Il est assez fréquent que j’aille dans des concerts peu chers ou à prix libre, mais cela faisait longtemps que je n’étais pas allé à un spectacle gratuit. C’était même assez surprenant puisque la tête d’affiche jouit d’une certaine notoriété en Amérique, et que c’est le groupe du fils adoptif de Max Cavalera, né de la première union de Gloria son épouse (celle par qui le drame serait arrivé selon certains historiens…). Comme je le craignais il n’y avait pas foule, même si évoquer un bide serait aussi hors de propos. Les concerts gratuits marchent plus facilement quand c’est dans le centre et qu’il y a pas mal de promo’. Et du reste, il y avait aussi du Metal ailleurs en ville ce qui a contribué à diviser les troupes. Enfin, vous connaissez ma sentence habituelle : ce sont les absents qui ont tort.

En voyant les filets de pêche posé sur les retours et les chaînes pendant au micro central, j’étais perplexe envers SKAPHOS sur qui je ne m’étais pas renseigné à l’avance et je n’étais pas d’humeur à me farcir un mini Alestorm. Loin, de là les cinq Lyonnais arrivèrent dans une pénombre où on distinguait à peine des visages fardés sur des dégaines suggérant plutôt le Black Metal, ouvrant le set sur un sample de bruits abyssaux. Musicalement c’était du lourd, du bien lourd, ce Death à influence Black à la façon de la décennie qui vient de s’achever, dans ces tréfonds sans lumière où se tapissent Sulphur Aeon, Mitochondrion, Portal ou Teitanblood. On ne s’attendait pas à quelque chose d’aussi extrême en première partie, mais ce n’est pas moi qui irai m’en plaindre. Quelques ponts aux riffs lisibles assumaient la filiation avec un Death plus traditionnel, derrière ce chant très rauque et l’épaisseur apportée par deux guitares. C’était surtout le batteur qui attirait l’attention avec sa frappe basse qui ne me paraissait pas être du pur gravity blast. Le son grave de la caisse claire était un détail capital pour la cohérence de l’ensemble. Parfois il put passer quelques breaks à la place des riffs, notamment un arpège de cymbales simple mais pertinent avec l’ensemble. Quelques samples aquatiques suggéraient Ce style ne porte pas au pogo ni aux grands discours mais plutôt au headbang mesuré et à la communication réduite (un peu de voix claire surprend toujours dans ce maëlstrom même si ce n’est que pour les pauses !). Plutôt que de paumer sa vocation, ce jeune groupe apporte une contribution de qualité dans un style encore assez neuf, où notre pays ne s’était pas encore vraiment illustré à ma connaissance.


Changement d’atmosphère avec INCITE, qui nous ramenait instantanément aux années 90 et leur cortège de groupes de Thrashcore à la suite de PanterA, Machine Head ou Prong. On avait généralement la dent dure contre ces disciples dont la vie fut généralement courte, mais ceux-là amenaient pour aujourd’hui de leur Arizona une énergie contagieuse. Richie Cavalera, au chant, sautait partout sur l’étroite scène et haranguait son petit public avec une attention régulière envers le fond et les côtés. L’attitude globale du groupe illustrait bien le professionnalisme du Métal Américain dans ce qu’il a de meilleur : les trois compères se bougeaient aussi, sans fausses notes, avec autant d’entrain que s’ils étaient sur un gros festival. Le son était le seul point faible du spectacle, puissant mais primaire, assez sale pour un groupe aussi costaud par ailleurs. Mais avec une telle envie et des titres aussi pêchus, cela restait bien plus excitant qu’un Lamb of God mollasson et propre. Décidé à ne pas laisser de temps mort, Richie C. n’oublia pas pour autant de faire acclamer le "first band" dont il ignorait le nom ni d’inviter les gens à venir au stand acheter du matériel (le professionnalisme à l’américaine, disais-je…).

L’enthousiasme du quartet et les annonces bourrées de clichés et d’emphases (dans le genre "et maintenant nous allons vous tuer, soyez prêts, etc.,") laissait tout de même un arrière-goût de surjoué quant au fait que les compositions étaient certes efficaces, mais nullement inoubliables, ni novatrices. Mais par chez nous, les gens ne détestent pas ces manières. Incite est clairement un groupe de scène, comme on le vit aussi lors des deux minutes de gloire ménagés au guitariste pour qu’il tente quelques improvisations à la Kirk Hammett sous les objectifs des téléphones… Il n’y eut pas de rappel au bout d’une heure de set passée somme toute très agréablement (professionnalisme américain là encore). Il faut enfin souligner qu’aucune allusion au lien de proche parenté avec l’une des grandes figures de la scène Metal n’a jamais été faite au cours du set : aucune référence dans les nombreux laïus ; aucune reprise, pas même pour recaser quelques secondes un riff célèbre pour un pont ou une clôture… Noblesse oblige, au-delà des facilités que cette filiation procure inévitablement pour naviguer dans le réseau des orgas et des labels, ils entendent faire leurs preuves par eux-mêmes musicalement. Ce qui est cohérent avec le fait de partir tourner gratis dans des villes européennes de province. Cela devrait forcer le respect de certains.


par RBD le 04/02/2020 à 12:04
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ce qu'il ne faut pas lire comme âneries ici...


Je rejoins aussi ton avis, me souviens encore de leurs débuts, c.était même pour ma part difficile d'avaler un album au complet d'une esti shot. Conqueror aussi dans le même chariot.


Pas mal du tout ça !
La production est excellente, très organique, proche d'une captation live mais restant fine et précise ! Ca promet.


L'artwork est l’œuvre d'un certain Jibus


Intéressant, on pourrait savoir qui a fait l'artwork? il est magnifique et je trouve dommage que les crédits des artistes ne soient que rarement mentionnés alors que c'est eux qui fournissent le contenu.


Tu nous feras deux pater et trois avé en pénitence.


J'avoue avoir utilisé la désignation d'Encyclopaedia Metallum sans chercher à vérifier tellement j'ai confiance en ce qui y est mis habituellement.


Dimmu Borgir en PLS ! Impressionnantes les orchestrations, et pourtant je ne suis vraiment pas client de Black sympho !


J'aime toujours Revenge, mais je trouve que le groupe a sacrément perdu de son aura malsaine et dérangeante aujourd'hui... Trop d'albums et surtout trop de live selon moi, ça perd en "mystère"... Après c'est toujours bien bestial et nihiliste comme on aime, mais bon. Enfin ce n'est que mon avis(...)


Effectivement pire mascotte de tous les temps.
Elle porte un nom je crois d'ailleurs mais je ne sais plus lequel...


Bien plus Grunge que Sludge Doom ce truc...


Excellent groupe, avec un son en avance, des putains de riffs et la plus horrible mascotte qui soit.


pas le 27 Avril mais c est le 17 Avril voir site;
https://wickedmetalreview.wixsite.com/wickedmetalreview/post/reptilium-adrenochromacy?fbclid=IwAR3mQiBqH-HFePj2K1w3WrzchVjL2mABPa-drsZ2slIrmbxKotYt1qe3r6g


Ah, effectivement : la pochette est terrible !!


merci pour ton report
Je n'ai pas pû me déplacer pour cette affiche monstrueuse, ce qui rend la lecture douce et cruelle à la fois.


Un produit plastique crée de toutes pièces, sasns identité ni âme. Merci Nuclear Blast de cracher sur le patrimoine.


Seul le premier album était excellent, les 2 autres dont celui-ci de moins en moins bons.


Et bien... quelle chronique Mr Mortne une fois de plus !
Un album pas encore écouté pour ma part, mais j'ai limite l'impression pourtant, tellement on en entend parler partout. J'y jetterais une oreille certainement, en asseyant de faire fi des polémiques l'entourant.


Ah ah ah !!!
C'te pochette est juste géniale bordel !


Effectivement le chant fait très Hreidmarr.