Le monde est pourri, les gens sont méchants, il ne fait pas beau et les élections européennes n’augurent rien de bon. J’ai encore mangé un plat surgelé, les infos filent le bourdon, mais pourtant, il reste de la place quelque part pour les belles histoires. Et vraies par-dessus le marché. Tenez, prenez celle de BK Morrison, le mec poste des vidéos de lui, chantant dans sa salle à manger, et un jour, Tommy Denander (compositeur, guitariste et producteur ayant travaillé avec des pointures comme Michael JACKSON, KISS, Alice COOPER, DEEP PURPLE, ANASTACIA ou encore Ricky MARTIN) lui demande de le rejoindre à Stockholm pour lui faire essayer des compositions taillées sur mesure. Flatté par cette attention, le flamboyant chanteur s’envole donc pour Stockholm, pénètre les halls célèbres des studios EMI suédois, et enregistre son premier album avec des featurings fameux. Difficile d’y croire, et pourtant, c’est bien ce qui est arrivé à ce modeste vocaliste à l’organe puissant, qui du coup s’est retrouvé à la tête d’un des projets les plus excitants du moment, de ceux que les italiens de Frontiers pourraient envier…Et c’est sur le label anglais Escape Music que sort donc le premier album de TUG OF WAR, homonyme d’une excellente chanson de Sir McCartney, que tous les amateurs d’un Hard Rock racé, puissant et mélodique ne manqueront pas d’encenser…Et pour cause, puisque malgré le défaut de professionnalisme de la carrière de ce cher BK, ce premier LP respire la joie de vivre et de jouer par tous les pores, nous offrant le tableau hétéroclite d’un Rock décomplexé, truffé de mélodies et débordant d’envie, de ceux qui lancent une carrière pour l’éternité…

Outre ce cher BK au chant, et Tommy à la guitare et aux claviers, on retrouve au casting du groupe Brian Anthony et George Hawkins Jr. à la basse, Billy Orrico à la batterie, mais aussi des choristes fameux, dont Chris Ousey (HEARTLAND / SNAKECHARMER), Bill Champlin (CHICAGO) et Joseph Williams (TOTO), ce qui indique que le très estimé Denander a dû tourner les pages de son carnet d’adresse. Mais comment aurait-il pu en être autrement avec une voix pareille ? Car avec ses intonations à la David Coverdale, BK Morrison se présente comme un futur grand du micro, et survole de ses capacités les exigences techniques de son guitariste/compositeur/nouvel ami, qui pour l’occasion lui a travaillé une partition sur mesure, à base de Rock dur, d’AOR sûr, de swing mur, pour finalement proposer douze morceaux aussi solides que variés, qui puisent dans le passé du Hard Rock mélodique de quoi abreuver son présent. Avec une production parfaite, symptomatique du travail habituel de Tommy, Soulfire a de faux-airs de classique immédiat du Hard Rock au même titre que 1987, Tooth and Nail, Double Eclipse et tout autre chef d’œuvre du genre, ne lassant jamais, et restant cohérent tout en explorant pas mal de possibilités. Et puisqu’il ne faut jamais rester sur une première impression, ne pensez pas que « Before I Will Know » soit le plus parfait représentant de ce premier long. Cette introduction tremblante d’un AOR fiévreux n’est qu’une mise en bouche sucrée mais délicieuse, et permet de ses claviers trépidants de rentrer en souplesse dans un univers beaucoup plus rugueux qu’il n’en a l’air. Ses sonorités du TOTO de l’orée des nineties auront de quoi faire fondre les accros au groupe de Joseph Williams, qui ne s’est guère trompé en apportant sa caution à ce travail. On sent dès les premières mesures que BK s’est senti comme un poisson dans l’eau dans le tableau que Denander a brossé, modulant sa voix tout en la laissant s’exprimer à plein régime, habitant un refrain taillé pour les charts histoire d’atténuer des couplets rudes, mais bien repassés.

« Bullet With Your Name », de son agressivité polie, remet les pendules à l’heure. BK et Tommy n’ont pas l’intention de jouer les gentils, et le font savoir avec un morceau qui aurait pu figurer sur les meilleurs WHITESNAKE, mais aussi les incunables de WINGER. C’est bien évidemment toujours aussi mélodique, mais la guitare mord, griffe, et le refrain explose enfin de son exubérance pour nous délivrer d’une tension palpable. Du travail d’orfèvre, une constante pour Tommy, qui décidément n’est pas prêt de s’adonner à la facilité. Entre Classic Rock et prétentions plus amplifiées, Soulfire joue sur du velours et nous pare de soie, tâtant de la nuance bluesy pour confirmer l’analogie avec Coverdale mais aussi Lukather, et le shuffle « Come Home » de rappeler les errances romantiques de David, mais aussi les confessions impudiques d’Alannah Myles (qui a pu oublier le suintant « Black Velvet » ? Pas eux visiblement…). En trois titres à peine, TUG OF WAR passe du projet un peu fou en forme de caprice à un groupe tangible aux aspirations viables et variables, et « Confess To Your Demons » de confirmer cette impression d’un riff groovy en diable et d’une rythmique plus chaloupée que la moyenne. Décidément plein d’assurance, BK nous enchante de ses vibrations, de ses respirations, et semble assumer un passé qu’il n’a pas connu pour se hisser au niveau des plus grands. Peu importe alors que nous ayons franchi la frontière entre Rock et Hard Rock, puisque le tout est crédible, plaisant, et surtout, peaufiné dans les moindres détails.

Le gros avantage de ce premier album, est d’offrir une sorte de synthèse entre hier et aujourd’hui. S’inspirant clairement du timbre de son interprète, Tommy a donc choisi de tracer un trait d’union entre les glorieuses eighties et leurs accroches hautement négociables (« Have Mercy », WHITESNAKE encore), les nineties les plus bluesy mais radiophoniques (« My Soul Is A Ghost Town »), et la vague nostalgique actuelle (« I Won't Surrender », encore un tube que Kip WINGER aurait pu chanter avec foi et honnêteté). Et si la fin du chapitre nous réserve des douceurs plus fondantes au palais, avec une triplette de chansons qui ne feraient pas honte au panthéon AOR, le tout est frappé du sceau de la hargne, de l’énergie et de l’envie, survolant trente ans de Hard Rock mélodique de légende pour en livrer sa propre interprétation. Et au-delà de la découverte du talent énorme d’un chanteur dont on risque fort d’entendre parler encore longtemps, la qualité intrinsèque de ce Soulfire se passe très bien de gimmicks, offrant une âme à une musique qui nous frappe en plein cœur. Les belles histoires se finissent parfois bien, et les chanteurs amateurs sortent parfois de l’anonymat, pour peu que le destin leur donne un coup de pouce. Et celui donné par Tommy à BK était totalement justifié.  


Titres de l’album :

                       1. Before I Will Know

                       2. Bullet With Your Name

                       3. Come Home

                       4. Confess To Your Demons

                       5. Fade To Black

                       6. I Won't Surrender

                       7. Have Mercy

                       8. My Soul Is A Ghost Town

                       9. On The Other Side

                      10. Somewhere In The Past

                      11. Walk It Like A Man

                      12. Full Of Shit

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par mortne2001 le 22/07/2019 à 17:44
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Putain, mais c'est encore plus merdique qu'avant. Ou comment progresser dans la médiocrité.


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Je rejoins aussi ton avis, me souviens encore de leurs débuts, c.était même pour ma part difficile d'avaler un album au complet d'une esti shot. Conqueror aussi dans le même chariot.


Pas mal du tout ça !
La production est excellente, très organique, proche d'une captation live mais restant fine et précise ! Ca promet.


L'artwork est l’œuvre d'un certain Jibus


Intéressant, on pourrait savoir qui a fait l'artwork? il est magnifique et je trouve dommage que les crédits des artistes ne soient que rarement mentionnés alors que c'est eux qui fournissent le contenu.


Tu nous feras deux pater et trois avé en pénitence.


J'avoue avoir utilisé la désignation d'Encyclopaedia Metallum sans chercher à vérifier tellement j'ai confiance en ce qui y est mis habituellement.


Dimmu Borgir en PLS ! Impressionnantes les orchestrations, et pourtant je ne suis vraiment pas client de Black sympho !


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Effectivement pire mascotte de tous les temps.
Elle porte un nom je crois d'ailleurs mais je ne sais plus lequel...


Bien plus Grunge que Sludge Doom ce truc...


Excellent groupe, avec un son en avance, des putains de riffs et la plus horrible mascotte qui soit.


pas le 27 Avril mais c est le 17 Avril voir site;
https://wickedmetalreview.wixsite.com/wickedmetalreview/post/reptilium-adrenochromacy?fbclid=IwAR3mQiBqH-HFePj2K1w3WrzchVjL2mABPa-drsZ2slIrmbxKotYt1qe3r6g


Ah, effectivement : la pochette est terrible !!


merci pour ton report
Je n'ai pas pû me déplacer pour cette affiche monstrueuse, ce qui rend la lecture douce et cruelle à la fois.


Un produit plastique crée de toutes pièces, sasns identité ni âme. Merci Nuclear Blast de cracher sur le patrimoine.


Seul le premier album était excellent, les 2 autres dont celui-ci de moins en moins bons.