Ok, on fait de grandes phrases, on adopte des figures de rhétorique parce qu’on n’est (pas) payé pour ça, mais parfois, on a juste envie de laisser parler son cœur et de résumer une chronique en un simple « mais putain, c’est vachement bien ! ». Oui, certes, ça ne fait pas très pro et ça ressemble plus à une conversation de potes qu’à un vrai travail d’analyse, mais la musique, avant d’être disséquée et expliquée, doit se ressentir et surtout, s’apprécier. Mais désolé, le quatrième album des branques australiens de THE NEPTUNE POWER FEDERATION est juste vachement bien ! Le genre de musique qu’on écoute pour prendre son pied, pas pour se prendre la tête, et qui s’avère aussi fun que bien élaborée, aussi construite que spontanée, aussi immédiate que réfléchie. Mais avec une longue carrière derrière eux, les cousins de l’autre bout du monde ont l’habitude de trousser des disques qui sont d’abord capables d’être adorés avant d’être vénérés, et ce Memoirs of a Rat Queen en fait assurément partie, et squatte le haut du panier de linge propre de la scène Stoner/Occult Rock/Psychedelic Rock mondiale. Pour les chanceux néophytes ne connaissant pas la bête – et que j’envie tant ils ont encore des merveilles à découvrir - THE NEPTUNE POWER FEDERATION a commencé sa carrière en tant que concept de studio, aux Etats-Unis, avant qu’une chanteuse comme on en rencontre une tous les vingt ans ne joigne le projet, alimentant de ses fantasmes délirant le bestiaire musical de ses nouveaux compagnons. Mais réduire le groupe à sa seule chanteuse serait d’une rare injustice, puisque les compositeurs en arrière-plan ont toujours eu le don de trousser une bande instrumentale aussi originale qu’efficace, histoire de laisser leur fantasque chanteuse y plaquer ses lignes vocales sous acides. Et dans les faits, ce groupe unique pourrait être l’unique jonction entre les 13th FLOOR ELEVATORS, HAWKWIND, QUEEN, SIR LORD BALTIMORE, KYUSS, DAISY CHAINSAW, UNCLE ACID & THE DEADBEATS, ZZ TOP et les ZUTONS, mais surtout, l’un des ensembles les plus funs de sa génération. Et le fun en musique, c’est une donnée cruciale, parce que sincèrement, les groupes de Space Rock se prenant trop au sérieux ou trop perdus dans les limbes de leur propre élitisme, on en a ras la veste en jean.

Quatrième LP donc pour les originaires de Sydney, et sans conteste, leur meilleur à ce jour, puisque le plus léger et le plus barge. Car cette fois-ci, la délirante et attachante Screaming Loz Sutch s’est déchiré l’imagination, et nous a élaboré un concept-album complètement improbable, basé sur une expérience de vie dans le temps et l’espace à s’en mordre le Biff Tannen. En substance, la princesse impériale nous raconte ses diverses expériences et le lien qu’elles ont pu avoir avec l’histoire, de son implication dans la Révolution Française,  jusqu’à ces fausses accusations durant la peste noire allemande au moyen-âge, en passant par cette relation fugace sur un parking durant un concert de JUDAS PRIEST en 1986. Soit un joli mélange d’Inquisition, de groupies à la Pamela Des Barres, de délire sci-fi à la Moorcock, pour un film sonore qui dès ses première secondes, vous happe dans son univers fantastique et merveilleux. Certainement galvanisés par une signature sur le label italien référentiel Cruz del Sur Music, les australiens se sont senti pousser des ailes, et ont particulièrement peaufiné leurs compositions, qui adoptent des contours de crossover total, entre Space Rock, Rock de stade, Psychédélique intimiste et galéjade Pop avec arrangements fouillés et travail vocal impeccable. Et c’est ainsi qu’on comprend pourquoi les quatre musiciens (Inverted CruciFox & Search & DesTroy: guitares, Jaytanic Ritual: basse et Mr Styx: batterie) se sont un jour incliné devant leur princesse intergalactique, puisque la combinaison de leurs talents respectifs aboutit aujourd’hui à cette épiphanie de musique que le grand Freddy Mercury aurait pu adouber de son vivant, aux alentours de 73/74. Car le Rock des THE NEPTUNE POWER FEDERATION est tout sauf générique, mais bien spécifique. Ancré dans une tradition passée de progressif amusé, il se joue des conventions et sinue entre les mouvances de la fin des 60’s et du début des 70’s, pour faire la jonction entre les expérimentations lysergiques du Haight-Ashbury de 67 (JEFFERSON AIRPLANE), et la créativité anglaise du début de la décennie suivante (QUEEN, HAWKWIND). Toujours Rock, le groupe ne s’en laisse pas moins séduire par les douceurs d’une Pop évaporée, pour suggérer une connaissance approfondie de la scène alternative des années 90 (« Pagan Inclinations », et ses chœurs à rendre fous les QUEEN, pour une refonte du Post Grunge de fond en comble sur fond de riff sudiste), et nous déroule le tapis rouge d’une musique complexe, riche, mais surtout – et le plus important – séduisante et attachante.

Le travers générique de ce genre de réalisation étant le bavardage intempestif et les libertés prises avec l’agencement et la logique, Memoirs of a Rat Queen n’en est que plus remarquable dans sa façon d’éviter cet écueil. Ici, pas d’errance durant de longue minutes sur une jam interminable, mais de véritables chansons, avec des ambiances prenantes, des atmosphères ciselées, et surtout, des couplets, des refrains, mais une sensation de liberté générale ne le confinant pas à l’improvisation imbuvable. Et dès la fausse interrogation de « Can You Dig ? », la réponse est claire et nette. Evidemment qu’on adore, puisque toutes les barrières de la raison sont tombées, sans faire flancher la nôtre. Il n’est en effet point besoin d’être un académicien du Rock des années 60 et 70 pour apprécier ce disque, capable en quelques minutes de concilier le groove sexy de Marc Bolan et la révolte juvénile des RUNAWAYS. Soigné par une pochette sublime et par une production signée Jaytanic Ritual au The Pet Food Factory de Marrkville, Sydney, Memoirs of a Rat Queen est une ode à la liberté de ton, à la créativité, mais surtout, au plaisir de jouer une musique atemporelle. Les titres ont beau tous porter la marque d’allumés de l’acide, ils n’en sont pas pour autant des prétextes au foutoir intersidéral, et cette façon d’accommoder le Rock seventies à des exigences Pop universelles à quelque chose de fascinant, surtout lorsque Screaming Loz Sutch nous envoute de ses tonalités acides sur fond de mélodies sucrées et de riffs musclés (« Watch Our Masters Bleed », ne me dites surtout pas qu’on n’aurait pas pu trouver ce morceau sur Sheer Heart Attack ou je risque de m’agacer un tantinet…). Capables de tout jouer, les cinq australiens nous donnent une véritable leçon de Rock épidermique, celui qui se souciait encore du plaisir susceptible d’être procuré et non d’une quelconque crédibilité (« Flying Incendiary Club For Subjugating Demons », les RUNAWAYS dopée à l’énergie T-REX via les STRUTS en goguette spatiale).

Entre pyjama party ouverte aux boys et regard tendre sur un passé musical inestimable, ce quatrième album se permet à peu près tout, et nous enchante de sa magie teen, avec « Rat Queen » et sa joueuse de flûte qui ne nous raconte pas de pipeau, ses crises de cowbell sur fond de « We Will Rock You » revisité et adapté façon PRISTINE (« I'll Make A Man Out Of You »), et son final survitaminé entre les QOTSA et le Texas des bordels et distilleries (« The Reaper Comes For Thee »). Un peu BLUE OYSTER CLUB cheap pour fugueuse en mal de tendresse, un peu survol global pour résumé personnel, ce Memoirs of a Rat Queen est une source de bonheur musical intarissable, et n’appelle finalement qu’une seule réflexion au critique encore hagard de tant d’énergie…Oui, THE NEPTUNE POWER FEDERATION, c’est vachement bien. Et ça devrait suffire à emballer l’affaire.        

 

Titres de l'album :

                        1.Can You Dig?

                        2.Watch Our Masters Bleed

                        3.Flying Incendiary Club For Subjugating Demons

                        4.Rat Queen

                        5.Bound For Hell

                        6.I'll Make A Man Out Of You

                        7.Pagan Inclinations

                        8.The Reaper Comes For Thee

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par mortne2001 le 08/10/2019 à 18:08
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Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


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