Il y a des albums, et des histoires qui se cachent derrière. Bien sûr, pour qui s’intéresse de près à la musique sait qu’une œuvre ne sort pas de nulle part, et que tous les albums mythiques reposent sur une légende, mais plus prosaïquement sur un travail de fond, un contexte, une période historique ou bien quelques simples anecdotes. A tel point qu’il est parfois difficile de séparer l’œuvre de son contexte, telles les douze heures d’enregistrement en direct du premier LP des BEATLES, de la gestation en solitude schizophrénique de Pet Sounds, de l’exil français d’Exile on Main Street, en passant par la volonté de perfection d’Hotel California et de l’introspection américaine de The Joshua Tree. On pourrait d’ailleurs passer des heures à raconter tout ce qui s’est passé, mais tout ça ne ferait pas oublier le plus important : la musique qui en a découlé. Et l’enregistrement du premier album original des LILIAC aurait certainement de quoi fasciner les plus perméables à ce genre de conte, bien que ce premier LP professionnel cache un background beaucoup moins exotique mais éminemment sympathique. Car loin d’être le rassemblement de musiciens épars s’étant rencontrés au détour d’un casting ou d’une petite annonce, ou de l’alliance de vieux potes de lycée, LILIAC est plutôt du genre repas de famille autour d’une jam improvisée, puisque les cinq membres du groupe sont aussi cinq membres de la même famille. Gimmick quand tu nous tiens…Mais après tout, les groupes familiaux ne sont pas nés d’hier, en témoignent les SHAGGS, les HANSON et des centaines d’autres exemples, qui sortent du cadre strict du Hard Rock. Il nous fallait donc trouver notre exemple à nous, que nous n’avons pas demandé mais qu’on nous a servi sur un plateau en direct de Californie. Et s’il parait presque logique que cette histoire ait émergé de là-bas, tant cet état a donné naissance à bien des fables et autres merveilles, il convient quand même de juger du potentiel du groupe en question en faisant abstraction de son lien de sang.

Mis sur pied par Floren Cristea aka Chriss Floren, producteur de son état qui a placé quelques chansons au générique de programmes nationaux connus, LILIAC est l’archétype du projet qui séduit sur papier, mais beaucoup moins sur CD. Et pourtant, autant l’avouer et risquer de se laisser happer par la hype, Chain of Thorns en tant que première œuvre originale tient admirablement bien la route, malgré son cachet « concept pour télé-réalité » qui lui colle à la peau. Il faut dire que la famille est très active sur les réseaux sociaux, qu’elle alimente de moult péripéties, dont une participation au NAMM et surtout, une implication dans une émission culte animée par Drew Barrymore, Faith Hill et RuPaul, The World’s Best, sorte de télé-crochet pour talents extraordinaires, dans tous les sens du terme. Il semblerait d’ailleurs que les américains se soient pris de passion et d’affection pour cette famille pas comme les autres, suivant le groupe en concert et commentant la moindre de ses publications…Il faut dire que les cinq gamins sont plutôt mignons, qu’ils jouent bien, et qu’ils sont assez convaincants dans leur rôle de Metal Family, le genre de truc qu’on ne peut voir qu’outre-Atlantique, pays très friand de ce genre de success-story. Et c’est ainsi que depuis le mois de janvier, vous avez le loisir d’apprécier ce Chain of Thorns qui vous a offert pas moins de six compositions originales, ce qui a permis à la fratrie de s’éloigner enfin du répertoire de covers qui fut longtemps son pain quotidien. Car leur réputation s’est bâtie autour de versions très personnelles de classiques comme « Wild Thing », « I Love Rock n’Roll », « Somebody To Love », « Enter Sandman » ou « Hit Me With Your Best Shot », ce qui en faisait un peu des Rock of Ages version sitcom nationale, et ces six morceaux, plus inspirés, sont donc tombés à point pour renouveler le concept et le transposer dans une dimension plus créative.

Mais pour ceux qui auraient manqué le coche et raté un épisode, à quoi s’attendre de la part de cet EP ? A du Rock évidemment, et plus exactement du Hard Rock, à la lisière d’un Heavy Metal traditionnel tel qu’on le conçoit aux USA de nos jours. C’est ainsi que les mignons Samuel, Abigail, Melody, Ethan et Justin nous déroulent le tapis rouge des décibels pour tenter de nous convaincre du bien-fondé de leur réputation. Et je dois avouer que malgré le côté fairytale from USA de toute l’affaire, je me suis laissé séduire par ce Rock qui ne manque pas de mordant, et porté par des instrumentistes plus que capables qui n’ont pas grand-chose à envier aux grandes références. Au menu, des chansons musclées qui ne perdent pas de temps, et qui ont certainement profité de la grande expérience du papa qui a dû mettre son nez et ses mains dans la composition. On retient donc une pluralité de ton, et surtout, une production très pro, qui ne lèse personne, même si parfois le chant semble un peu trop en avant. Les capacités individuelles sont notables, mais c’est la cohésion d’ensemble qui frappe - liens familiaux obligent - et ces six morceaux sont autant de hits potentiels dont les médias se repaîtront avec délice. Ça commence avec l’explosif « Chain Of Thorns », fer de lance de ce nouveau catalogue, qui ose la syncope pour mieux nous prendre à revers d’un refrain explosif. Le chant, partagé entre rugissements virils et feulements plus nuancés prend aux ouïes, et si les riffs se contentent souvent du minimum classique syndical, les arrangements vocaux comblent les vides, alors que la rythmique se contente souvent de maintenir le cap sans chercher les fioritures. « Not Afraid » ne dément pas la bonne impression, et boogise en moins de trois minutes pour nous agiter les petons façon sudiste béton. « Dancing In The Dark » joue un peu plus l’émotion, et dévoile un chant fragile, qu’un background presque Post-Grunge enjolive de sa délicatesse. Mais le refrain hot & spicy a tôt fait de remettre la machine sur les rails et de nous obliger à headbanguer.

On pense évidemment à des multitudes de références qu’il est inutile de nommer ici, tant le background du groupe a été étalé pendant de nombreux mois sur la place publique. Mais ce Metal bien dans son époque qui ne rechigne pas à caresser le Rock des années 80 est terriblement séduisant, spécialement lorsqu’il se frotte sans se piquer à l’AOR le plus musclé (« Mars », my personal favorite, si vous le permettez...). Conscients de ne rien révolutionner sur la planète Rock, les gamins jouent crânement la carte du plaisir coupable, et frappent fort, avec « Mythical Creature » qui pourrait presque se voir comme un salut adressé aux ALTER BRIDGE. Et comme la bande termine sur les chapeaux de roues d’un « Hit The Lights », moins sauvage et essentiel que son homonyme des autres californiens, le bilan est plus que probant, et mérite l’attention suscitée par le concept. Et de fait, LILIAC s’en éloigne avec ce Chain of Thorns pour se rapprocher d’un vrai groupe et pas seulement d’un coup de pub malin élaboré par un père fier de son engeance. Quant à savoir si l’aventure durera plus d’une émission de télé, je ne saurais dire, mais je souhaite à ces enfants de s’amuser encore le plus longtemps possible, puisqu’ils nous offrent beaucoup de plaisir en s’en faisant.         


Titres de l'album :

                          1.Chain Of Thorns

                          2.Not Afraid

                          3.Dancing In The Dark

                          4.Mars

                          5.Mythical Creature

                          6.Hit The Lights

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par mortne2001 le 04/04/2019 à 17:58
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Atmospheres of Desolation

Gods Forsaken

Smells of Death

Mass Destruction

Panic Button

Vigilance

Enter The Endless Abyss

Conjurer

Sigils

Pagan Altar

Judgement of the Dead

Coventrate

Roots of all Evil

Ember

Ember & Dust

Towering

Obscuring Manifestation

Calamity

Kairos

Deathspell Omega

The Furnaces Of Palingenesia

Pectora

Untaken

Warchest

Sentenced Since Conception

Sangue

Culś

Wormwitch

Heaven That Dwells Within

Wings Of Decay

Crossroads

Ares Kingdom

By the Light of Their Destruction

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