Bonjour, nous sommes les MODERN EYES, nous jouons du Hardcore façon Metalcore qui finalement, ne crache pas sur un brin de Crust et de Mathcore.

J’aurais pu m’arrêter là, et signer la chronique la plus courte et plus concise du monde. Mais tout ça aurait occulté un nom et une pochette intrigants, d’inspiration très eighties pour une musique qui n’a rien à voir avec cette décennie de looks et autre synthés abstraits.

Alors certes, ce second EP des originaires de Montréal (Jean-Philippe Lessard -  chant, Alex Voro et Alex Emard – guitares, Sebastien Girard – basse et Kent Flight – batterie) après Ever Healing Wound en 2015 est largement sous influence Metalcore, mais n’est pas dénué de personnalité, et mérite une analyse un poil plus approfondie.

This Dreadful Hymn Of Perpetual Void, sous son titre abscons évoquant le vide permanent, est au contraire rempli d’idées et de bonnes intentions. Si les musiciens évoquent les sempiternelles influences de CONVERGE, CURSED, NEUROSIS, ils indiquent aussi une certaine passion pour le BM imprévisible des DARKTHRONE, et lâchent quelques noms moins évidents, comme ceux de MORNING AGAIN ou SONS OF ABRAHAM. Le mélange est alléchant, mais le rendu l’est-il autant ?

Parfois oui, parfois non, parfois, on ne sait pas trop.

Ce que j’ignore par contre, c’est dans quelle catégorie les classer, puisque leur Metalcore n’est pas si évident que ça et plus facilement perméable à des inspirations Hardcore et Chaotic Core, tout en gardant une logique et une concision de ton indéniables.

Et comme en plus, le quintette dissémine de çà et là des indices instrumentaux qui nous font perdre le fil d’Ariane (« Prelude To Entropy », cordes et douceur, ça caresse sans paresse), la tâche s’avère plus ardue que prévue, et non résumable en une seule formule lapidaire.

Mais…

Le grand écart n’est pas vraiment préjudiciable aux adducteurs, même si les différences entre les morceaux est clairement patente parfois.

Ainsi, « Withering » ne se fane pas d’une approche Post Hardcore que les UNSANE et autres FETISH 69 n’auraient pas reniée, et laisse planer une grosse ombre louche et menaçante au-dessus de nos oreilles. Tempo martelé, double grosse caisse pataude qui donne le faux rythme, lancinances de guitares à la MONO, et puis ce chant toujours aussi terrible dans ses harangues rauques et graves...C'est constructif, et noie le poisson, puisque le reste est légèrement plus direct.

D’ailleurs, « Nascentes Morimur », le final, accentue encore plus le décalage, et se la joue Abrasive Hardcore, avec un gros nœud de riffs rouillés qui s’enroulent autour d’un thème maladif à la CURSED en version moins désaxée. Grosse basse résolument Hardcore, stridences et feedback, pour un dernier point d’exclamation qui laisse sur sa faim et envisage un avenir très surprenant.

Alors, ce mélange fonctionne il à plein régime ou connaît il justement quelques baisses ? Difficile de perdre la cadence en six petits morceaux, mais encore une fois, la seconde partie de l’effort est plus soutenue et roublarde que l’entame, encore un poil convenue.

Si la brève intro/faux morceaux « 322 » est diablement interrogatif dans sa construction, « Loath » et son Crust version Metalcore pour asséchés du gosier n’est pas inintéressant en soi, mais encore un peu formel dans sa forme.

« This Dreadful Hymn Of Perpetual Void » cavale vite et fort, mais singe encore un peu trop les crises d’épilepsie des CONVERGE pour vraiment affirmer sa schizophrénie comme telle. Quelques blasts en douce pour coller un peu de violence gratuite, mais le tout, s’il est efficace, manque encore un peu de caractère.

Jugement non objectif, et guidé par l’inspiration plus sourde et moite des deux derniers segments, mais il est possible que vous y trouviez votre compte, pour peu qu’un gros Metalcore à tendance Crust vous prenne de revers sans vous prévenir.

En EP en demi-teinte donc, pas vraiment perturbant, mais suffisamment prenant pour qu’on l’écoute jusqu’au bout. Une jolie tentative de réconcilier des univers antagonistes, ou faussement complémentaires par un choix de violence traitée par un prisme déformant.

Metalcore oui, mais en surface, Hardcore chaotique dans le fond, mais encore sous une forme larvée, légèrement abrasif comme la scène New-yorkaise des nineties, avec un joli glaçage Crust encore un peu timide, le tout est séduisant, appétissant et méritait en effet un peu plus qu’une seule phrase lâchée dans un accès de fainéantise.  

Et comme en sus, cet EP est téléchargeable gratuitement sur le Bandcamp du groupe, rien ne vous empêche d’y jeter une oreille, même pas une pauvreté passagère ou durable.

La scène Canadienne, intéressante dans le domaine du Hardcore ces dernières années mérite bien un petit coup de pouce sur la touche play pour vraiment s’imposer mondialement.

 Un regard neuf sur des genres anciens (MODERN EYES), et des hymnes dédiés à un vide (This Dreadful Hymn Of Perpetual Void), que ces cinq musiciens remplissent souvent à bon escient. Encore un peu d’audace pour parvenir à un crossover vraiment novateur, mais les intentions sont bien là.


Titres de l'album:

  1. 322
  2. Loath
  3. This Dreadful Hymn Of Perpetual Void
  4. Prelude To Entropy
  5. Withering
  6. Nascentes Morimur

Bandcamp officiel



par mortne2001 le 17/11/2016 à 10:17
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