En 1978 nos BULLDOZER chantaient « J’suis Punk ». Dix ans plus tard, les JUDAS PRIEST anglais entonnaient un sévère « Heavy Metal ». Entre les deux, des masses de branleurs se sont ingéniés à penser qu’un réunissant les deux, on pouvait parvenir à un mélange intéressant. Entre le « no future » et la virilité à casquette, il y avait un chemin qui réconciliait les épingles à nourrice, Vivienne Westwood, DISCHARGE, MOTORHEAD, les RAMONES et tout le bordel. Le pogo et le slam, la puissance et la vitesse, et puis VENOM, et tout le toutim, jusqu’à SLAYER, qui reprendraient les MINOR THREAT, et merde…Je ne suis pas là pour faire de la sociologie, des études existent déjà, ni pour parler de Thrash puisque le débat est ailleurs. Plus loin que New-York ou la Californie, autre chose que la Bay Area ou Brooklyn, un son différent, plus massif, plus indescriptible et finalement, plus…suédois. Que vient faire la Suède dans l’équation, telle est l’inconnue à résoudre, que Nuclear Blast se propose de poser. La Suède justement, celle des MASS WORSHIP n’a jamais été avare de mélanges, avant de se poser en nation ultime, celle qui sert de référence à tout le monde depuis les années 2000 et le big-bang qui n’est jamais arrivé. Sauf que si, mais pas du côté de la technologie, plus sur un versant artistique, conférant à un petit pays une aura particulière, de celle qui couronnait l’Angleterre des années 60 et 70 justement, celle de la Pop, du Psychédélisme et du Punk, qui aujourd’hui ne se reconnaîtraient peut-être plus dans la production.

Claes Nordin, vocaliste de son état, déclare à ce propos :

« Nous avons grandi en notant une connexion entre le Metal et le Punk, et les groupes qui mélangeaient les deux ont eu un énorme impact sur nous. Nous avons pensé notre groupe comme un mix entre l’urgence et la force brute du Punk, et la finesse et la complexité du Metal. Il y a pas mal de groupes old-school que nous admirons, comme AT THE GATES, ENTOMBED, DISMEMBER…tout comme nous en aimons d’autres plus modernes comme MESHUGGAH, MASTODON ou NEUROSIS »

Constat : MASS WORSHIP a vu juste, et sa philosophie est pleine de bon sens et de vérité. Et quelle meilleure preuve que ce premier éponyme qui justement, s’accorde à la vision logique de ses concepteurs. Sauf qu’on ne trouve pas grande trace d’AT THE GATES ou DISMEMBER dans la musique des suédois. Fondé en 2016, l’entité (Fred, Claes, Søren, Gustav, Dadde) a pris son temps pour préparer son coup fourré, et nous bombarde de lourdeur, d’oppression, de violence et de suppression. Suppression des données inutiles, des notes fantômes, des breaks fouillés et des prouesses techniques fatiguées. Lourdeur d’une rythmique qui épouse l’épaisseur des guitares copiant le son froid des Sunlight pour mieux évoquer la scène Post Hardcore US des nineties. Oppression d’un chant purement nihiliste, qui braille son désespoir dans le mégaphone de la réalité contemporaine. Violence crue d’un Dark Metal compact, presque en monolithe, que des chansons tassées assemblent de leur caractère unique. Mais malgré toutes ces évidences, il est difficile de définir avec acuité la musique des originaires de Stockholm. Bien sûr, elle est Heavy, autant qu’une attaque pareille puisse l’être, Punk, par obligation, de par cette énergie désespérée mais concrète, mais pas forcément la jonction des deux ni un entre-deux, plutôt autre chose, une synthèse de ce que les NEUROSIS ont pu proposer durant leur carrière, en version plus abordable, mais pas moins lourde. Un NEUROSIS expatrié en Suède, expérimentant les sons les plus froids de son histoire, ce que « Celestial » décrit avec une précision absolue. Deux guitares qui ne jouent que sur les graves, des lignes vocales exhortées, une rythmique qui pulse presque électronique en arrière-plan, et un ensemble qui sonne comme un gigantesque arrêt cardiaque, ou mieux, comme un destin qui avance inéluctablement. Sans en savoir trop sur les MASS WORSHIP, on peut affirmer qu’ils ont bien compris les leçons conjointes du Post US torturé, et du Death national congelé. En réunissant les deux, ils ont donné naissance à une masse phénoménale, une puissance industrielle à l’exactitude inouïe, un premier LP chirurgical, qui emprunte au Doom, au Hardcore, mais qui reste définitivement ancré dans la culture Metal.

Une forme de Néo Death de l’ère Post Industrielle, qui célèbre la fumée, l’hiver pollué, qui cite FETISH 69, CEREBRAL FIX, EXPIRE, KILLING JOKE, GODFLESH, ENTOMBED, GRAVE, mais qui finalement se repose sur des propres moyens pour avancer, et partager la scène avec des références comme VADER, COMEBACK KID, MALEVOLENCE ou IMPLORE. D’après Fred Forsberg, cogneur à la poigne ferme, « MASS WORSHIP est un coup d’œil jeté sous le ventre de la réalité. Quelque chose de familier, mais en même temps d’étranger et d’isolé. ». Figurative, cette phrase en dit plus qu’il n’y paraît à la première lecture, et décrit avec précision la musique de ce premier effort. Une musique que l’on semble connaître depuis toujours, et qui pourtant sonne neuve, comme le mélange d’éléments familiers qui aboutissent à une autre réalité, plus crue, moins évidente, mais qui n’est pas sans impact. Une réalité où cohabitent des mélodies amères et desséchées, et des riffs gigantesques, aux proportions presque grotesques (« Serene Remains »). De là à en tirer des conclusions définitives ou un postulat fiable…Non, car l’art des suédois est de prendre une ligne de conduite, de s’y tenir, et de ne moduler qu’un minimum pour ne pas dénaturer la pureté. Pour le néophyte, la progression semblera pénible, minimale, et les morceaux tous semblables. Pour celui qui connaît la puissance pure, les changements frapperont l’oreille au coin du bon sens, comme cette rythmique hachée sur « Below », symptomatique de MESHUGGAH, repris à son compte par un obscur combo d’Indus allemand vénérant le MORGOTH des dernières années. MESHUGGAH, dont la précision mécanique a servi de base à l’élaboration d’une rythmique unique et solide, et dont les riffs mathématiques sont des modèles tout à fait efficients. Mais alors, les mélodies ? Celle qu’on trouve sur l’hypnotique « Dreamless Graves », d’où viennent-elles ? Peut-être des fameux AT THE GATES que j’avais écartés un peu trop prématurément.

Punk ou Metal, Hardcore, Death. Et si finalement tout ça n’appartenait au même monde de chaos et de colère ?      

                       

Titres de l’album :

                          01. Celestial

                          02. Spiritual Destitution

                          03. Sibylline Divination

                          04. Serene Remains

                          05. Below

                          06. Proleptic Decay

                          07. Dreamless Graves

                          08. Downpour

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par mortne2001 le 18/02/2020 à 17:21
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