Master of Illusions

Khymera

06/03/2020

Frontiers Records

KHYMERA n’a rien à voir avec la fantasque Kimera, qui nous transposait le Classique et l’Opéra dans un langage purement et excessivement 80’s. Mais une chose les unit, cette passion pour une époque qui aujourd’hui trouve toujours un écho formidable dans le cœur des fans, même si on ne verra sans doute jamais ce brave Dennis Ward maquillé comme un aigle de l’espace…et c’est tant mieux ! KHYMERA dans les faits, est plus un projet qu’un groupe, puisque son histoire est émaillée de pauses, de hiatus, de changements de musiciens, à tel point qu’on ne trouve plus trace dans le line-up depuis fort longtemps des membres d’origine…Ces membres d’origine étaient le producteur/musicien italien Daniele Liverani et l’ancien chanteur de KANSAS Steve Walsh, qui ne dansèrent qu’un seul été ensemble…Depuis, les commandes de la machine ont été prises par ce bon Dennis, qui entre deux jobs de producteur trouve un peu de temps pour rassembler ses idées et nous offrir un nouvel album…Comme d’habitude, le nouveau LP intervient après un long silence, le dernier album, The Grand Design étant sorti en 2015, et avait succédé à The Greatest Wonder, lui-même lâché en 2008…Trois albums en douze ans donc, pour un total de cinq, mais la qualité prenant toujours le pas sur la quantité, le ratio est plus que raisonnable. D’autant plus que Master of Illusions ne déroge à aucune règle précédemment établie et continue le chemin tracé depuis des années. En 2020, on retrouve bien sûr au chant, à la basse et à la production l’indéfectible Dennis Ward, secondé cette fois-ci par Michael Klein aux guitares, Eric Ragno aux claviers et Pete Newdeck à la batterie, et si cette formation ne semble pas proposer quoi que ce soit de neuf par rapport aux quatre premiers albums, elle assure quand même dans les grandes largeurs pour retranscrire les compositions brillantes de Dennis.

Et pour cause, puisque ces nouveaux alliés sortent tous de girons bien connus (WICKED SENSATION, MECCA, LOS ANGELES, Fergie FREDERIKSEN, Michael BORMANN, BLOOD RED SAINTS, MIDNITE CITY, EDEN'S CURSE, Tony MILLS), et représentent donc les compagnons de route parfaits pour un musicien qui en a vu d’autres au sein de PINK CREAM 69 ou UNISONIC, sans parler de ses activités derrière la console. Dennis en substance, n’est pas homme versatile, après tout, il a confié un jour que le seul paramètre qu’il prenait en compte au moment de composer un album, était d’en faire un classique de l’AOR. Dont acte, et Master of Illusions propose donc son lot habituel de compositions soignées, mélodiques à souhait, et transcendées par le chant un peu rauque mais complètement Rock de Dennis qui une fois encore fait merveille. Rien de plus à attendre d’un disque que les fans connaîtront au moment même où ils poseront les oreilles dessus, si ce n’est que le compositeur américain s’est encore dépassé pour soigner les refrains. On trouve sur ce cinquième chapitre les hits que l’on est en droit d’espérer, mais même en connaissant la bête par cœur, on arrive encore à être surpris par son appétit. « The Rhythm Of My Life », classique dans le fond, fait partie de ces chansons intemporelles qui vous ramènent des décennies en arrière, lorsque le Rock mélodique, le Soft Rock et l’AOR trustaient le haut des classements. Même constat pour le plus rude « Follow The Sun », qui se repose sur un riff particulièrement velu de Michael Klein.

Et c’est sans doute ce qu’on apprécie le plus chez KHYMERA, cette façon de rester Hard même dans les moments les plus mélodiques et de nous éviter la soupe radiophonique énamourée. Producteur avisé et compositeur émérite, Ward a encore soigné ses suiveurs aux petits oignons, en peaufinant des chœurs particulièrement efficaces, et en mettant l’emphase sur des riffs mémorisables. On pense à GIUFFRIA, BRIGHTON ROCK, mais aussi à PINK CREAM évidemment, et aussi à la scène suédoise des W.E.T et WIG WAM, le côté Glam moins prononcé. Et si les choses sont claires dès l’ouverture franche de « Walk Away » avec sa juxtaposition claviers/guitare, l’album n’en reste pas moins assez varié pour fasciner. La place laissée à chaque instrumentiste est généreuse, et Dennis n’empiète pas sur le terrain de ses petits camarades. Certes, la basse se discerne sans avoir à aiguiser le tympan, mais le mixage est parfait dans son genre, avec ce son si rond mais âpre. Alors, les compos déroulent, et le talent déboule. La démonstration est encore une fois majestueuse, et Master of Illusions incarne avec panache la suite tout à fait logique de The Grand Design, sans toutefois en copier à la croche près les compositions. Mais toutes ici ont leur place évidente sur un album qui vise le sans-faute et l’atteint sans problème, s’appuyant sur des hits médiums de la force de « The First Time » ou des tubes trépidant comme une aube naissante de la qualité de « The Sun Goes Down ». Rien à signaler de particulier, si ne sont quelques modulations dans le ton, pour se rapprocher d’un Rock west-coast que Dennis vénère plus que tout (« Paradise »), ou de rares concessions au mainstream typiquement 80’s via le très Pop-Rock « After All This Time ».

On se retrouve parfois plongé dans les souvenirs d’un ICON toujours aussi actif et performant (« Victim Of Your Love »), mais en définitive, on oublie toutes les références puisque KHYMERA en est devenue une à part entière. En effet, quel autre groupe serait capable de produire un morceau aussi redondant que le final « Let It Happen » au riff moderne et bombé, qui tout en s’adaptant des inclinaisons vintage de son époque revendique un côté contemporain totalement assumé ? Car même si Dennis est fasciné par un passé qu’il a partiellement connu, il n’en reste pas moins un homme à l’aise dans son temps et parfaitement conscient des impératifs actuels. Après tout, sa carrière ne date pas d’hier, ni son implication dans ce projet magnifique, dont le seul défaut est de ne donner des nouvelles qu’avec une trop grande parcimonie. Mais si vous aviez aimé The Greatest Wonder et adoré The Grand Design, alors vous adulerez Master of Illusions qui est une pierre de plus montant l’édifice érigé au nom du talent de Dennis à des hauteurs stratosphériques.           

                                              

Titres de l’album :

                       01. Walk Away

                       02. The First Time

                       03. Master Of Illusions

                       04. The Sun Goes Down

                       05. Paradise

                       06. The Rhythm Of My Life

                       07. Follow The Sun

                       08. Father To Son

                       09. After All This Time

                       10. Victim Of Your Love

                       11. Let It Happen

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par mortne2001 le 18/03/2020 à 17:22
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Wildben

Les extraits témoignent effectivement d'uns (grosse) influence Death Angel (période Act III) mais ce n'est pa pour me déplaire.
A suivre...

02/06/2020, 11:11

LeMoustre

Vus en première partie de jesaisplusqui, sans doute la tournée de cet album, c'était plutôt bon, la qualité des morceaux aidant bien sûr. Pas dégueulasse du tout, en tous cas. Ce qui est sûr, c'est que la doublette Vempire/Dusk est assez inattaquable.

02/06/2020, 07:16

Pomah

Mouais vraiment pas super emballé, c'est quand même un peu mou du genou. Je passe mon tour.

02/06/2020, 03:41

Pomah

Tres bonne chronique, vraiment, cela donne plus qu'envie de s'y plongé.

02/06/2020, 03:30

Moshimosher

Excellent !!! \m/

01/06/2020, 17:16

Moshimosher

Mais c'est pas mal du tout ! :)

01/06/2020, 16:46

Humungus

Pour ma part, je rejoignais surtout asqer sur le fait que je n'aimais pas le bazar...
Après, j'aurai très bien pu moi aussi utiliser ce genre de phrase fourre tout (c'est d'ailleurs tout à fait mon style) car et d'une j'ai une fâcheuse tendance à amalgamer très facilement Power et Sympho(...)

01/06/2020, 05:58

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Très content de voir que BOISSON DIVINE a les honneurs de ta plume, mortne2001, tant j'estime ce groupe. Pour moi, ils n'ont pas d'équivalent dans la scène Folk Metal française actuelle (bon faut dire qu'elle est bien sinistrée aussi). "Volentat" était déjà un bijou, celui-ci enfonce le clou(...)

01/06/2020, 01:20

Gargan

Qu'est ce que c'est que ce groupe ? Merci pour la découverte.

30/05/2020, 22:36

aras

plutôt moyen voire mauvais, Entre 2 eaux à l'image du groupe

30/05/2020, 20:42

KaneIsBack

Je vais la faire courte, et je vais paraphraser le public d'une autre discipline dont je suis fan : BOOOOOOOORIIIIIIIIIIIIING !!!

Nan, mais sans déconner, je me suis un peu - beaucoup - emmerdé en écoutant ce disque. J'avoue m'être mis à Nightwish uniquement à cause de Floor, mais(...)

30/05/2020, 18:20

NecroKosmos

Ah, ce titre me plaît bien ! Je surveille.

30/05/2020, 17:37

grinder92

Le guitariste sur "The Crimson Idol", l'un des albums qui a changé ma vie... une page se tourne...

30/05/2020, 13:26

Saddam Mustaine

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Guitariste de Alice Cooper et WASP surtout je me souviens.

30/05/2020, 12:58

RBD

Reste à voir ce que ce retour en arrière managérial va donner. J'aimais bien la rétrogradation mesurée du dernier vers un Death toujours très technique mais revenu à un certain niveau d'efficacité basique.

30/05/2020, 12:56

MorbidOM

Bizarrement, j'avais vu le groupe à l'époque de Vempire, je les connaissais pratiquement pas et j'avais plutôt une image de poseurs mais j'avais été assez impressioné (et j'étais loin d'être le seul), puis je le ai revus quelques fois et c'était vraiment tout pourri, même à l'époque de C(...)

30/05/2020, 04:25

Humungus

Je confirme la merde en live.
"Tellement inaudible que le groupe en était ridicule sur les planches..."
Mais même sans ça de toutes façons, ils étaient ridicules sur scène !
Je me souviens de gars en échasse au HELLFEST... C'te poilade bordel !!!

29/05/2020, 22:46

quaraz

plastigroup

29/05/2020, 22:14

lolilol

Nez Crotte quel nom ridicule pour un groupe...

29/05/2020, 22:12

JérémBVL

Je les ai vu à Lille pour la tournée de Cryptoriana et j'ai trouvé ça très carré musicalement...bon Dani y'a du mieux mais il est vite à l'agonie rythmiquement.

29/05/2020, 21:39