Parce que des fois, deux avis valent mieux qu'un, nous vous proposons deux visions différentes de cet album, à vous de vous situer.

Chronique mortne2001 

« Il était une fois,  un corps moribond que la putréfaction rongeait de l’extérieurD’aucuns auraient appelé ça « Le festin des vers », d’autres, un juste retour des choses, une réalité concrète et déliquescente. L’issue d’une existence vouée au mal, celui que la plèbe rejette de peur d’admettre qu’ils en sont rongés eux aussi. L’abime nous regardait tous, mais j’ai compris que ce reflet n’était que le proverbial monstre qui me contemplait aussi ».

J’aurais pu commencer comme ça, et continuer sur la même tonalité. Car après tout, nous parlons de la mort ce matin, non dans sa forme terminale de cessation d’existence, mais sous son aspect artistique, musical. Le Death Metal, une des premières formes d’excès en matière de sonorités extrêmes, qui poussa le Thrash dans ses derniers retranchements en lui soustrayant toute volonté de dédramatisation de la brutalité. Pas de rires, encore moins de sourire, pas de marketing, juste des pochettes ornées de graphismes morbides et des accords résonnant encore des gargouillis du liquide d’embaumement qui vidait le corps Rock de sa substance vitale. De ces opérations de purification, sont nés quelques monstres, dont les silhouettes hantent toujours nos cauchemars. Mais le plus dangereux d’entre eux, celui qui est resté tapi dans une ombre polie pendant des années, celui qu’on respectait religieusement pour sa dévotion envers le nihilisme, est devenu une créature si effrayante que l’on peine à prononcer son nom sans trembler. Tout ça est bien joli, tout ça est poétique, mais où cela nous mène-il ?

Ici, ce matin, pour cette raison. Vous voulez vraiment savoir bande de pleutres ? MERCYLESS est de retour, et avec son nouvel album, va vous déchirer les entrailles et vous enfoncer vos intestins par le cul. C’est plus parlant ? Vous pigez sans avoir besoin de traduire mes métaphores ? Tant mieux, parce que ce qui vous attend sur le sixième album studio des Français n’est ni beau, ni séduisant. Juste bruyant, terrifiant, mais surtout, l’une des musiques les plus radicales et tétanisantes depuis la création d’un style qui se mord la queue parce qu’il a oublié qu’il l’a bouffée depuis longtemps.

MERCYLESS c’est une carrière émaillée de pauses, mais surtout d’albums phares, dont l’héritage est respecté dans toute l’Europe, et même par les Américains, si peu prompts à reconnaître le talent étranger dans un créneau qu’ils ont eux-mêmes inventé. Mais j’emmerde les Etats-Unis, parce que j’ose affirmer ce matin qu’un des meilleurs disques de Death jamais enregistré l’a été plus de trente ans après la « création » de la digression même. Ne frottez pas vos yeux, je viens bien d’écrire que Pathetic Divinity pourrait symboliser le pic de créativité d’un hybride que l’on pensait atteint d’Alzheimer depuis les mid 90’s. Je ne dis pas ça parce qu’ils sont Français, je ne dis pas ça parce que je me suis levé trop tôt, je dis ça parce que j’écoute l’album en boucle depuis des jours sans parvenir à lui trouver le moindre point faible et/ou défaut. Sans parvenir à trouer la carapace de la puissance de forteresse qu’il dégage, sans parvenir à remettre en cause ses thèmes mortifères et ses ambiances délétères. C’est comme ça. Alors j’admets. C’est une révolution, une atteinte à la liberté de choix puisqu’il ne vous en laisse aucun.

Mais parlons faits avant que le dithyrambe ne devienne hagiographie partielle et partiale.

Pathetic Divinity est donc le sixième album studio, et sort presque trente ans après la première démo Immortal Harmonies. Il marque d’ailleurs une étape dans la célébration de trois décennies d’activité, et fut précédé d’un single digital gratuit lancé le 3 juin, « Altered Divination ». Produit par Philippe Reinhalter au Psykron studio, et mixé par Frédéric Motte au Conkrete studio, c’est peut-être, mais je laisse le temps juger pour moi, le plus grand, le plus brutal et le plus concis des travaux que nous a présenté le groupe depuis ses débuts, malgré tout le respect que je dois à des albums comme Abject Offerings ou Coloured Funeral.

Pourtant, il ne révolutionne en rien la recette musicale d’un combo qui n’a jamais fait autre chose que jouer un Death franc et massif, mais il apporte une plus-value incroyable aux actions des Français. Sans parvenir à expliquer le pourquoi du comment, il dégage une intensité et une maturité inouïes, qui lui permettent de toiser les plus grandes réalisations du style, qu’on pensait pourtant indéboulonnables du haut de leur Olympe infernal.

Vous vous étonnerez sans doute d’un tel enthousiasme. Mais il est justifié, car ce sixième LP - qui est disponible en CD, en vinyle mais aussi en tape pour retrouver les sensations vintage d’antan – parvient à retrouver le souffle putride des premières exactions exsangues du Death, lorsque les pionniers (dont MERCILESS à l’époque faisait indéniablement partie) devaient encore défricher le terrain sans réfléchir à la portée de leurs actes.

On retrouve sur Pathetic Divinity la technique primale de DEATH, l’atmosphère suffocante des égouts de l’âme d’OBITUARY, la précision macabre de Trey et Pete de MORBID, mais aussi la rigueur frigorifiante des côtes Nordiques arpentées l’écume aux lèvres par les ENTOMBED, GRAVE et UNLEASHED. Et tout ça, sans que l’ADN du groupe ne soit modifié, puisqu’ils font peu ou prou sur cet album ce qu’ils ont toujours fait.

Je pourrais, dans un excès de fièvre, comparer ce jet de bile à un pamphlet définitif paru lui aussi il y a trente ans. Et par certains aspects, la comparaison avec Reign In Blood ne serait pas plus déplacée que ça. Même brièveté ou presque, même sentiment d’urgence, même inconscience ténébreuse et juvénile, et même brutalité outrancière parfaitement justifiée.

Car de « Pathetic Divinity » à « Liturgiae », pas de pause, pas de non-dit, pas de faux-semblant, juste un gigantesque Death qui trouve son illustration dans une déflagration de riffs épais et enracinés dans la tradition, de parties rythmiques stables et pourtant mouvantes, et de lignes vocales devant autant à John Tardy qu’a Martin Van Drunen. Et pourtant, c’est bien Max, fidèle au poste qui éructe et fait trembler ses cordes, avec une méchanceté qui lui est coutumière, mais qui nous donne toujours le frisson.

Aucun temps mort, aucun point faible, Pathetic Divinity est un broyeur qui concasse les os et brise les cranes, et la bande son idéale d’une fin du monde qu’on pressent plus proche qu’elle ne devrait l’être. Les sifflantes, les tempêtes de blasts, les hurlements, les écrasements, les soli, les breaks diaboliques de précision, et l’ambiance de mise en terre font que dans quelques instants, je ne vais certainement pas tarder à employer une formulation définitive.

Si la mort, dans toute sa décadence latente devait trouver une illustration sonore des derniers instants d’une espèce en voie d’extinction depuis sa naissance, elle choisirait le chaos assourdissant de ce sixième album de MERCYLESS. Elle placerait ce disque sur ses étagères des Enfers, en bonne place, juste à côté d’Altars Of Madness, de Slowly We Rot, de Leprosy, Like an Ever Flowing Stream ou Clandestine.

Simple. Tu te lèves un matin, une douleur intense dans les côtes. Et tout s’accélère. Les médecins t’avertissent de ta maladie, tu souffres le martyre, mais loin d’être abrégé par la délivrance, il se prolonge et finit par te laisser partir dans une agonie ignoble. Pathetic Divinity, c’est ça. Ça, et réaliser que ton Dieu de pacotille n’a rien fait pour t’aider.

Et dans un autre ordre d’idées, l’un des meilleurs albums de Death jamais enregistré et distribué. Nous avons de quoi être fiers de MERCYLESS, puisqu’ils ont réussi l’impossible.

 Ramener la mort à la vie. (Note: 95%)


Chronique bigpeat:

Quoi de mieux pour recommencer à chroniquer des albums que de donner son avis sur du French Death  Metal purement sorti tout droit des portes de l’enfer… ou du paradis ? ou tout simplement de Max Otero et de sa nouvelle bande .

Nous sommes en 2016 et voici un groupe qui ressuscite d’outre tombe. Après un arrêt total d’activité début 2000 pour le groupe, ils reviennent plus de dix ans plus tard et veulent renouer avec leur propre style du MERCYLESS Death Metal . Un pari pas facile de revenir avec du Old School Death Metal en 2016, à l’heure ou le style ne fait que de se décliner. Alors Challenge Accepted or not… ?

L’album « Pathetic Divinity » fait donc suite à l’album « Unholy Black Splendor » qui signe le grand retour de MERCYLESS sur la scène Metal hexagonale. Entrons directement dans le vif du sujet ce qui nous intéresse la musique. Après une intro un peu quelconque, qui essaye de poser une ambiance mais sans conviction là où l’intro du morceau eponyme "Pathetic Divinity", réussi pleinement, bien senti e cette intro va s’en rappeler les maîtres en la matière Slayer avec le titre "South of Heaven"… Suit à ça un Death Metal assez lourd plutôt bien aéré avec une bonne dose de double pédale, on remarquera la qualité de Laurent derrière fûts qui remplit pleinement le contrat Mercyless, puis en plein milieu du même morceau une grosse relance Death Metal façon Vader suivi d’un solo comme pouvait nous envoyer le quatuor polonais et ça envoie vraiment bien. Ce titre Pathetic est réellement un très bon concentré de tout ce que le Death Metal a de meilleur, mais hélas pour moi il n’y aura que ce titre à retenir, les autres tracks se ressemblent trop et quand on a pris Pathetic Divinity dans les oreilles, le reste paraît un peu plus fade et c’est bien dommage… On retrouve beaucoup les influences susnommées dans ce disque et quelques relents de Morbid Angel et de Death. Le gros point Négatif c’est que si on enlève l’intro de 44 secondes et le dernier titre qui est en fait une outro avec les mêmes riffs en boucle on se retrouve avec un album de 27 minutes ce qui me paraît quand même court pour un album, je m’attendais a plus de consistance.

Parlons production, des guitares bien distordues, une batterie pas assez organique  avec un son de grosse caisse pas assez naturel ou trop en avant dans le mix, une basse qui ne fera quasiment que suivre les riffs de guitares. Les growls de Max ne sont pas sans rappeler un peu notre cher ami John Tardy et Piotr de VADER et ce n’est pas pour nous déplaire. En général la prod est massive mais le mix ne laisse pas assez de place à la basse, les guitares et la voix sont un peu au dessus de tout le reste sauf quand la batterie met en route sa double pédale.

Au niveau de la pochette, un design et un concept simple, vu et revu à travers les pochettes de Death Metal des années 90’ donc rien de transcendant mais qui colle bien avec les textes de Max.

Vous l’aurez donc compris un disque un peu décevant, qui régalera sûrement les inconditionnels du groupe mais qui manque de réelles intentions. En parlant de Tardy ça me fait penser au Tardis du Doctor Who et est ce que nous n’aurions pas fait un bon dans le passé… ? Le challenge n’est  donc pas réussi pour ma part. (Note: 47%)

Titres de l'album:

  1. Blood Of Lambs
  2. Pathetic Divinity
  3. A Representation Of Darkness
  4. My Name Is Legion
  5. Exhort The Heretic
  6. Left To Rot
  7. Eucharistic Adoration
  8. Christianist
  9. How Deep Is Your Hate
  10. Liturgiæ

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par mortne2001 le 03/11/2016 à 07:57
71 %    538

Commentaires (2) | Ajouter un commentaire


JérémBVL
membre enregistré
03/11/2016 à 09:47:17
Une tuerie pour ma part! Cette ambiance poisseuse et cette voix bordel!

Blind
membre enregistré
06/11/2016 à 11:12:56
Je ne l'ai écouté qu'une seule fois mais je n'ai pas été super emballé au premier abord, même chose pour le précédent. Autant la découverte d'"Abject Offerings" m'avait fait espérer une reformation du groupe, autant j'ai été plutôt déçu de ces nouveaux albums. Après je reconnais qu'il est difficile de comparer ces nouveaux albums, sortant à une époque où l'offre de compos dans le même créneau est plus que pléthorique, avec ceux sortis pendant les glorieuses années du death metal.

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Quoi qu'il en soit, musicalement, je trouve l'idée de l'ajouter à l'affiche géniale en soit.


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