Qu’en est-il de l’état des lieux des forces Post Black/Screamo/Blackgaze en Allemagne ? Une liste de noms bien évidemment, les industries nationales tournant à plein régime sur tous les fronts extrêmes, mais si nous pouvons résolument en citer quelques-uns, dont FORLATT, CIRCSENA, ARKUUM, WUNSCH ou TRAUTONIST, il semblerait que la nouvelle génération ne s’en laisse pas compter, et exprime ses points de vue avec force et pertinence.

Inutile pour cela de se livrer à une enquête trop poussée en terrain germain, puisque le sort a voulu que je tombe sur un exemple fort probant de jeune combo aux dents longues, qui cultive l’art du mystère et de l’esthétisme avec un parti pris assez admirable.

WELK est donc un groupe nous venant de Leipzig, qui se plait à mettre la musique en avant par rapport à ses individualités, ce qui est toujours une attitude noble, et qui suggère une volonté artistique assez intéressante. Les musiciens tiennent d’ailleurs à garder un certain hermétisme par rapport à leur image, que ce soit sur leur site officiel ou leur page Facebook, assez avares en renseignements.

A en juger par les quelques photos promo, il semblerait que la formation en quintette soit l’option la plus fiable, mais si l’on se concentre sur leur seule musique récente (absente d’ailleurs de leur Bandcamp, étrangement), il est évident que leur second EP, Sein, fera bientôt partie du peloton de tête de la vague de Néo Post Black allemand, flirtant d’ailleurs sévèrement avec le Blackgaze et le Post Screamo.

Mais peu importent les étiquettes, seules les sensations comptent. D’ailleurs, les WELK se gardent bien de citer des influences, et se contentent de parler de leur approche de façon poétique, en se préservant de toute précision trop ciblée.

On apprend donc avant même d’avoir posé les oreilles sur la moindre des pistes du successeur à My Heart Has No Home (publié en 2013) qu’ils proposent une musique rapide, lente, sombre et adorable, dans un jeu de contradictions mettant en exergue leurs multiples facettes, aussi antinomiques que complémentaires.

On connaît la règle du jeu en usage dans le Post Black et le Post Metal, cette alternance de violence abrupte et de mélancolie débordant de spleen, mais autant avouer que les allemands poussent cette dualité à son paroxysme via Sein. En six morceaux et un peu moins d’une demi-heure, les musiciens utilisent toute la palette monochrome pour nous suggérer des humeurs, sans toutefois tomber dans les pièges tenaces des figures imposées. Certes, le propos n’est pas foncièrement novateur, les accès de puissance assez fulgurants sont toutefois gardés sous maîtrise, et les mélodies ne se montrent pas toujours audacieuses, mais le bel équilibre entre les courants reste séduisant, d’autant plus qu’ils n’ont pas trop fragmenté ou compartimenté leur vision.     

Ne vous attendez donc pas à des séquences différentes au gré du tracklisting, les éléments ont été amalgamés avant d’être redistribués en chansons, ce qui aboutit à une homogénéité globale appréciable, assez éloignée de certains canons du style.  

Pas vraiment de morceau délibérément Ambient, jouant la rixe avec des titres ouvertement BM, mais plutôt une moyenne d’attaque qui consiste à tempérer les ardeurs tout en les laissant s’exprimer au travers de breaks soudains ou plutôt bien amenés.

Bien sûr, l’ouverture cruelle de « Urne » se porte presque en faux de cette théorie, et attaque les sens sans attente, d’un flot de blasts affolants, soutenant un riff norvégien ténu et un chant écorché fourbu.

La vitesse ne s’impose que sur quelques secondes, avant que le groupe ne sacrifie l’affolement à l’intensité, et la mélodie principale se taille un chemin au premier plan, pour finir par provoquer le silence d’arpèges délicats égrenés avec résignation.

Pas de variation entre hurlements et chant clair, et quelques dissonances s’invitent même à la non fête via « Sonne », qui loin d’apporter le confort du soleil, nous brûle de son Post Hardcore propre à donner des rougeurs à UNSANE.

Mais les WELK se montrent surtout à l’aise avec les constructions mouvantes et évolutives, comme le démontre le surprenant « Statue », qui fait le chemin à l’envers et commence dans la douceur pour progresser vers le malheur.

Entame en crescendo qui explose d’une rage BM irradiante, avant une belle transition en Chaotic Core suintant de perversion harmonique et rythmique, nous menant directement à un final d’ambiance qui finit lui aussi par déborder sur le Black abrasif et puriste.

Seule exception à cette règle, l’interlude « Asche », qui ose la décalque d’un NEUROSIS d’intro, mais qui offre une accalmie bienvenue dans ce déluge de haine et de rancœur.

« Ruhe », dans son genre casse aussi le moule et évite la lancinance d’un cheminement trop évident, et évite toute affiliation BM trop marquée pour oser un Post Metal à la ALCEST/DEAFHEAVEN en version moins typée, avant que le long final « Schlaf » ne faille à sa mission pour nous réveiller au lieu de nous endormir.

On tombe à ce moment-là dans un état cataleptique digne d’un Sludge/Doom aux proportions dantesques, qui se permet même de toiser les meilleures références du genre, à peine perturbé par quelques clignements des yeux durant des breaks tentant une rythmique moins pesante.

Le chant n’a pas dévié d’un iota de sa trajectoire crépusculaire, les guitares se sont livrées à une véritable récitation de toutes les philosophies Post possibles, tandis que le duo basse/batterie s’est réjoui de cette bipolarité générale.

Une belle démonstration en format court, qui nous laisse espérer de tristes mais heureux lendemains pour la scène Post BM/Post Hardcore/Post Metal allemande, qui nous envoie donc un de ses meilleurs représentants défendre la cause.

A noter que l’EP est disponible dans une superbe version CDr, avec pochette en sérigraphie reproduisant une sublime photo parfaitement en adéquation avec son contenu. Version physique disponible via Bharal Tapes, sur Facebook ou leur site officiel.


Titres de l'album:

  1. Urne
  2. Sonne
  3. Statue
  4. Asche
  5. Ruhe
  6. Schalf

Site officiel


par mortne2001 le 06/07/2017 à 14:05
75 %    326

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Pristine

Road Back To Ruin

Tytus

Rain After Drought

Palehørse

Palehørse

Statement

Force Of Life

Cara Neir

Part III - Part IV

Project For Bastards

Project For Bastards

Aftermath

There Is Something Wrong

Nostromo

Narrenschiff

Charge

Ain’t The One

Herod

Sombre Dessein

(false) Defecation

Killing With Kindness

Rosy Vista

Unbelievable

Gorgon

Elegy

Parad1gm

Parad1gm

Laceration

Remnants

Dragon's Daughters

Tits on Fire

Ad Patres

A Brief Introduction to Human Experiments

SOEN + GHOST IRIS + WHEEL - Backstage By The Mill - Paris

Kamel / 20/04/2019
Backstage By The Mill

Orphaned Land + Subterranean Masquerade

RBD / 18/04/2019
Folk Metal

Crippled Black Phoenix I Villingen-Schwenningen

Simony / 16/04/2019
Cold Wave

EVERGREY - Le Gibus - Paris

Kamel / 15/04/2019
Evergrey

LA CAVE : une sélection d'albums Metal Extreme #1

Jus de cadavre / 02/04/2019
Metal Extrême

Concerts à 7 jours

Photo Stream

Derniers coms

Bonjour, moi aussi j’ai été arnaqué de plus de 178.000 euros, je l’ai rencontré sur Meetic un site de rencontres, il est parti soi-disant en Côte-d’Ivoire à Abidjan pour travailler (photographe), il vit dans un hôtel, et bien sûr il s’est fait agressé en sortant de cet hôtel, plus (...)


Ah oui, quand même...


De la dentisterie au marteau piqueur ! Un bonheur !


RIP grand musicien.


Bah c'est une pochette de Prog quoi...


Cette pochette est comment dire ... ... ...


C'est une histoire de dingue là... Je comprend pas trop le but de ce genre d'arnaque en fait... C'est pas en vendant 3 albums de groupes totalement underground qu'on fait du fric bordel !?


Une plus grande exposition à l'internationale tout simplement. Si ça marche, l'aspect financier suivra mais ce ne sera qu'une conséquence indirecte. La médiatisation prime avant tout. Pour ce qui est de leur revendication comme tu dis, si tu regardes les commentaires de cette new sur leur facebo(...)


Sans compter le fait que les mecs de Metal Bastard Enterprises (Oliver et ralf Schaffelhuber) sont ceux qui ont fait le célèbre label rip off Turbo records/Turbo Music ! mais aussi Braincrusher records, Metal age, sont aussi ceux qui ont fait un label qui sortait des groupes de RAC néo nazi nom(...)


Oui Goughy, ce sont clairement des classiques, c'est indiscutable.
Loin de moi l'idée de descendre les albums qui ont précédé ce Russian.
Je voulais dire que les journalistes avaient un peu eu tendance à les faire passer pour les "seuls" classiques des allemands. Et c'est vrai qu'Ac(...)


Je suis bien content que quelqu'un aie pu y aller. Je suis encore vert que la date dans le Midi ait été annulée deux jours avant, je la guettais depuis des mois, réservation et tout... C'est la deuxième fois que je rate Soft Kill notamment sur annulation.


Quelque chose m'échappe totalement dans la démarche : ils ont toujours revendiqué d'être "à part" et là ils signent sur un label impersonnel. Il va falloir qu'ils m'expliquent ce qui a pu les motiver à quitter un label aussi pointu que Prophecy, hormis de basses considérations financières.


Je n'ai jamais vraiment écouté Accept, à part Balls... et encore, (je ne sais même pas vraiment pourquoi en fait... c'est pas ma génération on va dire...), mais vos coms de passionnés donne envie de s'y pencher un peu plus sérieusement.


Eh ben merci à Metalnews et à toi Monsterman, vous relancez un débat que j'ai avec moi même et quelques amis sur la place de cet album dans la discographie d'Accept (avec Udo hein, restons sérieux).
Pour l'instant il est derrière le quatuor indiscutable (j'ajoute "Breaker" aux trio que t(...)


En me relisant, je me suis mal exprimé : je voulais dire que j'ai fait écouter cet album il y a 4 ou 5 ans à un vieux fan de Heavy qui était totalement passé à côté... eh bien il avait pris SA CLAQUE ! Voilà le souvenir qui revient. :-)
un album qui a sacrément bien vieilli !


Sans doute le meilleur Accept. Le plus mur, le mieux produit...
des textes monstrueux et bien plus affutés que chez la concurrence (lisez attentivement ceux de "Heaven is hell" ou "TV War")...
cet album est un must à écouter à fort volume ! Tuerie de prod !!
Souvenir d'un pote (...)


Jamais accroché à ce groupe... Et ce n'est pas leurs dernières productions qui ont pu me faire changer d'avis. Néanmoins, très chouette live-report ! Bienvenue Kamel ! :-)


Groupe vu sur la tournée d'In Search of Truth, depuis je trouve que le groupe tourne en rond se reposant trop sur la voix exceptionnelle de son chanteur. Mais en live si je peux les revoir... j'hésiterais pas une seconde.
Bienvenue à Kamel !


Bienvenue à Kamel dans l'équipe!


Je pense que ça vient du fait que le groupe "travail" (ils sont payés quoi) et que c'est donc un visa particulier qu'il faut et non un simple visa touristique. En fait si j'ai bien compris il n'y a pas eu de refus de visa mais un retard (c'est très long les délais apparemment) et du coup le grou(...)