Whirlwinds of Fathomless Chaos

Temple Desecration

13/07/2018

Iron Bonehead

Ah ben tiens, voilà du bourrin ! Oui, je sais, c’est au moins la cinquième fois que j’utilise cette lénifiante accroche, mais à l’écoute du premier longue-durée du projet polonais TEMPLE DESECRATION, je ne vois pas quoi dire d’autre, sinon que le mystère semble planer sur ce groupe peu disert en informations. Pas de page officielle, même pas de Facebook, rien de rien, des photos promo en contrejour, histoire d’appuyer un peu plus sur le côté occulte de la chose, pour une musique finalement pas si déconstruite que ça, et assez efficace pourvu que la violence underground ne vous rebute pas. Les informations prodiguées par leur label Iron Bonehead ne permettant pas d’en savoir plus sur eux, je me garderai bien d’affirmer quoi que ce soit à leur égard, me contentant alors d’utiliser la musique pour tenter de vous en apprendre un peu plus. Fondé en 2011 du côté de Tychy, Pologne, les TEMPLE DESECRATION semblent affectionner une sorte de Crossover très cruel entre un Death viscéral et un Black des abysses, pour parvenir à susciter des émotions vraiment violentes qu’ils agencent de façon assez pertinente et intelligente. Peu diserts donc, mais aussi, peu productifs. En sept années d’existence, les trois musiciens (si j’en juge par les photos noir et blanc volontairement opaques et floutées) n’ont pris la peine de publier qu’une démo (Abhorrent Rites en 2012) et un EP (Communion Perished en 2014), avant d’enfin se lancer dans le grand bain du LP via ce terrifiant et grondant Whirlwinds of Fathomless Chaos, qui effectivement, s’ingénie à explorer les bas-fonds de l’underground de l’est, en tenant à distance bruitiste respectable ses plus immédiats suiveurs. Mais de là à pouvoir vraiment labelliser leur musique, il y a un abime que je ne franchirai pas, tant la brutalité et la gravité semblent être les deux seules composantes qu’ils acceptent et utilisent.

En se basant sur les quelques indices et comparaisons établies et disséminées par quelques sites référentiels, on pourrait comparer leur ignominie musicale à celle produite par des ensembles comme MALTHUSIAN, PROCLAMATION, TEITANBLOOD, ARKHON INFAUSTUS ou DEMONOMANCY, sans que ces balises ne soient vraiment précises. En privilégiant une approche gratuitement monolithique, les polonais choisissent de bousculer sans vraiment surprendre, et le caractère uniforme de leur première réalisation aura de quoi rebuter les plus impatients et pointilleux. Trop graves pour être rapprochés de la scène canadienne, trop méticuleux et techniques pour être apparentés à un succédané de GNAW THEIR TONGUES ou REVENGE, les TEMPLE DESECRATION semblent constamment évoluer sur la corde raide séparant le Black et le Death les plus frondeurs, et se calent sur le parti d’une rythmique inamovible, qui transforme les trois premiers morceaux en triptyque cohérent mais gluant. On se dit alors que cet amalgame putride de sonorités abyssales a trouvé sa vitesse de croisière, jusqu’à ce que l’infâme mais cathartique « Covenant » ne vienne nous extirper de notre torpeur de sa lenteur suffocante et de ses riffs putrides. Plongeant à ce moment-là dans les eaux boueuses du Death Doom à tendance processionnelle, les polonais parviennent à repousser les limites de l’horreur, en développant plus de onze minutes de torture auditive, menées de voix de démon par un vocaliste au timbre caverneux et au grain abrasif, parfait dans son rôle de maître de cérémonie. C’est évidemment repoussant, autant qu’une litanie lourde et lente peut l’être lorsqu’elle dépasse un timing raisonnable, mais il y a quelque chose de vraiment hypnotique dans cette lancinance qui séduit autant qu’elle ne révulse, un peu comme une mise en scène macabre dont on connaît l’issue, mais qui nous glace les sangs de son inéluctabilité.

Le final « Blood Offering », en dépit d’une intro parlée retombe dans les mêmes travers marqués du début de l’album, mais fait montre d’un léger désir d’évolution, à défaut de progression, en ralentissant quelque peu la cadence pour mettre l’emphase sur une ambiance délétère gentiment morbide. Les blasts reprennent finalement leurs droits, mais on sent à l’occasion de ce titre que le trio est capable de fournir les efforts nécessaires pour s’extirper de son bourrier, qui risque de le condamner à court terme à un statisme assez rebutant. Mais en se posant en trait d’union prononcé entre les origines du Death scandinave le plus froid, et une forme très larvée de BM de l’est qui paie son tribut à son homologue ricain, Whirlwinds of Fathomless Chaos n’est finalement pas un chaos si inintéressant que ça dans son absolutisme, et concrétise très bien de sa musique son intitulé. Un tourbillon de haine et de brutalité qui ne prend fin qu’avec les dernières notes évaporées, et qui sur ses dernières minutes parvient à nous entraîner dans sa spirale, en plaçant au premier plan un discours scandé d’une voix affirmée et une basse à rendre les MORTICIAN fous de jalousie, et qui nous laisse plus ou moins interrogateurs, incapables de savoir si oui ou non toute cette cruauté à une signification, ou si elle est purement gratuite. Doté d’une production qui en outre met l’accent sur les tonalités les plus sombres, ce premier LP, à défaut d’être une totale réussite est une énigme en soi, qui nous donne envie d’en savoir un peu plus, sans être vraiment certain de le vouloir vraiment. Un exutoire, une Némésis, une catharsis, à vous de voir, mais un disque qui ne laissera pas grand monde indifférent.


Titres de l'album:

  1. Nameless Hordes
  2. Entering the Void
  3. Dominion of Darkness
  4. Covenant
  5. Blood Offering

Soundcloud album


par mortne2001 le 05/07/2018 à 18:13
72 %    439

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Night Of The Masks

Simony 26/09/2020

From This Day Forward

mortne2001 10/09/2020

...And Justice For All

mortne2001 08/09/2020

Slayer + Megadeth 2011

RBD 05/09/2020

Manifest Decimation

mortne2001 31/08/2020

Opeth 2006

RBD 29/08/2020

Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
mortne2001

@Humungus : Il y a toujours un historien qui connaît le fils du neveu du facteur du biographe d'EXODUS et qui SAIT. Honorons leur présence sur ce site. ;)

29/09/2020, 17:42

Buck Dancer

Ce groupe n'en est plus un depuis bien trop longtemps (le retour de Cazares?) et pourtant comme RBD, j'ai jamais lâché. Même si les deux derniers albums m'ont déçu je voulais continuer a y croire. Cazares va t'il continuer à (...)

29/09/2020, 15:31

Bones

"There is a Fric Factor in the system"  

29/09/2020, 15:23

RBD

Burton ayant été de toutes les incarnations du groupe au fil des intrigues, j'imagine mal que FF puisse continuer maintenant avec les uns ou les autres. La réconciliation avec Christian et Raymond ne me paraît pas possible, d'autant qu'eux aussi sont pass(...)

29/09/2020, 12:57

licks0re

Santa barbara...

29/09/2020, 11:51

Baxter

Le mec n'est pas blanc non plus c'est encore une crise comme en 2002 ou son détachement en 2008. D'ailleurs Burton avait en 2008 vendu des parts à Raymond et Christian (puis virant la femme de ce dernier étant manageuse de F.F à ce moment) puis suite &ag(...)

29/09/2020, 10:46

Raumsog

Y a une bonne petite ambiance Deströyer 666 dans le son et les riffs! 

29/09/2020, 10:38

jean mounier

Quel foutoir ce groupe depuis une bonne dizaine d'années quand même, niveau musical comme niveau humain. Je ne vois pas Fear Factory sans Burton, mais je ne voyais pas Suffocation sans Frank Mullen également...

29/09/2020, 09:58

Humungus

Aaaaaaahhh !!!Les commentaires de 78.192.38.132... ... ...

29/09/2020, 09:00

Humungus

Bah putain...Devait y avoir une sacrée ambiance depuis un sacré bout de temps dans le groupe hein...Je ne savais pas du tout que Burton avait un projet annexe.Je m'écoute ça en ce moment là : Rien de Metal là-dedans.

29/09/2020, 08:53

Arioch91

Slamming Beatdown...La lutte contre le tabassage...  

29/09/2020, 08:08

Arioch91

@NecroKosmos : alors, tu l'as écouté finalement ? T'en as pensé kwa ?

29/09/2020, 08:04

Xoen

Chronique montrant une méconnaissance flagrante de l'histoire de Blasphemy et des groupes cités...

29/09/2020, 08:03

Bones

Kézako ??? Slamming Beatdown ??Ca y est, je suis officiellement devenu un vieux con.

28/09/2020, 17:52

LeMoustre

Excellent, lui, il a la palme, en effet.

28/09/2020, 17:12

LeMoustre

En plus le clip est sympa, et le morcif, avec es leads finaux amène une ambiance plus typée black, hâte de le commander, ce disque.

28/09/2020, 11:21

Gargan

 Le chant et le mixage de la batterie, whaa, faut pas écouter ça après ta journée de travail...

28/09/2020, 09:42

LeMoustre

Le dernier EP est super, voilà une sortie qu'elle devrait être bonne en deathmetal.

28/09/2020, 09:41

grinder92

Sur le clip de Belphegor, perso, je trouve que la langue serpent fait son petit effet... mais effectivement, un peu de sang et un crucifix... ils auraient pu se fouler.... et les roubignolles du bouc en gros plan à la fin, c'est rigolo 

27/09/2020, 21:50

David

Merci pour ces commentaires élogieux. Et si vous voulez en savoir plus sur les groupes d'il y a 30 ans, allez faire un tour sur ma chaine : Shud, Dagon, Misanthrope ou Nomed vous y attendent...

27/09/2020, 21:23