madrid, histoire d’y faire la connaissance des sympathiques THEOMER, qui visiblement, s’épanouissent dans un bruit assez structuré et dérivant de plusieurs courants.

On trouve aux commandes de ce jeune ensemble Salas (basse et chant), Raul (guitare) et Juanjo (batterie), qui après une première démo parue en mai de l’année dernière se sont concentrés sur plusieurs mois pour donner naissance à ce premier EP totalement autoproduit, qui se révèle fort intéressant dans un créneau multiple. Loin des obsessions brutes du Hardcore, les espagnols s’épancheraient plutôt dans un genre d’Emoviolence faisant la part belle aux mélodies acides, et aux rythmiques plurielles, soutenues par un chant très abrasif. Le résultat est encore assez brouillon il faut le reconnaître, mais annonce une future floraison de fleurs du mal qui pourrait me donner raison quant à l’intérêt que je leur ai porté.

Juventud Violenta, jeunesse violente, dans un pays qui a dansé au bord du précipice et qui a bien failli tomber dans les abysses du chaos, c’est un titre assez adapté à l’histoire d’une Espagne dont le passé est parsemé d’accidents, de périodes troubles, et de recherche d’un avenir plus clément.

Mais c’est bien de leur présent dont nous font part les THEOMER, qui semblent désabusés, mais encore suffisamment en colère pour continuer d’avancer, en parsemant leur parcours de lyrics rageurs et de Darkcore frondeur.

Le mélange des genres est assez patent et relativement envoutant, même si la production assez erratique place la basse bien trop en avant, et laisse grésiller la guitare en arrière-plan. La batterie fait quant à elle ce qu’elle peut pour imposer son rythme lent ou enlevé, mais souffre toutefois d’un mix qui laisse la basse lui bouffer ses fréquences.

En dépit de ces quelques remarques sonores, les morceaux proposés sur cet EP sont d’excellente facture, et hurlés d’une voix époumonée dans un espagnol natal très adapté.

On y décèle d’ailleurs des traces de Post Hardcore teinté d’Emocore relevé (« Los Olivos no Florecieron en Mayo », l’un des plus sombres du lot, qui pourtant laisse la lumière filtrer pour inonder l’avenir d’un espoir caressé), des éléments Ambient assez prononcés (« Tras La Barricada » et sa longue intro qui s’évanouit dans un Hardcore tenace et éprouvé), et des imbrications plus opaques (« Ben-Kylo Ren », Hardcore cramoisi qui peine toutefois à tenir debout face à une production qui n’a pas bouché les trous).

Harmonies subtiles distillées dans une pénombre poisseuse et empesée (« Pied Descalzos », presque NEUROSIS/TENGIL dans l’esprit, et l’un de mes favoris), coups de folie Grind au son si tassé qu’on prend de pleine face un quasi BM assumé (« Postmodernismo », grosse bourrasque qui laisse la tête en vrac), lenteur qui sombre dans la pesanteur d’un Doom introductif larvé (« Tiempo de Cosecha », qui dégénère assez vite en fronde Crust/Grind ébouriffante de véhémence), dérive indescriptible, assez Noisy et concentrique (« Psiquiatría », qui évoque à merveille la folie, mais qui offre quand même un break rythmique bien senti) et interlude d’une beauté harmonique apaisante bienvenue (« Coronas I », CULT OF LUNA, ALCEST, etc…), pour un ensemble si varié qu’on en regrette d’autant plus les approximations d’enrobage qui nous empêchent de l’apprécier pleinement.

Tel sera donc mon constat pour l’analyse de ce Juventud Violenta qui en un petit quart d’heure étale de belles idées, et présente un groupe qui prône l’ouverture.

Dommage donc que le son soit si handicapé par un mixage un peu léger, et des fréquences graves trop prononcées qui dominent le tout d’un bourdonnement un peu envahissant.

Mais en l’état, et en attendant mieux, ce premier EP des madrilènes de THEOMER reste une excellente surprise dans un registre Emocore à tendance assez expérimentale et Post Metal/Hardcore.

Une jeunesse révoltée qui prend les instruments comme des armes pour exprimer sa rancœur et son dégoût d’un monde qui s’écroule de n’avoir pas su relever la tête et accorder ses idéaux à la réalité.


Titres de l'album:

  1. Juventud Violenta
  2. Ben-Kylo Ren
  3. Pies Descalzos
  4. Psiquiatría
  5. Coronas I
  6. Los Olivos no Florecieron en Mayo
  7. Tras la Barricada
  8. Postmodernismo
  9. Tiempo de Cosecha

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 24/04/2017 à 17:07
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