Sérieusement, combien de fois vous a-t-on fait le coup du groupe grimé, maquillé, masqué, censé révolutionner la musique avec une philosophie à part ? Hum ? Des dizaines de fois, et en restant cantonné au monde du Metal, les exemples sont légion, sans avoir besoin de remonter à DEVO, KRAFTWERK et d’autres. Tiens, une liste vite fait, et non exhaustive, et surtout pas chronologique. KISS, LORDI, GWAR, MUSHROOMHEAD, SLIPKNOT, et évidemment GHOST, avec leur cortège de pseudos, de gimmicks visuels, et de qualités intrinsèques discutables ou non, mais avec en filigrane cette envie que l’image et le son soient en adéquation. Et lorsque la musique est bonne, le package est rentable (dans les cas de KISS, SLIPKNOT et GHOST tout du moins), mais lorsqu’elle ne sonne pas, le deal devient foireux, et on se retrouve avec des musiciens clowns qui n’amusent pas la galerie bien longtemps, et qui ne deviennent viables qu’en concert, pour peu qu’ils sachent au moins manier leur instrument. Et c’est pour cette raison, ou d’autres, que je me méfie toujours quand je vois débarquer des gus peinturlurés, fiers de leur astuce et persuadés de combiner la force du visuel et l’impact de la musique. Mais lorsque la dite musique et le dit groupe sont promu par une boite aussi respectable qu’Indie Recordings, un de mes labels préférés dont je guette chaque sortie, la méfiance n’est plus forcément de mise. Appelez-ça une confiance aveugle, peut-être déplacée, mais n’ayant que rarement été déçu par les sorties des norvégiens, je préfère suivre leur avis et me ranger du côté de l’inédit et de la surprise. Et celle provoquée par l’une de leurs dernières signatures, les nationaux de THE NEW DEATH CULT est du genre médium au départ, mais grandit en vous au fur et à mesure des écoutes. Des Death Cults, on en connaît déjà. Celui de Jim Jones, celui de Charles Manson, mais aussi celui des SOUTHERN DEATH CULT, sauf qu’ici, nul ne veut de mal à quiconque, et le but est plutôt d’éveiller les consciences et de provoquer la révolte, une révolte saine et positive, et le message qui va avec. La lumière, la tolérance, et surtout, une bande-son assez étrange pour intriguer, mais largement assez séduisante pour fédérer.

Pour respecter un procédé de promotion délibéré, je livrerai la bio de ce groupe fardé telle quelle. Envoyé sur la planète terre par la Confrérie Démocratique Suprême de Netuluna, située dans la galaxie d’Andromeda, pour mettre fin à la corruption aboutissant à la destruction environnementale, la fausse musique et les fausses idoles, au travers du médium supérieur du Rock, ce quatuor habilement planqué derrière un maquillage élaboré et répondant à des noms/pseudos inévitables (Alpha - guitare/chant, Beta - guitare, Gamma - basse et Delta - batterie, merci l’alphabet grec) nous propose donc son premier longue-durée, de durée moyenne justement, puisque seulement trente minutes de musique comblent les sillons de ce The New Death Cult. Mais en faisant ce choix de brièveté, le groupe de l’espace à fait le bon, puisque ses chansons faussement simples nous touchent d’autant plus, sonnant comme d’excellentes pop-songs amplifiées d’une distorsion raisonnable, mais suffisamment poussée pour toucher les fans d’un Hard Rock moderne et smooth, mais délibérément ancré dans le passé. Se réclamant d’influences bien terrestres (QUEENS OF THE STONE AGE, BIFFY CLYRO, GHOST, PINK FLOYD), THE NEW DEATH CULT en dépit des gimmicks et accoutrements pérennise un héritage bien nordique à base de crossover entre les styles, et parvient à dresser un pont invisible entre les NIGHT FLIGHT ORCHESTRA, GHOST et ROYAL REPUBLIC, les projetant dans la décennie des nineties et son Desert Rock aride devenu ici incroyablement fertile. Du Stoner moderne et radiophonique ? C’est un peu la combinaison proposée par les norvégiens, qui usent de codes établis pour mieux les détourner, et faire épouser à des mouvements les courbes les plus galbées, pour aboutir à un mélange non unique, mais délicieux et savoureux, à base d’édulcoration gentille et dosée, pour mieux fricoter avec la Pop et le Rock généraliste sans trahir leur propre cause. Laquelle ? Celle d’une musique affranchie de toute contrainte, qui peut se vouloir progressive dans un cadre temporel très restrictif (deux morceaux de plus de quatre minutes seulement), subtilement radiophonique, mais pointue dans les références, mais plus important, fédératrice dans les refrains et les arrangements sans risquer le populisme outrancier et vulgaire. L’école GHOST ? Oui, mais sans en imiter les poncifs les plus pénibles et les dérives les moins évanescentes.

D’ailleurs, la simple écoute d’un morceau de la trempe de « Home » permet de comprendre que ces quatre-là ont tout autant écouté Devin TOWNSEND que JANE’S ADDICTION, et ont également décortiqué les KYUSS et ALICE IN CHAINS. De quoi lier les époques avec un ciment stylistique solide mais souple, et si le single « Light Spills Over » provoque la lourdeur et la redondance d’un pur riff Stoner, c’est pour mieux l’alléger d’une harmonie grand-public et d’un chant simple et légèrement spatial. Evidemment le clin d’œil aux PINK FLOYD est plus conceptuel que formel, mais cette façon de jouer avec les sons pour les transformer n’est pas si éloignée que ça des méthodes du tyran Roger Waters, et lorsque HAWKWIND et NIGHT FLIGHT ORCHESTRA finissent par rallier leurs troupes pour libérer la terre du joug des oppresseurs/formateurs, le résultat est impressionnant et le bilan plus que probant. Je ne vais certainement pas vous faire croire à la révélation de l’année, ce que ce groupe et son premier album ne sont pas. Nous sommes loin d’une épiphanie musicale bouleversant l’ordre établi, mais ces neuf chansons ont un joli parfum de naïveté qui permet de s’y raccrocher, et d’y revenir pour en déceler tous les détails, le travail ayant été très précis. Et parfois, lorsque tous les astres s’alignent, nous assistons à un spectacle assez fascinant, sur « Zeitgeist », qui reprend à son compte le meilleur du synthétisme de NIGHT FLIGHT ORCHESTRA pour l’intégrer à une structure intersidérale à la QUEENS OF THE STONE AGE, le tout sous couvert d’un parrainage presque D.A.D/Sleaze dans le fond de l’espace. Up tempo à la vitesse de la lumière, plus nineties qu’une chemise à carreaux (« True Eyes »), tempête d’astéroïdes Heavy avec percussions sur la coque (« Moon », psychédélique dans le fond mais terriblement Rock dans la forme), et quelques petites choses agrémentant l’émotion de riffs canadiens à la Devin et de psychédélisme Pop à la TEARS FOR FEARS (« The War »), pour une opération sauvetage au plan simple, mais au rayonnement maximal.

Avec un message positif en exergue, et une musique ne l’étant pas moins, THE NEW DEATH CULT impose sa vraie personnalité artistique en marge de ce décorum un peu inutile, et ces chansons addictives font vite oublier ce maquillage tape à l’œil qui pourra détourner l’attention des puristes allergiques aux astuces faciles. Un album varié, mais équilibré, qui ne refuse pas l’évanescence harmonique (« Edel », encore Devin, mais à la norvégienne) et qui séduit progressivement, au point de devenir incroyablement attachant. Sauvera-t-il la terre de ses maux les plus traumatiques ? Pas sûr, mais il permettra au moins d’en oublier la triste réalité l’espace d’un instant.

   

Titres de l’album :

                                1. Light Spills Over

                                2. Zeitgeist

                                3. True Eyes

                                4. Moon

                                5. The War

                                6. Blood Of Babylon

                                7. Colours Of The Mind

                                8. Home

                                9. Edel

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par mortne2001 le 08/09/2019 à 18:06
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