Tout le monde n’a pas envie de se faire remarquer par son originalité. Ni par son audace. Certains se contentent parfaitement d’un mainstream qui leur correspond pleinement, mais est-ce un tort pour autant ? La moyenne est ma foi une place assez confortable lorsqu’on n’a pas forcément l’envie ou les moyens de se démarquer, par son talent ou son culot, et de nombreux groupes s’y réfugient, certains de satisfaire une frange de l’audience largement suffisante pour remplir leurs concerts. Mais parfois, cette timidité le confine à un anonymat de style tout à fait étrange, qui pousse même les détails dans les derniers retranchements des stéréotypes, à tel point que chaque point du problème soulevé devient un archétype en lui-même. Prenez le cas des italiens de MIDNIGHT SUN par exemple. Une carrière tranquille depuis 2010, un premier LP, Sex First, en 2014 au titre beaucoup plus outrancier que sa musique, un EP, Never Say Never, et un asile obtenu sur une maison de disque nationale, Scarlet Records, certainement très heureuse d’abriter ses poulains. Vu de l’extérieur, pas grand-chose à reprocher aux apprentis glammers fascinés par les USA au point d’adopter des pseudos qui sentent bon le Sunset (Albert Fish - chant, LeStar - guitare, Acey Guns - basse et Dany Rake - batterie), mis à part un classicisme formel qui empêche leur musique de décoller. En même temps, tous les standards de production semblent être respectés à la lettre, et je ne peux vous épargner une énumération, tant le tableau est frappant.

Un nom somme toute assez bateau, un deuxième album au titre passe-partout de One Last Ride, dix morceaux pour quarante minutes de musique, comme il y a trente ans, et surtout, une propension à tirer à droite à gauche les larfeuilles créatifs des plus grands du genre pour boucler les fins de mois. Avec un laïus pareil, vous vous attendez sans doute à une critique sans pitié mettant à terre nos amis transalpins ? Et bien vous risquez d’être déçus, parce que là encore, leur musique est juste assez bonne pour leur éviter la lapidation immédiate…

Inutile de dire que quelques noms chatouillent les oreilles lorsqu’on tend les nôtres sur ce One Last Ride, qui nous offre de son Italie natale un trip en Californie, en abordant ses travers Glam et Hard d’antan, mais aussi en célébrant quelque part la tradition radiophonique d’un AOR qui faisait plier les ondes, lorsqu’elles savaient encore faire la différence entre soupe insipide, et commercial intrépide. On pense au gré des morceaux aux L.A GUNS, à DANGER DANGER, à nos BLACKRAIN nationaux, mais aussi aux SLAUGHTER, aux BABYLON A.D, en gros, à toute la scène de L.A et à ses suiveurs de plus ou moins près, sans qu’une référence ne se détache du lot avec importance. Disposant tous d’un bagage technique suffisant pour imiter leurs idoles au présent, les MIDNIGHT SUN font le job comme on dit, mais sans jamais essayer de transcender des références usées. Toutefois, et c’est là que les italiens s’atteignirent, les morceaux restent suffisamment accrocheurs dans leur routine pour ne pas nous faire fuir, et la performance n’en est que plus remarquable, puisque les titres en question eux aussi abusent de tous les stéréotypes en fusion, si l’on met de côté un lourd et dégoulinant de stupre « Send Me A Light », qui se la joue bluesy à la GREAT WHITE, et qui imite à merveille la sensualité d’une Alannah Miles sur « Black Velvet ». Le changement d’humeur, quoique fondamentalement classique lui aussi fait quand même du bien, et offre un peu de ventilation à un album en circuit fermé, qui ne cherche que très rarement plus loin que le bout de ses souvenirs glamisés de quoi nous enthousiasmer.  

On connaît le principe, couplet dynamique pour refrain atomique, mais étrangement, les italiens ont placé aux avant-postes une de leurs compos les plus compote, qui capote et retombe comme un soufflé trop cuit, et qui se voit de plus handicapée par un son de guitare méchamment terni («Loaded Gun », du Hard’n’Heavy banal et bancal comme un perfecto abandonné près d’un canal la nuit). Heureusement, en insistant un peu, vous finirez par découvrir les qualités intrinsèques d’un quatuor à l’inspiration un peu moins sèche, dès lors que les mélodies sucrées font leur apparition sur un « Land Of The Freak » de meilleur ton. La fête peut alors commencer et les cotillons voler, puisque la fréquence radio se voit enfin bloquée sur des hits et non des fillers, quoique cet album en contienne quelques-uns. Mais aucune surprise mis à part la demie que j’ai déjà citée ne viendra vous troubler, même si parfois quelques arrangements nous sauvent du néant (« Game Over Fame », au chaloupé déhanché d’un UGLY KID JOE plutôt inspiré). Voix qui passe bien, rythmique qui bastonne tout autant, pour un Hard-Rock qui sent bon les bigoudis de maman, lorsqu’elle s’apprêtait à passer sa soirée au Roxy avec ses meilleures amies (« Never Say Never », plus WARRANT que BLACK SABBATH évidemment, mais tout le monde n’a pas envie d’être plombant). Mais gardez quand même votre curiosité en éveil, puisque le punky/thrashy à la SKID ROW « The Maze » pourra vous faire sautiller, voire headbanger, suggérant même une mémoire traînant du côté des SHOTGUN MESSIAH qui n’aurait pas oublié qu’on peut rocker même après un excès de mascara. Alors, du classicisme, c’est évident, mais quand même suffisamment de mordant pour se montrer intéressant, même si les alternatives sont aux abonnés absents (« Plan B », pas fameux comme sortie, même si les harmonies sous-jacentes sont quand même assez adolescentes).

Et d’un mid tempo à un enthousiasme pas forcément allégro, les minutes s’égrènent, et on s’amuse à recenser tous les poncifs accumulés, sans pour autant pouvoir reprocher quoi que ce soit aux MIDNIGHT SUN. Alors, dans une crise de mauvaise foi, on pourra pointer du doigt l’un des pires son de guitare rythmique qui soit, à la distorsion sans dynamique, qui heureusement se veut plus ample lorsque les soli piquent, et surtout, un manque d’audace flagrant qui fait que One Last Ride ne s’envole jamais vraiment, malgré une envie que l’on sent en arrière-plan, mais qui manque l’explosion d’un TIGERTAILZ ou d’un BLACKRAIN par manque de souffle. Un disque qui reste dans une bonne moyenne, mais qui ne cherche pas à s’en extirper, et c’est dommage, parce que ces musiciens ont largement de quoi relever, le niveau bien sûr, mais aussi l’originalité, qui fait même défaut à des lyrics gentiment provocants, mais concrètement affligeants. Bref. Une dernière ballade qui je l’espère satisfera les moins exigeants, et qui permettra aux italiens de continuer leur chemin, à cheval entre l’Italie et la Californie, sans vraiment savoir quelle est leur véritable patrie.


Titres de l'album:

  1. Day Zero
  2. Loaded Gun
  3. Land of the Freak
  4. Game Over Frame
  5. Send me a Light
  6. Never Say never
  7. The Maze
  8. Plan B
  9. Not Today
  10. Born This Way

Site officiel


par mortne2001 le 05/01/2018 à 14:43
68 %    391

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De fait, Yoloman + 1 000 000 !!!


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Tellement mauvais et tellement drôle à la fois qu'on leur accorde l'indifférence avec mansuétude.


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"Vinyl Features:
+ Mud-Green / Black Marbled Vinyl
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Box Set Includes:
----------------------
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