Slizard

Slizard

28/05/2021

Mega Metal

Il y avait fort longtemps qu’un groupe de L.A n’avait pas chatouillé mes oreilles de son Hard-Rock made in Sunset Strip. Mais ne vous fiez pas trop vite à cette étiquette accolée pour le principe, puisque les SLIZARD et leur patronyme bizarre sont tout sauf la dernière attraction Glam à la mode, et joueraient plutôt un habile cocktail Hard n’Heavy solide, mélodique, et puissant. Premier album autoproduit, mais distribué par la branche Mega Metal du label canadien Maple Metal Records, cet éponyme se montre donc généreux avec ses quinze morceaux et son heure de jeu dépassée, mais le groupe avait des choses à dire. Après tout, lorsqu’on vient de Los Angeles et qu’on pratique un Metal aux refrains entêtants, l’héritage est lourd à porter et les comparaisons lourdes de conséquences.

Formé en 2019, SLIZARD se compose de trois fortes individualités. On retrouve au casting du combo la chanteuse Liz Fawcett, le guitariste/bassiste/choriste Pat "Buzz" Belrose et le batteur Todd "Toad" Resmen, trio en parfaite osmose et connaissant parfaitement sa direction musicale. Relativement connus sur la scène de L.A, ces musiciens n’en restent pas moins de parfaits inconnus pour le grand public Metal, mais leur entourage fameux les aidera certainement à propager leur bonne parole. Avec un album produit par Chris Wood, nommé trois fois aux Grammy Awards pour avoir travaillé avec des institutions comme Slash, Lenny Kravitz, ou Vivian Campbell, et un mastering signé Chris Crerar aux Metalworks Studios (GUNS N' ROSES, RUSH, TRIUMPH) de Toronto, Slizard avait donc toutes les armes en main pour s’imposer par la séduction et non la force. Avec un guitariste/compositeur de la trempe de Pat "Buzz" Belrose qui fut en son temps membre du groupe canadien JADE (deux albums estimables dans les eighties), SLIZARD n’était donc pas qu’une assemblée de jeunes loups ou de seconds couteaux sur le retour. Et en écoutant les quinze morceaux de ce premier long, on comprend que le métier combiné à une rage de jouer donne le meilleur résultat possible, spécialement lorsqu’on dispose d’une chanteuse aussi versatile que Liz Fawcett, capable d’aborder tous les registres, et de passer sans peine d’une intonation rauque à la Doro/Ann Boleyn à un feulement sensuel à la Par Benatar.

La chanteuse n’a donc aucun mal à s’imposer dans ce déluge de riffs tous plus incendiaires les uns que les autres. Si la guitare de Pat fait feu de toutes cordes, celles de Liz dominent le feu d’artifices géant, parvenant à plaquer une ambiance presque Pop sur un tapis de licks méchants comme des teignes (« Crack the Whip », l’un des plus Heavy et catchy du lot). Aidés par une production énorme aux graves brillants, les trois musiciens s’en donnent donc à cœur joie, et passent en revue toutes les possibilités Hard et Heavy de ces trente dernières années. On croit reconnaitre un peu de MÖTLEY des nineties dans « Skinmaker », mais aussi du PARAMORE, et le voyage proposé par SLIZARD est aussi joyeux et mouvementé qu’un trip sur la mythique Route 66.  

Le fan de Hard festif et subtilement mélodique des années 80 sera aux anges, mais l’accro au Metal le plus rude ne sera pas en reste lui non plus. Car lorsque le trio augmente la pression et verse dans le Heavy saignant, il ne fait pas semblant, mais trouve toujours un arrangement pour se détacher d’un classicisme trop formel (« Watch N' Listen », et cette voix enfantine inquiétante et sucrée). Du coup, le tracklisting se montre suffisamment varié pour ne pas lasser, et lâche même quelques hymnes facilement mémorisables de par leurs refrains totalement addictifs et parfois légèrement horrifiques (« Vampire Zombies »).       

Et plus on avance dans l’album, plus on se rend compte que les SLIZARD ont trouvé le compromis parfait entre Hard radiophonique et Heavy vraiment agressif, juxtaposant parfois les deux pour chatouiller l’acoustique de quelques riffs bien velus (« Runnin' Towards the Zombies »). Sans s‘éterniser, mais en prenant parfois leur temps, les trois musiciens osent donc des choses prévisibles, d’autres beaucoup moins, jouant avec le tempo en capitalisant sur l’inventivité et l’énergie d’un batteur qui ne fait pas semblant de cogner (« Neverland »). Et si leur agence de promotion évoque les noms d’IRON MAIDEN, OZZY, SCORPIONS, UFO, DIO, DORO, ou HALESTORM pour attirer les fans éventuels, c’est certainement pour insister sur ce côté féroce qui reste la trademark du trio.

Excellent dans tous les domaines, SLIZARD s’essaie même à l’exercice périlleux de la power-ballad Post-Grunge, suivant les traces d’ALICE IN CHAINS sur « Down By the River », mais aussi celles de SKIDROW. Le meilleur des deux mondes donc, pour un groupe qui n’est pas resté coincé à l’heure de gloire du Hard made in L.A, et qui reste parfaitement conscient des impératifs de son époque. La fin de l’album se plaît donc à moduler le propos, en essayant es choses moins immédiates, et en rallongeant le temps de jeu. Cette diversion de fin offre donc à l’album un épilogue savoureux, plus sombre, mais aussi plus mélodique d’un autre côté, avec de vraies réussites comme ce lourd et plombé « Spooks In the Trees » qui n’est pas sans rappeler « Holy Diver », repris par la DORO des nineties.

De l’autre versant de la colline, on trouve « Broken Dreams », plus subtil et acoustique, et surtout, « Will You Still be There » au parfum étrangement celtique et à l’ambiance éthérée. Mais les SLIZARD ont eu la pertinence de clore les débats sur un burner plus franc, nous laissant trépidant sur le rapide et concis « Slow Motion Suicide ». De l’intelligence dans la composition, de la sincérité dans l’interprétation, ce premier album appelle à une grande carrière pour les californiens, qui pourraient bien être la next big thing en provenance de L.A.

           

                                                                                                                                                                                             

Titres de l’album:

01.  Monsters

02.  Mr. Hyde

03.  Caught Up in the Gears

04.  Crack the Whip

05.  Skinwalker

06.  Watch N' Listen

07.  Vampire Zombies

08.  Runnin' Towards the Zombies

09.  Madness of the Queen

10. Neverland

11. Down By the River

12. Spooks In the Trees

13. Broken Dreams

14. Will You Still be There

15. Slow Motion Suicide


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par mortne2001 le 07/01/2022 à 15:17
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Ils nous enterreront tous ces cons là ! Même Drucker fera pas le poids !

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foja

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J'avoue qu'elle est pas de moi, c'est Jus de cadavre qui avait proposé ce style pour SCORPIONS et j'ai trouvé que ça leur allait bien

19/01/2022, 18:10

pierre2

"Never Retired Hard Rock Masters, Allemagne"J'avoue, j'ai ri - merci !

19/01/2022, 15:11

Humungus

Merci grin.(sic)

19/01/2022, 13:36

grinder92

@humu : tu cliques sur le tag "Druid Lord", ça te proposera cette chronique et également celle-ci : http://www.metalnews.fr/chroniques/grotesque-offerings 

19/01/2022, 10:35

Simony

C'est un des groupes dont j'attends leur nouvel album, le titre partagé m'avait beaucoup plu, à creuser car la chronique donne clairement envie.

19/01/2022, 08:12

Humungus

Comment fait-on pour retrouver ta chronique de leur deuxième galette ?

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Merci Gargan, c'est corrigé.

18/01/2022, 14:32

Gargan

C'est leedET. Suis curieux d'écouter les autres titres, en espérant qu'ils gardent l'urgence de l'extrait mis en avant. Aucune info sur le line-up, mis à part le type de mare cognitum au chant.

18/01/2022, 10:32

Simony

Idem pour moi Eyziel, pas convaincu du tout de ce second extrait. A voir dans la globalité de l'album comme tu dis.

18/01/2022, 08:02

Simony

Ben moi je prends cette idée. Ils l'avaient fait pour A Matter Of Life And Death et c'était vraiment bon. Et comme ce dernier album me plait beaucoup... why not ? Reste à savoir si la date de juin à Paris aura bien lieu...

18/01/2022, 08:01

eyziel

Je l’attends énormément mais je ne suis pas super convaincu des morceaux dévoilés, surtt dark horse. Après on verra un album de Messa ça s’écoute d’une traite. 

17/01/2022, 22:48

Jus de cadavre

Je l'ai trouvé efficace mais très impersonnel. La prod générique au possible y est pour beaucoup.

17/01/2022, 19:13

LeMoustre

Il est très bien ce titre.

17/01/2022, 17:37

Goughy

Le saviez-vous ?2 morceaux (le 1 et le 11) se trouvent sur aussi l'album de reprises d'Helloween "Metal Jukebox"Je ne sais qu'en déduire : influence majeure de ces morceaux sur la scène heavy/speed ? ou perception "différente" (...)

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