La Grèce, ça commence à se sentir. La rage je veux dire, il faut dire que la situation du côté d’Athènes et alentours n’est pas des plus enviables. Chômage, crise, matriarcat d’une Allemagne qui semble vouloir laisser la population exsangue, il y a de quoi se rebeller et se sentir des ailes pousser. Vous allez me dire, on connaît pire. Oui, Afrique, pays de l’Est, Amérique du Sud, et tutti quanti, mais le Thrash aujourd’hui, est hellène, que cela vous plaise ou non. Le Thrash, oui encore, toujours, parce qu’après tout, c’est mon talon d’Achille et le cheval de Troie que j’emploie pour vous séduire sans coup bas. Non que je vous considère tous comme des Hélène potentielles, mais je sais de source sure que celle de votre passion n’est pas tarie, et que les décibels en furie font toujours partie de votre folie. Et d’ailleurs, les THE CRUCIFIER ne sont pas nés d’hier, ni de la dernière pluie, et répandent leurs exactions depuis plus de vingt-deux ans, eux qui ont sorti leur première démo Infernal Pain en 1995, et qui depuis n’ont pas vraiment mis la pédale douce histoire de nous savoir endormis. Impossible de l’être en écoutant cette musique qui se joue des références et codes, et qui transpose dans sa langue tout sauf morte les accents d’hier des HEXX, RAZOR, EXUMER et autres trompe-la-mort. Mais le label légendaire Punishment 18 n’est pas du genre à signer des amateurs, et il n’est pas incongru de retrouver les grecs dans leur écurie qui compte déjà sans ses rangs ALKOHOLIZER, NUCLEAR AGGRESSOR, MINDWARS et autres DEVASTATION.

Nouvel album donc, quinze ans après Merciless Conviction, et onze post-Cursed Cross, on se demandait si THE CRUCIFIER allait nous en revenir avec un longue-durée, après avoir partagé son talent au travers de splits divers en compagnie de HATE YOUR FATE, BYWAR et WANTON DECAY, sans parler des quelques compilations où ils ont laissé leurs morceaux traîner. Voices In My Head est donc le proverbial troisième LP si difficile à négocier, comme un virage un peu trop serré qui peut vous envoyer dans le décor sans hésiter. Mais ce boyau a parfaitement été abordé par un quintette (H.K Thrasher- chant, Nikos – guitare, Spyros - guitare

Themis (R.A.T) – basse et Dimitris (IN CORE) – batterie) qui connaît parfaitement son métier, et qui manie le riff saccadé comme David Copperfield les buildings en subterfuge élevé. L’expérience parle sur ce nouveau méfait, qui sans dévier d’une ligne de conduite éprouvée, injecte un peu de sang neuf dans le tuyau bouché, celui d’un courant Thrash vintage qui n’a de cesse de ne pas se renouveler. Certes, ici, les plans sont typiques, et l’agression presque systématique, mais ces voix dans la tête semblent guider les psychopathes du côté morbide où ils vont massacrer, par l’entremise de conseils de production estampillés Tampa, Florida, ce qui confère à ce massacre un son un peu ambivalent et bien méchant. On y retrouve tous les tics et habitudes des maniaques des turpitudes, celles d’un Thrash sans solitude, qui se souvient des jets de sang de la lame de rasoir canadienne, et du Heavy pas moisi des HEXX et autres INCUBUS. La vitesse est modérée, mais la brutalité assumée, tout comme la gravité. A partir de là, que dire sur une œuvre qui n’a d’inédite que le nom ? Pas grand-chose, mais la problématique est commune à toutes ces sorties qui ne sont pas négligeables en termes de forme, mais qui n’innovent plus vraiment en question de fond.

Celui de Voices In My Head n’a rien de moins que la moyenne globale des vinyles/tapes qui s’étalent, et se situerait d’ailleurs dans une frange plutôt élevée d’intensité, même si les thématiques employées de morceaux en morceaux ont tendance à s’auto-citer. Les guitares sont graves, le son est d’époque, et les coups de calotte pas toc, mais impossible de démarquer par le verbe ce qui rentre dans la veine acerbe. Des lyrics revanchards, des guitares en traquenard, une rythmique qui n’a pas oublié le matraquage made in Sweden en vogue dans les nineties, et qui frappe sans relâche, s’autorisant quand même quelques pauses en mid tout à fait délectables. Ajoutez à ça les chœurs US parfaitement à l’aise, quelques soli pas forcément aux fraises, et des lignes conductrices caractéristiques de la Bay Area estampillée 87/88, et vous obtenez un LP tout à fait compétitif, qui justifie de ses trente-six petites minutes la réputation d’un combo qui n’est plus à faire.

En dehors de ces quelques constatations somme toute génériques, rien à signaler de particulier, si ce n’est le gosier du hurleur en chef, H.K Thrasher, et ses réminiscences d’accents rauques et vénères de notre cher Tanguy (T.H.I.N.K) national et prospère. D’ailleurs, la musique a parfois des réminiscences de NO RETURN, son ancien groupe, particulièrement lorsque l’équilibre entre Death et Thrash trouve son juste milieu (« Imaginary God »). Mais de « Within Insanity » et son tonitruant contretemps à « Voices In My Head » tout aussi cassant et fracassant, l’éclate est totale, et l’approche brutale, dans sa complémentarité de voix et ses brisures rythmiques de bon aloi. A vous donc de vous faire un avis en tendant les deux oreilles sur cette symphonie de l’outrance qui reste calée sur la ligne du parti de violence, mais qui parvient sans peine à restituer l’ambiance des saines eighties sans passer pour une flatterie egocentrique et concentrique.

Une production qui sent bon, des morceaux courts mais béton, une interprétation pleine d’implication, voilà qui résume mieux qu’un long discours les heurts qui vous attendent lors de cette grosse demi-heure. La Grèce donc, encore et toujours, pour un LP qui court, et menace parfois de se mordre la queue, remerciant la montre d’avoir arrêté pile quand il le fallait le jeu. Pas du genre chasse à courre, mais plutôt dur labour, et pur labeur d’un quintette qui se replace sous les feux ardents de l’actualité, histoire de démontrer qu’il n’a jamais cessé d’exister.


Titres de l'album:

  1. Within Insanity
  2. Open Your Eyes
  3. Problems
  4. Happy Face Man
  5. Forgive and Don't Forget
  6. Born To Be A Slave
  7. Imaginary God
  8. Fake Truth
  9. Voices In My Head

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par mortne2001 le 29/11/2017 à 17:41
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