Of Flesh, Steel, and Stone

Invictra

18/09/2021

Autoproduction

Gros EP ou petit LP ? Telle est la question qu’on peut se poser en découvrant Of Flesh, Steel, and Stone d’INVICTRA, groupe venu de Rochester, New York, et qui a déjà fait parler de lui au travers de deux précédentes réalisations. Nous avions eu un solide avant-goût de leur violence rétrograde en 2018, via The World Game, mais aussi en 2020 par le plus court et concis Chaos Theory. 2021 est donc l’année de leur avènement, puisqu’un premier EP avec trois inédits avait déjà vu le jour (Sin n’Bones, et pas mal de morceaux live en cadeau bonus), préfigurant cette quatrième réalisation personnelle.

Dans les faits et le fond, l’approche d’INVICTRA n’a rien de bien surprenant. Le quatuor (Josh Zalar - chant/guitare, Dylan Thompson - batterie, Alex Dunn - basse/synthés et Joe Lamoureux- guitare) se borne à nous proposer une sorte de Heavy/Thrash très construit et assez évolutif, constellé de plans très travaillés, qui s’essaie à la synthèse globale des différents courants. On trouve donc de solides racines de la Bay-Area, mais aussi des prétentions plus affirmées, via des constructions et des arrangements ambitieux. A la limite d’un Heavy/Thrash progressif, les américains ne se contentent donc pas du minimum syndical en plagiat des références, mais essaie de mettre sa personnalité en avant, ce qu’on constate au niveau technique comme en termes de composition.

Sur une trame EXODUS/DEATH ANGEL ouvragée, se greffent des éléments plus proches de la vague Techno-Thrash de la fin des années 80, même si les INVICTRA n’ont pas encore les prétentions de WATCHTOWER, DEATHROW ou LIFE CYCLE. Leur vision de la sophistication est moins élitiste, et plus efficace dans l’agression. Tergiversant constamment entre un mid tempo martelé comme un mantra et des accélérations soutenues par une basse ronde et presque Crossover, Of Flesh, Steel, and Stone est le genre d’œuvre conséquente qui nous éloigne un peu de la fainéantise de la vague old-school actuelle.

On pense même parfois à un ANNIHILATOR plus agressif et moins guilleret dans le choix de ses harmonies (« Simmons Hollow »), ou à une version plus hargneuse du HEATHEN le plus progressif. De sacrées comparaisons donc, pour un EP qui dans la forme ne cache pas son jeu. On comprend assez vite que le lapidaire vite emballé n’est pas le cadeau de Noël préféré des américains, et qu’ils ont pris le temps de choisir leur présent à offrir pour se garantir un futur clément.  

Si la première partie de l’album/EP se veut modeste et traditionnelle, sa seconde moitié dévoile des intentions beaucoup moins humbles et discrètes. Avec deux morceaux tapant le quart d’heure de jeu une fois réunis, Of Flesh, Steel, and Stone est bien plus qu’une simple entrée Thrash de plus dans le dictionnaire moderne. Doté d’un soliste volubile n’étant pas sans rappeler le célèbre Josh Christian de TOXIK par ses envolées lyriques en sextolets, INVICTRA peut donc s’appuyer sur des indivualités notables pour s’affirmer. Entre plans très lourds à la TOURNIQUET et embardées plus violentes, ce troisième jet est professionnel de bout en bout, et osons le terme, passionnant.

La pochette donne d’ailleurs quelques indications sur le contenu qu’elle dissimule. Avec ses tons verts et rouges, son lettrage de guingois, et sa figure menaçante coincé dans le côté droit du cadrage, Of Flesh, Steel, and Stone nous ramène au meilleur de la série B américaine des eighties, lorsque le genre comprenait que les claques et autres volées de bois vert n’étaient plus suffisantes pour rester en vie.

Mixé et masterisé par Joseph Chudyk qui s’est aussi occupé des parties de batterie, tandis que Josh Zalar se chargeait du chant et des guitares, ce nouveau chapitre de la saga INVICTRA est à conseiller à tous les fans fatigués du plagiat ambiant du mouvement rétro-Thrash. En résumant la philosophie d’un BELIEVER en trois minutes (« Scrape »), et en nous offrant un épilogue conséquent et gargantuesque de plus de neuf minutes, le quatuor américain a mis les petits plats dans le grand, et les pieds aussi. On reste stupéfait par la qualité de la conclusion « Revenant », qui sous couvert de mélodies bien présentes, se permet quelques acrobaties rythmiques et autres fantaisies instrumentales dans la plus droite lignée des orfèvres Thrash les plus exigeants.

Alors finalement, gros EP ou petit LP ? Peu importe la réponse à cette question, puisque la durée n’influe pas sur la qualité de la musique proposée. Belle surprise, qui donne envie de se replonger dans le passé du groupe pour anticiper son avenir avec appétit.   

 

                                                                                                                                                                                                       

Titres de l’album:

01. Vozrozhdeniya

02. Objects Of Rage

03. Enemy Of Your State

04. Simmons Hollow

05. Scrape

06. Revenant


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par mortne2001 le 10/10/2021 à 17:38
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