Split 7’’

Woorms, A Hanging

16/06/2018

Paranoize Records

Chronique express, parce que lorsque c’est chaud, le temps presse. Choix du soir d’un split plein d’espoir, et qui mérite sa présence dans ces colonnes pour plusieurs raisons. D’une, parce qu’il est bref, mais bon. De deux, parce qu’il permet un survol très rapide de la scène de Louisiane, version NOLA, mais pas que, et loin de là. De trois, parce qu’il oppose deux factions aussi radicalement différentes que malicieusement complémentaires, et de quatre, extension du trois, parce que les deux groupes qui s’y expriment sont d’importance, et recoupent bien les informations disponibles sur l’underground local. New-Orleans, et Baton Rouge pour deux ensembles qui évoluent séparément mais côte à côte, et deux visions de l’extrême aussi fascinantes l’une que l’autre. Mais versons un peu dans le détail histoire que vous en appreniez un peu plus. Le label Paranoize vous offre donc en ce mois de juin débordant d’intempéries intempestives un autre déluge, mais de plomb et de sueur cette fois, en vous présentant une partie émergée de son catalogue. A gauche, les WOORMS, spécialistes de la cause Sludge nauséeux, et à droite, A HANGING, érudits de la question crossover, qui chacun dans leur coin font évoluer les choses à leur manière. Si les WOORMS sont encore assez verts en termes de lourdeur oppressante, les A HANGING profitent d’une expérience de plus d’une dizaine d’années pour nous fédérer à la cause Thrash/Hardcore, mais les deux gangs permettent à ce court split d’être d’importance, malgré les neuf petites minutes au compteur.

Vous aurez donc droit en achetant ce simple à quatre morceaux, un massif, et trois assez peu lascifs, et surtout, à une épiphanie de créativité et de violence. D’abord direction New Orleans, et rencontre avec Joey Carbo (guitare, chant, bruits), John Robinson (basse/chant) et Aaron Polk (batterie), pour une collision improbable entre la moiteur de l’esprit NOLA et l’écrasant désespoir de la scène Sludge. Prônant une lenteur de circonstance, ces adeptes de la cause compacte se déclarent assez proches des JESUS LIZARD, SWANS, MELVINS, HELMET, FAITH NO MORE, WHORES, INTER ARMA, et SOUNDGARDEN, sans vraiment singer l’un ou l’autre, mais en synthétisant leur démarche avec beaucoup de pertinence. De la graisse donc, méchamment étalée sur le manche, qui glisse le long d’accords lourds et sourds en lancinance, pour une œuvre qui évite le piège de la redondance et de la contemplation à outrance. Les WOORMS lui préfèrent l’action, même s’ils la mènent à leur rythme, assez lent, mais dans le genre MELVINS meets DOWN, « The Math Says, Yes » se pose là, et bien là. Son gigantesque, chant caverneux, pour une visite guidée des bas-fonds de l’état, en bonne compagnie, mais sans garantie de retour. Et inutile de préparer la monnaie pour remercier le factotum, puisqu’il est déjà parti se confectionner un flight-case en peau d’alligator. C’est court, puisque cinq minutes seulement nous retiennent, mais après écoute du morceau en question, je parie mon caleçon que la plupart d’entre vous seront déjà allés consulter le reste de leur (petite disco). Et comme quelques autres simples, EP et démos la constellent, vous devriez trouver matière à prolonger le trip.

Les A HANGING ne font guère mieux niveau chrono, mais jouent beaucoup plus vite. Si leur label se plaît à les réserver aux fans de SLAYER, D.R.I., S.O.D., VOIVOD, BAD BRAINS, ou CRYPTIC SLAUGHTER, c’est sans conteste plus pour une facilité de classement que pour une véracité de traitement. En fait, voyez en leur musique avant de l’avoir écoutée un raccourci entre des EYEHATEGOD vraiment énervés et un AGNOSTIC FRONT des 80’s méchamment agacé, le tour traité façon Speedcore du sud des Etats-Unis donc bien velu et salement uni. Ayant démarré leur carrière en 2007, Scott "Scorilla" Walle (guitare/chant), Bobby"Paranoize" Bergeron (basse) et Billy Bones (batterie) ont donc largement eu le temps de roder leur répertoire, et de peaufiner leur trajectoire. Ils ont d’ailleurs publié nombre d’œuvres assez intéressantes, auquel ce split vient se rajouter. N’ayant pas changé d’un iota leur approche violente, ces trois musiciens beaucoup plus fins qu’il n’y parait se complaisent dans un très intéressant mélange de vague NOLA et de Thrash New-yorkais, un peu comme si les défunts CARNIVORE de feu Peter Steele avaient croisé le fer avec les CROWBAR. Les trois morceaux qui leur sont alloués passent donc très vite, mais donnent aussi vraiment envie d’en savoir plus sur eux, et d’essayer de percer le secret de ce son si dense et de ces riffs aussi métalliques que nerveux. Dommage qu’un peu de rab’ ne soit pas disponible, mais on espère vraiment les retrouver bientôt en version longue-durée, ce qui au vu de leur productivité ne devrait guère tarder.

Un 7’’ qui excuse donc sa brièveté par sa densité, et qui mérite sincèrement d’être promu, et pas seulement à cause de son aspect « carte postale des égouts de Louisiane ». Deux groupes tout sauf anecdotiques, pour un petit morceau d’underground éthique qu’on respire à pleins poumons. Et qui les laisse dans un sale état d’ailleurs…                                                        

  

Titres de l'album:

                       Side A

                             1. Woorms – The Math Says, Yes

                       Side B

                             1. A Hanging – Graft

                             2. A Hanging – Document

                             3. A Hanging – Winter

Woorms Site officiel

A Hanging Facebook officiel


par mortne2001 le 25/06/2018 à 18:18
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