Nerve Butcherer

Concrete Winds

26/11/2021

Sepulchral Voice Records

Allez, soyons fou et admettons que les fêtes de fin d’année sont un carnage pour le porte-monnaie, le foie, et les quelques illusions d’empathie qui nous restent. Admettons que le champagne bon marché, les cadeaux moisis mais chers, les écrans plats, le foie-gras, les huitres, les bûches, les cris et autres déclamations post-alcool nous laissent dans un état hagard, peu certain de nous rappeler le pourquoi du comment, et surtout, le parce que quoi ? Alors, histoire de bien préparer le massacre, autant se faire une playlist à la hauteur de la catastrophe, d’éviter la radio, les tubes du moment, les traditionnels chants de Noël et autres performances au karaoké de tonton Jean-Michel, pour opter pour quelque chose de plus radical et idoine : le deuxième album des flingués finlandais de CONCRETE WINDS.     

Après tout, qu’est ce qui nous empêche de modifier légèrement la tradition pour la rendre plus supportable ? En ce sens, le barouf intenable produit par Mikko (batterie) et P.J (guitare/basse/chant) est tout à fait adapté à ces festivités insupportables, et gageons que l’écoute répétée et à un volume déraisonnable de Nerve Butcherer rendra Mamie plus preste et agreste, et surtout, convaincue qu’elle fait encore partie de ce monde et pas d’un étal de démonstration Ikea pour faire joli et avoir la conscience tranquille.

CONCRETE WINDS n’est pas une affaire tout à fait finlandaise, et pourrait s’inscrire dans le traditionalisme de violence américain le plus fondamental. Mais cette folie qui émerge de leur démence elle, est décidément très nordique, et se rapproche même parfois des crises lunatiques d’IMPALED NAZARENE, le barnum occulte de pacotille en moins. Mais si d’aventure, celles de THE KILL, DISGUST ou INSECT WARFARE vous passionnaient au point de créer vous-même votre univers de blasts et de riffs teigneux, alors sachez que les dix bulles de cette nouvelle bande-dessinée vont vous inspirer plus efficacement qu’un Guronzan.

Deux ans à peine après leur dernier méfait Primitive Force, les deux allumés d’Helsinki remettent le couvert à l’envers pour augmenter la pression, et nous offrent en cadeau anticipé la déflagration Death/Grind de cette fin d’année, mêlant classicisme et hystérie collective du froid. Il faut dire qu’entre les crises de St Guy de Mikko, batteur lunaire aux bras tentaculaires et les riffs surnaturels et supersoniques de P.J, la fête est bien plus folle qu’avec de l’alcool, d’autant que les deux marsouins ne se gênent pas parfois pour imposer un beat dansant entre deux pluies de blasts tenaces (« Dissolvent Baptism »).

Aussi accrocheurs qu’ils ne sont frondeurs, les deux hommes s’en donnent à cœur joie dans la destruction de la musique moderne, tout en gardant cette approche Hardcore qui fait les plus grands albums du genre. Rigolard mais joué sérieusement, ce Death/Grind savoureux renvoie à l’école bondée des NASUM, mais aussi à cette nouvelle scène nordique de la violence la plus crue, et si la guitare prend parfois des accents circulaires hérités du BM local le plus historique, n’y voyez qu’un clin d’œil au patrimoine local : cette saillie est du pur génie Grind du début à la fin.

« Nerve Butcherer » donne d’ailleurs le ton avec son cri/dégueulis de réveillon trop arrosé, avant que la bestialité la plus exubérante ne nous heurte de plein fouet. On prend immédiatement acte de cette magnifique production (enregistrement et mixage de Stefan Brändström au Dustward Studio, mastering de Phil Kusabs), et on savoure cette tranche de vie répulsive qui nous englue dans un constat sans appel : les fêtes approchent, et tout ça nous gonfle au plus haut point. Ruptures impromptues, accélérations de folie, soli torchés comme le cul d’un nouveau-né atteint de diarrhée, soudaines embardées aigues d’une guitare qui semble apprécier sa schizophrénie, dualité de voix en possession par Pazuzu, doublette guitare/batterie sans basse pour chatouiller les médiums et les faire marrer, tout est en place, et le rendu est effectif : l’envie de tout détruire pour ne rien reconstruire est palpable, et la démence contagieuse.

On commence d’ailleurs à reconsidérer les invitations privées lancées pour les festivités, et les élargir au centre psychiatrique communal voisin, histoire d’égayer un peu cette routine annuelle. Entre dissonances aggravées par un chant vraiment granuleux, et ces décélérations qui brisent les reins, les CONCRETE WINDS jouent sur l’exubérance d’un style presque expérimental qui ne tolère aucune restriction, et use de toutes les astuces créatives à sa disposition.

Le résultat est sans appel, le chat hirsute, et le chien prêt à lâcher un colombin sur les pieds de tante Marthe. Nerve Butcherer est clairement l’album de Death/Grind de cette fin d’année, et le seul capable d’altérer suffisamment vos capacités cognitives pour supporter ce déballage indécent de bouffe et de déclarations d’amour faussées par les circonstances.

Merci Constance pour ce panier garni. C’est encore une fois de la merde.            

 

                                                                                                                                                                                                       

Titres de l’album:

01. Nerve Butcherer

02. Chromium Jaws

03. Demonic Truculence

04. Industrial Mutilation

05. Noise Trepanation

06. Intravenous Doctrine

07. Flaying Internecine

08. Paroxystic Flagellator

09. Dissolvent Baptism

10. Astomatous Vomiting


Facebook officiel

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 26/12/2021 à 15:15
85 %    93

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Voyage au centre de la scène : les K7

Jus de cadavre 23/01/2022

Vidéos

Sélection rédaction Metalnews 2021 !

Jus de cadavre 01/01/2022

Interview

Devildriver

Baxter 26/12/2021

From the past

Voyage au centre de la scène : PENETRATOR

Jus de cadavre 19/12/2021

Vidéos

Unspkble + Rank

RBD 16/12/2021

Live Report

Anna von Hausswolff

RBD 08/12/2021

Live Report

Igorrr + Horskh

RBD 07/12/2021

Live Report

Fuzz in Champagne - épisode 2

Simony 27/11/2021

Live Report

Voyage au centre de la scène : Archives MORTUARY

Jus de cadavre 14/11/2021

Vidéos
Concerts à 7 jours
Existance + Rhapsody Of Fire + Manigance 25/01 : Le Ferrailleur, Nantes (44)
Nightmare + Rhapsody Of Fire + Manigance 26/01 : Rock School Barbey, Bordeaux (33)
Nightmare + Rhapsody Of Fire 28/01 : Le Metronum, Toulouse (31)
Nightmare + Rhapsody Of Fire + Manigance 29/01 : Jas'rod, Pennes Mirabeau (13)
Rhapsody Of Fire 30/01 : L'ilyade , Seyssinet-pariset (38)
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
RBD

Oui, cela doit avoir un lien avec ce retour de Dark Angel qui semble, cette fois, plus concret que la première tentative... Prions, dans l'attente de la Résurrection...Je n'avais pas réalisé qu'il était resté si longtemps dans Testam(...)

25/01/2022, 00:41

Arioch91

Il était surtout sous exploité dans Testament, lui et Steve DiGiorgio.Normalement, Dark Angel avait des dates en 2021 qui ont été repoussées cette année. Sans doute est-ce la raison qui l'a poussé à quitter Testament ?Et n(...)

24/01/2022, 19:26

Jus de cadavre

Un des meilleurs batteur Metal au monde selon moi. Sans vouloir être méchant, et même si j'aime bien le groupe, il devait un peu se faire chier dans Testament... Enfin je dis ça, je dis rien.En tout cas il a sacrément perdu du poids ces dernière(...)

24/01/2022, 19:18

Jus de cadavre

N'ayant pas connu la période cassette, même si j'en ai utilisé pour copier des cd (mes débuts avec un walkman encore à cassette...), je n'ai aucune attache à ce format que je trouvais ni pratique, ni de bonne qualité sonore. Je pense (...)

24/01/2022, 19:11

Kerry King

10 ans dans un groupe, c'était du jamais vu avec le pere Hoglan. 

24/01/2022, 18:35

Gargan

Il a l'air d'être tout gentil, pour du Deicide. Fronce les sourcils ! 

24/01/2022, 17:12

Gargan

Je rejoins le commentaire précédent. J’ajoute que, l’artwork ayant une place particulière dans le métal, plus la surface est importante… une partie pour moi de la raison de l’affection du vinyl.

24/01/2022, 15:01

Gargan

Je croyais que c’était une réformation d’un autre Sarcasm suédois (qui faisait du thrash), tant pis

24/01/2022, 14:53

Simony

Selon moi, cela tient plus de la hype. Par contre, à titre perso, j'aime bien ce format, la nouvelle démo de DIONYSIAQUE, par exemple, au format K7 c'est nickel, j'ai certains albums de Black Metal aussi comme ça, cela permet effectivement de distribuer pou(...)

24/01/2022, 08:29

Simony

L'épisode N° 3 est disponible ici :Sommaire

23/01/2022, 18:24

Simony

Chronique totalement partagée, j'avais écouté l'album par curiosité en trainant sur le Bandcamp de Iron Bonehead et il possible qu'il fasse parti d'un futur achat chez ce label que j'apprécie particulièrement pour l'authentic(...)

22/01/2022, 16:19

Humungus

"Faut dire que Ghost ont pas mal pompé sur BÖC"Sans oublié KING DIAMOND et DEATH SS.En ce qui me concerne : Le premier album (KÜÜÜLT !!!) pis c'est tout.

22/01/2022, 13:47

Invité

"Ixaltirud" est la première émanation du projet, une chanson évocatrice, avec un son méditerranéen et ésotérique.

22/01/2022, 10:19

Simony

Je suis également très client de leur musique, de leur univers très soigné, mais là j'avoue que ça me laisse de marbre. Ca ne m'empêchera pas de me pencher sur cet album une nouvelle fois mais avec beaucoup de réticences... 

22/01/2022, 10:06

Nekro Sapiens

@Hoover, faut dire que Ghost ont pas mal pompé sur BÖC. D'où la comparaison. Contrairement à tout le monde ici, je suis assez client de leur musique

22/01/2022, 09:55

Hoover

J'ai jamais compris le succès de ce groupe. Quand je pense qu'il a été comparé à Blue Öyster Cult...

22/01/2022, 07:40

dafg

Marketing metal

21/01/2022, 19:04

Tétard Véloce

21/01/2022, 12:06

Vinnie Logan Paul

La blague continue et ça ne s'arrange pas.

21/01/2022, 11:53

Gargan

Clip moche et ça manque cruellement de riffs.

21/01/2022, 11:01