Pour être tout à fait sincère, ce qui m’a attiré vers les FURIES, ça n’est pas la musique que je n’avais même pas écoutée, mais bien cette putain de pochette qui a laissé mes yeux sur le cul ! Pourtant, enfant des 80’s, je devrais avoir l’habitude de ces graphismes hauts en couleurs qui ne cachent en rien leur contenu, mais force est de reconnaître que celui d’Unleash The Furies bat tous les records de sincérité en termes de révélation de contenu. Entre les teintes rose et bleu fluo, le graphisme comics tout en rage, et cette attitude frondeuse qui en dit long sur la passion d’un Heavy sans fioritures, le ton est donné, et l’envie décuplée. Du coup, petit tour sur Deezer pour constater l’adéquation entre les chansons et leur description, et là encore, point de déception. Les FURIES sont de véritables fondus du Heavy velu d’il y a trente ans, qu’ils restituent à merveille de guitares en éveil et de lignes vocales sans pareil.

L’histoire du groupe ? Simple, au départ, cinq musiciennes, qui lancèrent un premier EP sur lequel se cachait une plutôt bonne reprise des PHANTOM BLUE (autre groupe à réhabiliter d’urgence), avant un remaniement interne évacuant la quasi-totalité du line-up, devenu trio avec pour seule rescapée Zaza Bathory derrière son kit. Recrutement de deux guitaristes (Billy Laser et Sam Flash), et arrivée presque inopinée de Lynda Basstarde d’ HEMORAGY, prenant en charge la basse, comme son nom l’indique, mais aussi le chant…

Alors, avec une nouvelle formation pleine d’allant, pas question de marquer le pas et de regarder l’horizon. Le temps était venu de revenir vers les fans avec un produit tout neuf, mais une fois de plus, le combo parisien ne fit rien comme tout le monde…

D’où cet Unleash The Furies, édité en tape et gonflé de deux morceaux seulement, qui nous laissent entrevoir un formidable potentiel revival, que bien des combos allemands pourraient leur envier. On le sait, les américains, les allemands (encore) et les anglais sont passés maîtres dans l’art de tourner la nostalgie à leur avantage. Mais il semblerait que nos gloires nationales aient pris quelques leçons pour leur en donner une bonne, tant les deux coups de poings dans la gueule que sont « Unleash The Furies » et « Prince of The Middle East » laissent des traces et des yeux pochés sans glace. Sans parler de revirement de situation, les FURIES, boostés par cette nouvelle configuration en quatuor se sont déchaînés, et m’est d’avis que si la porte de leur cage cède, les scènes locales vont prendre feu plus rapidement qu’il n’en faudra à un fan de JUDAS PRIEST ou d’ICED EARTH pour dégainer un extincteur. Car c’est exactement de ça dont il s’agit, de Heavy, de Speed, de Metal au sens le plus noble du terme, et si la brièveté de cette première cassette empêche d’envisager toutes les possibilités à décliner, elle révèle un combo sur de son fait, qui profite d’un apport non négligeable de deux solistes pour dégainer des riffs et des soli pas vraiment intimistes. Difficile de situer avec précision les influences bétons de ce combo carton, même si « Unleash The Furies » sonne comme un « Going Mad » des PHANTOM BLUE repris par un HELLOWEEN sous perfusion JUDAS PRIEST de Painkiller. Ça joue plus que carré, et ça cartonne dans l’excès, refusant la modération qui aurait pu être fatale à ce déluge de déraison. Les riffs vous tranchent la gorge pendant que la voix incroyablement puissante de Lynda vous fait tomber dans les pommes, alors même que les deux nouveaux gratteux en font des tonnes et distillent sifflantes, sextolets et accords enragés comme personne.

Le EP old-school de l’année ?

C’est ce que le plus modéré mais pas moins enragé « Prince of The Middle East » semble confirmer, de son amalgame IRON PRIEST/JUDAS MAIDEN bien assumé. Les chœurs se taillent la part du lion sans jamais empiéter sur les envolées survoltées de Linda, qui n’a pas l’intention de brider son gosier, tandis que sa basse vrombit en osmose avec une batterie efficace et bien en place. Break pur Steve Harris, en croches de graves qui permettent quelques harmonies de guitare un peu plus nuancées, montée en puissance, licks en tierce et beat en avance, pour une relecture des classiques de notre enfance, façon Stranger Things pour les oreilles, sans aliens, mais avec Heavy-Metal kids destructeurs de fêtes foraines.       

Niveau précisions techniques, « Unleash The Furies » a vu ses batteries enregistrées au Red Bull Studios par Jérome Caron, et ses guitares/voix par Alex Ash aux Two Cats studios. Le mix a été assuré par Andrew Guillotin aux Hybreed studios, tandis que « Prince Of The Middle East » a été enregistré, mixé et masterisé par le même Andrew Guillotin aux mêmes Hybreed studios. En résulte un son gigantesque, parfaitement équilibré, qui permet à la basse et la voix de s’accorder de la présence d’une doublette de guitares affamées, tandis que la batterie pulse en arrière-plan, sans être obligée de trop maltraiter ses futs pour s’imposer. Le tout sonne comme un bel hommage aux sacro-saintes années 80 tout en adoptant une posture de production moderne, bien dans son époque, qu’elle rapproche du passé sans verser dans le trop larmoyant « c’était quand même vachement mieux avant ».

Car avec les FURIES, c’est aussi bien maintenant. En gardant le cap d’un Heavy/Speed-Power Metal chatoyant et détonant, ce quatuor parisien déchaîne les passions, et les dithyrambes ne se comptent plus vraiment sur les quatre cornes du malin. Il faut dire que ces avis positifs sont légitimés par un packaging d’enfer, qui allie beauté graphique et efficacité rythmique. La musique parle d’elle-même, et une fois parvenu au bout des dix minutes imparties, on se prend à regretter que tout soit déjà fini. Alors mesdames et messieurs, on se remet au travail un peu, pour nous offrir un véritable LP du feu de Dieu. Ou du Diable, peu importe le jeu. Parce que tout ça nous donne la pêche, et nous fait oublier notre morne quotidien.

Libérer la furie qui est en nous ?

Tout ça nous promet un joyeux bordel…


Titres de l'album:

  1. Unleash The Furies
  2. Prince of The Middle East

Site officiel


par mortne2001 le 21/10/2017 à 17:17
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