Regardez bien la pochette de cet album, car elle s’incarne en avertissement. Ce champ de ruines fumant qui sombre dans des couleurs chaudes n’est rien de moins qu’une transposition picturale de l’incendie qui détruira vos conduits auditifs une fois la dite rondelle ingurgitée. Et pour une fois, le titre, sa représentation graphique ne sont pas mensongers, puisque la deuxième production professionnelle des truands de PANZER SQUAD n’est rien de moins qu’une charge de chars d’assauts formés à tout écraser sur leur passage, y compris la santé mentale de leurs fans. On le sait, c’est devenu un dogme, le Thrash allemand a toujours été l’un des plus féroces du circuit, et ces pourfendeurs de médiocrité le prouvent, en l’amplifiant d’une petite touche sud-américaine un peu Black qui ne fait qu’accentuer la démence générale. Ici, c’est la brutalité, la sauvagerie, la férocité qui règnent en maîtresses valeurs, et inutile d’attendre la moindre pitié musicale de la part d’un groupe qui a depuis longtemps vendu son âme à son propre patrimoine brutal. Fondé du côté d’Osnabrück, PANZER SQUAD est donc un trio sans foie ni oie (Tobi - chant/guitare, Svenni - basse et Henni - batterie), actif depuis 2012, et déjà responsable d’une démo, de deux splits en compagnie des CxTxD et DISCLAIM, et d’un premier LP en format tape, Coming To Your Town, publié en guise d’avertissement de liesse il y a deux ans. Autant dire qu’ils connaissent leur boulot, mais aussi leur patrimoine national. Mais le point fort de cette petite horde de huns from Germany est justement de ne pas se contenter de répéter les recettes de leurs aînés, comme de petits sots appliqués, mais de les dynamiser d’une grosse touche de Hardcore, de D-Beat, de BM, pour rendre le mélange encore plus corrosif et nocif pour l’organisme.

Autant le dire, Ruins est une boucherie totale à rendre le SODOM de 1985 fou de rage. En piquant à leurs modèles leurs idées les plus néfastes, pour les diaboliser de théories chères aux SEPULTURA de début de carrière, de modus operandi occulte et sombre à la BULLDOZER de la fin des années 80, et en emballant le tout dans une rage purement Black presque incontrôlée, le trio allemand signe le disque le plus dément de cette morne rentrée, et nous bouscule de ses rythmiques en hiver nucléaire et de ses riffs d’enfer. Sans chercher la petite bête, mais en écrasant la grosse, ils toisent de leur morgue bon nombre d’adeptes du Thrash old-school en leur prouvant que l’Allemagne est toujours reine sur son propre terrain de jeu, et distillent en quarante minutes une bombe à fragmentation qui explose vos tympans comme la détonation d’une bombe H en plein local de répétition des MUTILATOR. Orgie sonore sans limites, ce deuxième pamphlet est d’un professionnalisme sauvage à toute épreuve, mais ne se limite pas à monter dans les tours sans réfléchir pour bâcler une longue litanie de violence. Ruptures, accélérations, segments Heavy comme le Metal, et au final, cette œuvre d’horreur, puisque c’en est une se hisse dans le haut du panier de son énergie et de son culot.

Difficile d’ailleurs d’illustrer ce discours musical par des mots pertinents, tant la puissance et la démence qui s’en dégagent se passent de commentaires. En adaptant des rythmiques que les PROTECTOR avaient popularisées en leur temps, puis en les caviardant de riffs digne du meilleur de DEATHROW/ACCUSER, saupoudrant le tout d’un chant maléfique typiquement sud-américain, les trois germains nous délivrent un LP parfait de bout en bout, capable de faire la nique au Morbid Vision de qui vous savez, tout en taquinant la susceptibilité de la vague noire nordique de l’orée des années 90. Thrash un peu Black, mais pas Black Thrash, les PANZER SQUAD tiennent à leur distinction, et l’accentuent de touches de « finesse » qui permettent à la basse de vrombir comme un quadrimoteur en torpille, ou à la guitare de tronçonner à loisir. Ainsi, les implacables « Shut In », et « Escapist », mixent les influences et nous déroulent le tapis rouge sang, alors que la souplesse D-beat de « Victims of War » aurait de quoi provoquer un grand écart facial de la part des DISCHARGE et des URSUT. Capables et doués dans tous les domaines de vilénie, les trois instrumentistes s’en donnent à cœur joie, et tissent parfois des ambiances nauséabondes et glauques, à l’instar de celle de « Delusionist », qui bricole une intro bien dark pour mieux nous étriper pendant quatre minutes. Notons d’ailleurs la sobriété du trio qui préfère tasser plutôt que d’étaler, et rester dans les balises d’un Furious Thrash efficace, mais pas redondant pour rien. Même lorsque le timing se déploie sur plus de quatre minutes, les idées sont bien présentes, et « Approaching The Sun » d’avancer les arguments de ses principes.

Alors certes, ça carbure à la nitro, certes ça vomit ses psaumes sans nous regarder de haut, mais la qualité est bien là, et la variété dans l’agression bien patente. Difficile de faire la gueule en se prenant un jus multivitaminé comme « Zombie Shot », qui nous la joue FPS avec gâchette facile et munitions à volonté, se lâchant même lors d’une tempête de blasts absolument probante. Mais PANZER SQUAD, c’est comme le cochon, tout est bon, sans qu’on nous prenne pour des gorets incapables de manger proprement. Les breaks sont millimétrés, sans nuire à la folie de l’ensemble, les soli torchés comme à l’époque, les passages Grind en chausse-pied tout sauf incongrus, et les citations dans le texte parfois imprévues. Un cocktail qui se déguste à peine tiré du tonneau, qui reste en bouche, enivre, mais ne laisse pas K.O, histoire de bien piger ce qui nous arrive. De là, entre un « Extinction » qui fait chuter le fameux « Delirium Tremens » de PROTECTOR de son piédestal d’entrée en matière la plus crade et bourrine de tous les temps, un « Death Toll » qui enfonce le clou et les pièces dans vos paupières, un « Sewer Rat » saucissonné et syncopé comme un hit de TANKARD revu et corrigé par les NECROPHAGIA, et…tout le reste, le compte est bon, et le vôtre surtout. Une bonne grosse mandale à la mauvaise humeur, et à la mauvaise foi qui prétend que tous les albums de Thrash vintage de ces dix dernières années se ressemblent. Ici, on s’assemble, mais on fait la différence, et on assume indirectement le statut de nouvelle valeur sûre à suivre de très près. Notez donc le nom des PANZER SQUAD sur vos tablettes, car leur carrière est loin d’être finie. Un groupe à voir absolument in town, et qui redonne ses lettres d’ignominie à un style qui commençait à devenir trop poli.   

      

Titres de l'album :

                         1. Extinction

                         2. Death Toll

                         3. Escapist

                         4. Sewer Rat

                         5. Societal Funeral

                         6. Singular Purpose

                         7. Shut in

                         8. Victims of War

                         9. Delusionist

                         10. Approaching the End

                         11. Zombie Shot

                         12. After the Bombs

Facebook officiel

Bandcamp officiel 


par mortne2001 le 24/09/2018 à 17:18
82 %    130

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Orthostat

Monolith Of Time

Obscenity

Summoning the Circle

Psy-no-ark

Nodvs Gordivs

Stranguliatorius

Rope Soap Tabouret

Nebula Orionis

Starthrone

Valiant Bastards

Harbingers of Chaos

Samarium

Right to Get Violent

Split/cross

Rise of Discontent

Executioner

Bone Collector

Northern Light Orchestra

Greatest Hits

Ploughshare

In Offal Salvation

Conjure

Releasing The Mighty Conjure

Death Chaos

Bring Them to Die

Atomic Death Squad

Brain Dead

Blackwater

Good As Evil

Scorcher

Systems of Time

Virginia Hill

Makin' Our Bones

Psython

The Last Days of the Good Times

Nacht Und Gnosis

Det Warder Sådt I Skröplighet Och Skal Upstå Ur Kraft

Concerts à 7 jours

Father Merrin + Dragunov + Daerrwin

02/03 : Black Baron, Nancy (54)

+ Uada + Tribulation

23/02 : Cinema, Alost ()

Photo Stream

Derniers coms

Merci pour ce petit clin d’œil à Heavy Sound et content de t'avoir eu au sein de l'équipe dès les tout débuts de l'aventure... et longue vie à Sleeping Church Records et Metalnews !


Rien qu'avec ces deux noms ça promet d'être très poétique en effet !


Allons allons, j'ai des gens qui m'aident bien autour de moi, tu sais de quoi je parle Jus de cadavre... c'est aussi grâce à des personnes comme toi que tout cela est possible.


Cool oui l'interview ;) Un groupe, un label et le zine... Je sais pas comment tu fais Simo ! :D


Merde, mais c'est mortel RITUALS ! J'étais complètement passé à côté... Chouette interview encore une fois et bonne continuation à Sleeping Church Records ;-)


@Kerry King : Si tu aimes Gus Van Sant, tu aimeras...


J'ai jamais regardé le "Last Days" je me demande si il vaut le coup ?

Lords of Chaos je me demande quand il sera dispo ça fait longtemps qu'on annonce le film.


Ca sent mauvais tout ca...


Tout pareil Simo ! Bienvenue Acid, ça fait plaisir une nouvelle plume ! :)


Et voilà c'est corrigé...


Parce que dans la com' du label, c'est le pays qui est indiqué... j'avoue que je n'ai pas vérifié mais effectivement en voyant Vindsval, j'aurais du corriger de moi-même, désolé c'est bien Français...


Avec cette chronique, nous accueillons dans notre équipe Acid
Vous retrouverez d'autres articles de sa part prochainement mais toute l'équipe de Metalnews.fr lui souhaite la bienvenue, en espérant que sa plume vous séduise et qu'elle vous fasse découvrir de nouveaux groupes ou vous confor(...)


Pas mal, rien d'extraordinaire et ça reste du black Telerama-compatible (ça m'empêche pas de beaucoup aimé BaN) mais il y a 2 choses que j'apprécie :

1) Ils avaient fait une itw du gars de Throane et je m'étais dit, c'est bien mais ils pourraient quand même s'intéresser à BaN q(...)


les Vegan et auters Veggie nous les cassent sévère


Ouais le "Rock" c'est la grande mode, c'est hype. Faut profiter du filon avant que ça s’essouffle !
Et si Nirvana a eu son "Last Days" de Gus Van Sant, fin c'est sur Cobain plutôt. Plus une palanquée de docu plus ou moins bon.


J'avais adoré le premier album... celui-là ne m'a pas déçu. Un groupe qui mériterait d'être plus connu.


C'est entraînant


Débat intéressant.
Autant la gars de Tyr assume complètement son truc, et c'est son droit, du moins tant que le pays d'où il vient maintient la légalité de cette pratique. Autant une asso qui se veut vegan, moi je trouve ça étrange qu'elle cautionne ça en étant partie prenante de l'(...)


Avec tout ça, TYR ne fera jamais la 1ere partie de GOJIRA . Je ne suis pas vegan je n'ai jamais écouté TYR, mais on peut aussi boycotter les concerts dont les groupes sont chasseurs ou bossent dans des abattoirs. Pour les chasseurs , il y a de tout du saoulot, du viandar mais aussi du responsabl(...)


Cette année ça y va les films qui retracent l'histoire d'un groupe...

Queen, Mayhem, Motley Crue les trois a la fois, a qui le tour ? Limp Bizkit lol

Nirvana ils ont jamais rien fait ? Je me demande.