Les STONES l’affirmaient en 1968, le Rock n’Roll est un cirque, et même John Lennon était d’accord. Jack Black le hurlait dans School of Rock, entouré de bambins : Rock n’Roooooooooooooooooooooooll !! Entre les deux, et bien caché derrière son masque, Mirka Rantanen le clame encore plus fort, s’il en était besoin. Tout ceci n’est que plaisir et exutoire, quelque chose qui permet de supporter l’existence lorsqu’elle tend à se parer de gris et de noir. Et quel plaisir de voir les musiciens fouler la piste, en clowns musicaux aux numéros aussi drôles qu’impressionnants, danseuse étoile en apesanteur, dresseur de fauve testeur d’haleine de tigre, et autre surhomme déformant l’acier et soulevant la fonte au-dessus des têtes émerveillées d’un public conquis d’avance.
Mirka Rantanen a une carrière bien remplie, mais l’analogie entre son nouveau projet et celui d’un cirque itinérant utilisant des talents locaux pour offrir un spectacle costaud n’est pas anodine. Le maître de cérémonie, ou Monsieur Loyal si vous préférez, s’est souvent reposé sur les capacités d’alliés de la fête pour développer des qualités artistiques pleines, quelque part entre le spectacle de fin d’année d’enfants motivés et le concert haut en couleurs pour adultes pas encore blasés. Son parcours sérieux (KING COMPANY, RASKASTA JOULUA, KOTIPELTO, WARMEN, NORTHERN KINGS, REVOLUTION RENAISSANCE), ses incartades ludiques (HEVISAURUS, projet musical pour enfants tout à fait délicieux et primé) en ont fait l’un des artistes les plus appréciés de sa génération et de son pays, et c’est donc très logiquement que l’homme a une fois de plus mis son art au service d’un Hard-Rock flamboyant, mais humainement humble.
Le premier album de CIRCUS OF ROCK offrait une liste impressionnante de guests. On pouvait y croiser entre la sciure et les loges des membres d’AMARANTHE, TYKETTO, HARDLINE, NIGHTWISH, LEVERAGE, STRATOVARIUS, BROTHER FIRETRIBE, ou MASTERPLAN, tous venus célébrer le culte du fun et de la fête, sous la chaleur de décibels à rendre fous les amateurs de feu d’artifices du 14 juillet. Lost Behind The Mask a suivi la même voie et respecté le même principe, mentionnant cette fois-ci les noms de LORDI, PINK CREAM 69, URIAH HEEP, GIRISH AND THE CHRONICLES, SONS OF APOLLO, et RING OF FIRE. Plus que du beau monde au balcon, pour un album qui devait tirer le rideau sur un nouveau spectacle encore plus impressionnant, et qui inévitablement, l’est.
Le Rock joué par Mirka est typique de ce que la Finlande peut proposer de meilleur. Joyeux, exubérant, fantasque, fouillé, précis, partagé, mélodique et énergique. La quintessence de la vision nordique des choses, et un gain inestimable pour la maison de disques italienne qui accroche un tableau d’honneur de plus à son mur déjà encombré de trophées. Serafino a du se montrer plus que satisfait de ce nouvel exploit, et enthousiaste face à la débauche de plaisir suintant de compositions simples, directes, mais amples et effectives.
Je ne tournerai pas autour du pot, qui contient de la poudre magique, et j’affirmerai immédiatement que ce second long est une réussite totale, une fête folle réunissant les musiciens les plus doués de leur génération, tous venus épauler un batteur qui ne fait pas que cogner. Le MC est omniprésent sur ce disque, mais son cortège de chanteurs lui permet de jouer sur du velours, celui qui recouvre les sièges des cirques les plus luxueux de leur époque. Harmonies sublimes, agressivité contrôlée, hédonisme mélodique célébrant les plaisirs de l’AOR américain et du Hard mélodique européen, pour un passage en revue d’une revue terrible qui laisse des étincelles dans les yeux et des chamallows dans la mémoire. Après écoutes répétées, et répétées, et répétées, aucun défaut de fabrication n’apparait, les règles de sécurité sont respectées, et l’audience peut donc écarquiller ses mirettes en toute tranquillité. Inutile de chercher un numéro plus époustouflant que les autres, puisqu’ils sont tous différents, et donc incomparables. Mais si la distorsion ne se laisse pas marcher sur les pieds, les arrangements de claviers symptomatiques d’eighties référentielles permettent au projet de se montrer léger, et même recommandable aux moins âgés.
Et le panel représentatif est large. On passe du gosier en cristal de Jeff Scott Soto à celui en papier de verre de Mr Lordi, pour une soufflette Hard n’Heavy complète, gonflée à l’hélium et inoffensive pour la santé. La santé physique, certes, mais la santé mentale en prend un bon coup de boost, l’album agissant comme une décharge d’endorphines.
On se sent donc bien, calé entre deux accoudoirs, dans un théâtre de fortune laissant les animaux sauvages tranquilles pour un spectacle plus humain. La puissance fait voler les ballons, les rires éclatent à foison, l’admiration est à son comble, et le tout symbolise ce que le Hard-Rock a toujours incarné de plus positif : une fête que l’on partage à tout âge, entre tout public, pour que les barrières sociales et professionnelles tombent le masque des inégalités.
Sensibilité (« All I Need »), ballade à fond les ballons dans une Finlande de belle saison (« Truth Or Consequences »), groove Synth-Pop en boîte de nuit à la mode (« Keep On Shining »), pour un melting-pot d’influences qui une fois agitées, donnent un cocktail plein de goût et salement épicé. Mais pas trop pour que la gorge ne brûle pas, le projet restant toujours raisonnable en termes de brutalité. Crossover géant pour grands enfants nourris au Heavy sophistiqué (« Fix »), CIRCUS OF ROCK confirme les excellents avis émis à l’occasion de sa première présentation, et bat le haut du pavé des attractions les plus prisées.
Parce qu’après, tout, nous sommes tous de grands enfants non ?
Titres de l'album :
01. Alive And Kickin (ft. Girish Pradhan)
02. Keep On Shining (ft. Jeff Scott Soto)
03. Holdin' The Gun (ft. Santiago Ramonda)
04. The Beast (ft. Sevi)
05. The War Is Over (ft. Mark Boals)
06. Nine Lives (ft. Mr. Lordi)
07. All I Need (ft. Pinja)
08. Truth Or Consequences (ft. Jay Lewis)
09. Death Makes No Sound (ft. Antony Parviainen)
10. Is It Any Wonder (ft. David Readman)
11. Fix (ft. Peter James Goodman)
12. Heavy Fire (ft. Rafael Castillo)
13. Sunrise (ft. Bernie Shaw)
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