Show No Mercy

Slayer

Il est toujours difficile de se replonger dans le passé pour se souvenir des sentiments éprouvés lors de l’écoute d’un album. La majorité des œuvres qui constituent l’ossature de la discothèque idéale d’une jeunesse dépravée se range avec précaution sur les étagères de la vie, mais certains se détachent d’eux-mêmes, pour cause de légende, de période trouble, d’épiphanie artistique ou de choc sans équivalent sur l’organisme psychologique. Mais je ne jouerai pas les puristes en affirmant que Show No Mercy a été ma porte d’entrée sur les enfers personnels de SLAYER. Non, mon premier contact avec le quatuor fut à l’occasion de Hell Awaits, en 1985, alors que ma préadolescence arrivait à son terme et que mes premiers boutons d’acné commençaient à gâcher mon charme naturel de leur purulence sous-cutanée.

Mais bien évidemment, une fois Hell Awaits découvert, je n’ai pu m’empêcher de fouiner dans le maigre back catalogue pour y découvrir le séminal Show No Mercy.

L’inverse eut été évidemment plus simple, et aurait permis de mesurer la progression stratosphérique d’un groupe devenu maître de ses influences et de ses capacités. Car pris à l’envers, le diptyque perd de sa puissance, et la première étape sonne comme un brouillon, certes professionnel et génial, mais un brouillon quand même. D’ailleurs, même Dave Lombardo partage cet avis, lui qui a souvent déclaré que Show No Mercy était l’album le moins cher à son cœur de frappeur. Un son trop brouillon, et une technique de captation de la batterie bricolée par un ingénieur du son peu créatif. Et si le meilleur batteur du monde vous le dit, c’est qu’il s’y connaît quand même un peu.

A l’image de Kill ’Em All, Show No Mercy est une introduction/conclusion. Introduction, puisque c’est le disque qui nous a permis de découvrir cette bête blasphématoire qu’est SLAYER, et une conclusion, puisque la synthèse de deux années d’existence, à se découvrir, à se connaitre, à jouer live pour se forger une réputation. Mais à l’instar de leurs collègues/adversaires de METALLICA, les membres de SLAYER devaient d’abord régler l’ardoise de leurs influences et mixer ce courant nouveau venu de Californie, et l’importance de la NWOBHM européenne. D’où cette impression d’entre-deux encore un peu gênante, avant que Satan lui-même ne signe un pacte avec les musiciens.

Ce qui a réellement été signé, c’est le contrat liant SLAYER à Metal Blade, et Brian Slagel, signé sur la simple foi d’une reprise d’IRON MAIDEN en concert, le désormais culte « Phantom of the Opera ». Le MAIDEN de Di’Anno a beaucoup compté pour les californiens, et ce côté Punk dans un contexte Heavy Metal laissera une trace indélébile sur leur attitude et leur façon de composer. Et alors qu’EXODUS jouera aussi sur l’aspect satanique des choses, SLAYER gardera cette trademark pendant de longues années, sur insistance même de Rick Rubin (mais ceci est évidemment hors contexte pour le moment). EXODUS lâchera rapidement l’affaire, une fois Paul parti et remplacé par Steve, mais Kerry et les siens resteront attachés au grand cornu, qui ornera nombre de leurs pochettes. Alors, SLAYER, des satanistes convaincus ? Non, mais de jeunes branleurs décidés à choquer les bien-pensants, par leur musique agressive, leur look outrancier, et leurs textes juvénilement provocants.

En parlant de pochette, celle de Show No Mercy est régulièrement citée comme l’une des plus moches de l’univers Metal. Il est certain que ce petit diablotin cornu, à peine plus grand que ce pentagramme dont il a piqué l’une des épées, n’est guère plus impressionnant que le phoque de RIOT, et certainement moins effrayant qu’Eddie et ses chairs brûlées. Mais il est finalement l’élément le plus caractéristique de ce début de carrière, encore tâtonnant, encore bridé, encore brouillon, qui juxtapose encore le Heavy du grand-frère et le Speed/Thrash de la nouvelle génération. Qui d’ailleurs ne sait pas encore que ce boucan s’appelle comme ça. Mais alors, de METALLICA ou de SLAYER, qui a inventé ce sous-genre qui déclenche des réactions épidermiques dès qu’il est mentionné ? Je dirais les deux, même si SLAYER a plus tiré la couverture de la violence à lui. 

Et sous la couverture de SLAYER, autant vous dire qu’il faisait chaud.

Mais avant d’en arriver là, comme tout le monde, le groupe s’est découvert. Et rencontré, évidemment. Pourtant, tout ça aurait très bien pu ne pas arriver, tant les quatre musiciens venaient d’horizons et de pays différents. Tom Araya, d’origine chilienne, était alors à 20 ans thérapeute respiratoire. Dave Lombardo, d’ascendance cubaine, livrait des pizzas. Jeff Hanneman et Kerry King étaient musiciens. Mais tous désiraient la même chose. S’extirper d’une vie ennuyeuse, et jouer la musique la plus puissante et agressive qui soit.

Dont acte.


Entre 1981 et 1983, date de sortie de l’album, SLAYER répète évidemment, et joue, le plus possible, pour forger son caractère mais aussi son répertoire, alors constitué en grande majorité de reprises. La rencontre avec Brian Slagel se fera alors que le groupe ouvre pour BITCH au Woodstock Club de Los Angeles. Leur set comprend huit chansons, dont six reprises (celle de MAIDEN incluse évidemment), pas de quoi pavoiser, mais l’attitude est déjà là. La confiance aussi, cette morgue des jeunes adultes qui savent déjà qu’ils connaitront un destin pas comme les autres. Et il faut avoir de l’assurance pour penser séduire un public avec cette charge Metal/Punk virulente, que nombre de magazines auront du mal à accepter par la suite. Et une fois l’album sorti, le cortège habituel de mauvaises critiques réservées à VENOM fera son entrée, le Thrash n’étant pas encore passé dans le langage courant.          

Et si Show No Mercy n’est pas encore totalement Thrash et encore attaché à des valeurs Heavy, il incarne quand même la frange la plus extrême du spectre Metal américain, celui qui s’est glissé comme un voleur sur les légendaires compilations Metal Massacre. SLAYER figurera sur le troisième volume, via « Aggressive Perfector », morceau qui ne figure pas sur ce premier album, et se hissera sans problème en vedette de cette vitrine Metal Blade, malicieusement placé juste avant BITCH, le groupe pour lequel ils ouvraient peu de temps avant.

Mais revenons à l’essentiel. Et rappelons-nous du choc ressenti une fois l’aiguille du pick-up posée sur le premier sillon de ce disque au cornu grotesque. Le même choc ressenti lorsque les haut-parleurs avaient craché le « Hit the Light » de qui-vous-savez, et qui, comme ce classique, définissait l’univers de SLAYER pour les années à venir. « Evil Has No Boundaries » était clair comme du rot de moche, le Diable était dans la place, et les SLAYER en étaient les dévots. Et tout ça collait quand même un peu les miquettes.

Ce qu’on remarque immédiatement, c’est la densité du son, plus touffu que celui de METALLICA, plus épais et compact, mais tout aussi puriste. C’est justement ce son qui m’a fait préférer cet album à Kill ’Em All en termes de naissance d’un genre, puisque l’une des caractéristiques du Thrash a toujours été cette densité au riff carré qui le distinguait du trop propre Heavy Metal. L’école VENOM en quelque sorte, mais aussi celle de la NWOBHM anglaise, ce qui parfois, revient au même.

Evil

My words defy

Evil

Has no disguise

Evil

Will take your soul

Evil

My wrath unfolds   

Si les mêmes VENOM avaient déjà ouvert les portes de l’enfer avec leurs deux premiers albums, très justement baptisés Welcome to Hell et Black Metal, ils ne laissaient entrevoir par leur musique que quelques diablotins grimaçant, et autre pin-up des Hadès à la peau écorchée mais aux formes aguicheuses. SLAYER, lui, plonge directement dans le chaudron, nous livre quelques incantations, privilégie le cuir et les (gros) clous, et ose même la croix renversée si chère à MERCYFUL FATE en back cover. Immédiatement, on prend la chose au sérieux, loin de l’hédonisme vaguement occulte des seventies et Anton LaVey, SLAYER met son âme à nu, et ne laisse planer aucun doute sur ses intentions. Après tout, on n’écrit pas un truc pareil…

Satan our master in evil mayhem

Guides us with every first step

 

…sans se sentir investi d’une mission. Choquer l’Amérique puritaine, coûte que coûte, et surtout, s’imposer sur la dense scène californienne en évitant la vague Hair Metal en vogue la même année. Et qu’importe que cette pochette dessinée par le père d’un ami (Kevin Reed, qui s’occupait de la batterie et des lumières en tournée) soit à la limite du ridicule (mais inspirée par l’attitude live du groupe), puisque la musique parle d’elle-même, et impose l’un des vocalistes les plus symptomatiques de la scène Thrash, aux côtés du possédé Paul Baloff.


Metal Blade étant un petit label indépendant, pas question de songer investir des sommes folles pour l’enregistrement de ce premier disque. D’ailleurs, le groupe doit l’élaborer de nuit, pour pouvoir travailler en journée, et le finance même grâce aux économies de Tom Araya, et d’un peu d’argent emprunté au père de Kerry King. Cette indépendance sera chère au cœur du quatuor qui toute sa carrière refusera les compromis et jouera ce que bon lui semble. Araya a déclaré à propos de sa situation au sein de SLAYER les premières années :

J’ai suivi une formation technique pendant environ 2 ans, et j’ai beaucoup appris. J’ai appris les ratios de mélange d’air et tout ça ; j’ai appris à prélever du sang. J’apprenais à intuber les gens, à leur mettre des tubes dans la gorge. J’ai fait ça, et en même temps je jouais avec le groupe 

 

Quant à King, il a été clair dès le départ sur son crédo et son absence de doutes concernant d’éventuels compromis au sein de la scène californienne :

Nous sonnerons toujours de la même façon. Toutefois, je ne critique pas les groupes qui empruntent un chemin différent, à partir du moment où ils sont sincères. Mais quand on commence à faire de la musique pour le fric, on se corrompt. J’ai toujours été un thrasheur et je ne vois pas pourquoi je changerais.

Et comment en douter en regardant sa photo qui orne le verso de l’album, les yeux noircis, le cuir rigide et les clous brillants, sorte de proto-POSSESSED avant l’heure. Mais prétendre être mauvais est une chose, l’être en est une autre. Et si King et Hanneman ont toujours affirmé écrire des paroles sataniques car le thème les inspirait facilement, Show No Mercy n’en est pas moins à la hauteur de son titre, ne faisant preuve d’aucune forme de pitié pour nos tympans.

Car après la claque « Evil Has No Boundaries », en ouverture de la face A (ou 6), c’est le classique « The Antichrist » qui nous fauche de plein fouet. Beaucoup plus proche du film d’Alberto De Martino de 1974 que du très respectable The Omen hollywoodien, ce morceau, pourtant mid tempo, incarne la vision du mal d’un groupe qui n’a rien à perdre, et qui compte bien laisser sa trace dans le Metal extrême. D’une durée digne de l’Eurovision, « The Antechrist » est le premier hit de SLAYER, avec son riff simple et redondant, et le rythme stable pulsé par Lombardo. Le chant de Tom, noyé dans la réverb donne le ton, et sait se montrer aussi hystérique que celui de la sorcière Baloff, tout en vomissant des paroles devenues patrimoine international :

I am the Antichrist

It's what I was meant to be

Your God left me behind

And set my soul to be free  

 

Ceci étant dit, les chevaux de bataille de concert sont peu nombreux sur ce disque. Trois titres connaitront les horreurs d’une interprétation régulière, dont « Die by the Sword », « Ouais, une autre chanson sur la guerre » ; selon Dave Lombardo, « The Antichrist » évidemment, et « Black Magic », l’une des plus diaboliques du tracklisting. Le reste appartiendra à l’histoire passée, comme de nombreux autres chapitres de la saga, qui contient pourtant son lot d’incunables et d’impérissables que le groupe jouera jusqu’à la fin de sa carrière.

Mais si le songwriting est assez solide pour un groupe de cette catégorie, c’est bien l’ambiance générale qui impressionne le plus. Alors que l’inspiration VENOM s’est vautrée dans le satanisme paillard et guilleret, SLAYER insiste sur le côté le plus malsain de son concept, et se démarque des autres concurrents de sa génération, ce que Kerry King souligne assez malicieusement à l’époque, déjà prompt à susciter la controverse (il en rajoutera plusieurs couches en visant SEPULTURA ou MACHINE HEAD) :

Les gens me disent toujours qu’on n’a pas besoin de ce côté satanique pour sonner Heavy. Mais je pense que si nous abandonnions cet aspect-là, nous risquerions de sonner comme tous les autres groupes, comme METALLICA.

Les fans du bonhomme apprécieront, d’autant qu’il en remet une fournée en jugeant ses contemporains californiens :

Nous sommes le seul groupe Thrash de Los Angeles. Les autres groupes sonnent tous de la même façon. Je veux dire, si tu entends une chanson de QUIET RIOT, RATT ou GREAT WHITE à la suite à la radio, alors tu auras l’impression d’avoir écouté trois fois le même truc.

Difficile quoiqu’il en soit de confondre SLAYER et MÖTLEY CRÜE, ou SLAYER et RATT. Tant il est évident que ces musiciens au teint hâlé et aux tenues tenant de l’exhibition dans un square (Dave Lombardo dira de MÖTLEY CRÜE : « Ils se mettent des bas sur les bras, ça veut dire que leur tête est un cul… ») n’ont rien en commun avec ces brutes épaisses, qui ne sont pourtant pas encore les monstres qu’ils deviendront dans peu de temps. Bien que méchant, sale et blasphématoire, Show No Mercy est encore fermement relié à ses origines Heavy, et tend parfois à sonner comme certains morceaux de Kill ‘Em All, comme sur « Metal Storm / Face the Slayer », dont la première partie n’est rien de plus qu’un boogie habile à la DIAMOND HEAD/SAXON.

D’autres au contraire sont annonciateurs des débordements à venir sur Hell Awaits et Reign in Blood. « The Final Command » en tête de gondole, trademark d’un groupe qui n’aime rien tant que les ruades supersoniques et limitées dans le temps. « Fight till Death » s’apparente aussi à cette catégorie de quickies avec son intro si caractéristique de l’approche mélodique de Jeff Hanneman, qu’il utilisera à loisir sur Hell Awaits. Mais à l’époque, les titres sont tous signés de la globalité SLAYER, avant que le groupe ne commence à préciser le rôle de chacun. Et comme le soulignera Kerry en 2010, les morceaux à l’ambiance sombre sont la plupart du temps composés par Jeff, alors que les boulets Thrash/Punk sont tirés de son propre canon.

 

Alors sous l’emprise de MERCYFUL FATE, METALLICA et VENOM, le groupe ne cherche qu’une chose : frapper fort, vite et méchant. Et en mélangeant ces trois références à doses homéopathiques, on obtient en effet ce Show no Mercy, aussi Metal que Punk (Jeff composera d’ailleurs pas mal de titres Hardcore), dans la veine d’IRON MAIDEN, les héros de toujours, qui avaient avant eux juxtaposé la puissance du Metal avec la violence rude du Punk.

Néanmoins, un morceau se détache méchamment du lot, et pas seulement parce qu’il est le plus long. « Black Magic », quintessence de l’art du groupe de faire monter la mayonnaise en la battant avec un peu de sang et de clous, est LE classique de ce premier album, et surtout, celui qui dessine déjà toutes les options prises dans les années à venir. Impossible en le réécoutant de ne pas penser à Hell Awaits, eu égard à cette mélodie vicieuse et ce texte en allégeance au Malin, et de ne pas se dire que finalement, tout SLAYER est expliqué et disséqué en un peu plus de quatre minutes. Les roulements de Dave, les cris de belette de Tom, les breaks au millimètre, cette basse à l’économie, et ces soli hystériques qui feront dire à King quelques années plus tard qu’ils n’étaient qu’un exutoire en forme de n’importe-quoi-dans-ta-gueule.

Ce qui est assez juste avec un peu de recul.

Show no Mercy ne révèle aucun talent instrumental hors-norme. Lombardo n’est pas encore ce poulpe capable de passer de Mike Patton à TESTAMENT, et se contente la plupart du temps de marquer le rythme le plus régulièrement possible, et le plus rapidement aussi. Kerry et Jeff, habiles riffeurs, sont loin des modèles de l’époque, même si King avoue une passion pour Eddie Van Halen. Quant à Tom, seul son chant se distingue, même si sa basse est peut-être la plus claire et distincte de la première partie de l’histoire du groupe. Mais le propos n’est pas de révéler des individualités, mais bien un groupe à part entière. Et aussi disparate soit le line-up de SLAYER, son osmose est évidente dès ce premier disque, sûr de lui, sûr de ses options, et certain de ne pas ressembler à la horde des déguisés de L.A.


Il y a évidemment de nombreuses anecdotes à relier à cet album, comme pour tout bon premier album qui se respecte. On citera pour l’histoire la façon qu’a eue Dave Lombardo d’enregistrer ses parties, plutôt inhabituelle. Ne pouvant trouver le moyen de séparer les toms et les cymbales au niveau de la prise de son, Dave a donc étouffé ses cymbales avec des serviettes, et les a jouées à part. Il lui a fallu ensuite, lors des prises globales réécouter ses parties pour que les coups de grosse caisse correspondent parfaitement aux coups de cymbales, ce qui évidemment a été presque impossible. Et pour l’amour du détail, pointons aussi la présence d’un certain Gene Hoglan dans les chœurs. C’est lui qui avait conseillé au groupe de mettre l’emphase sur le « evil » de « Evil Has No Boundaries », pour rendre la chanson plus…evil. Dont acte. 






La tournée de promotion qui s’ensuivit fut aussi le théâtre d’évènements divers. A l’image de tout jeune groupe débutant sa carrière, SLAYER a joué le DIY forcé, utilisant la Camaro de Tom et une remorque U-Haul. N’achetant que le strict nécessaire (nourriture, essence et bière), les quatre compères s’engouffrèrent dans leur première aventure sur la route, tant bien que mal, embarquant avec eux quelques potes et membres de la famille. Oubliant la plupart du temps de réclamer leur cachet, Tom, Kerry, Jeff et Dave sont quand même parvenu à effectuer les dates prévues (Brian leur avait donné les noms et numéros de téléphone des contacts), et à répandre la bonne parole pour que le public n’oublie jamais leur nom.

SLAYER.


Show no Mercy a été reçu de manières diverses par les magazines, fanzines et radio, beaucoup n’y voyant qu’un boucan atroce. D’autres au contraire y ont vu l’avenir d’une certaine forme de Metal qu’on n’appelait pas encore extrême, ni Thrash, ceux qui bien sûr étaient connectés sur la Bay-Area et la scène Hardcore de Venice. Mais globalement, comme son modèle VENOM, SLAYER n’a pas bénéficié de la mansuétude des journalistes et fans d’un Heavy plus traditionnel, mais comme le soulignait King lui-même « Nous en avions peu, mais nos fans étaient vraiment à fond avec nous ». 

Sans surprise, ou un peu quand même, Show no Mercy est rapidement devenu la meilleure vente de Metal Blade. Avec pas moins de 20.000 copies écoulées aux Etats-Unis, et 15.000 à l’étranger, il boosta la confiance de Slagel, qui exigea du groupe un second album enregistré le plus vite possible, ainsi qu’un EP. Le groupe se montra plus qu’heureux d’obliger.

Il est amusant avec quarante ans de recul de se replonger dans ce disque aussi séminal que balbutiant. Mais à l’époque, personne n’aurait pu imaginer que SLAYER se retrouverait au catalogue d’un des plus gros indépendants américains, signé par une major, vendant des centaines de milliers de copies d’albums de plus en plus violents et vicieux. En 2023, l’institution SLAYER a fermé ses portes, King travaille sur un autre projet, et Jeff nous a quittés il y a trop longtemps. Mais ce petit diablotin sur la pochette sourit toujours de ses beaux crocs jaunis. Lui seul connait l’histoire intime d’un groupe qui a hanté nos cauchemars des nuits durant.

Et ceux d’un Los Angeles un peu trop porté sur la légèreté et la laque.

        

        

Titres de l’album:

Side A - 6

01. Evil Has No Boundaries

02. The Antichrist

03. Die by the Sword

04. Fight till Death

05. Metal Storm / Face the Slayer

Side B - 66

06. Black Magic

07. Tormentor

08. The Final Command

09. Crionics

10. Show No Mercy


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par mortne2001 le 03/12/2023 à 16:34
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Commentaires (5) | Ajouter un commentaire


Jus de cadavre
membre enregistré
03/12/2023, 17:04:32

Magnifique chro pour un disque entré dans la légende.

J'ai découvert Slayer, et par la même occasion le Metal extrême, avec cet album (pas à l'époque de sa sortie, je n'étais pas né !). Le grand frère d'un pote nous avait prêté sa vieille cassette de Show no Mercy qui prenais la poussière chez ses parents. On était parti en vacances avec (première vacances entre potes, en scoot !). Le truc le plus costaud que j'avais écouté jusqu'alors c'était AC/DC (Live Donington pour être précis, prêté par le même grand frère de pote quelques mois avant). Arrivé au camping on la glisse dans le lecteur... La baffe immédiate, le choc absolu. Ça allait tellement vite qu'on croyait que le lecteur déconnait. Mais non. Y avait des types qui jouaient vraiment à cette vitesse là. Ma vie venait de prendre un nouveau tournant. Quel souvenir.


Davefromasshole
@90.7.127.57
03/12/2023, 21:50:14

Clairement, ce disque fut une étape. Je l'avais découvert quelques jours avant Hell Awaits. Du coup, il m'a fallu un peu de temps pour y revenir car Hell Awaits était, à mon sens, bien plus puissant.

Mais bon, on est là sur du culte, de la dinguerie instantannée ! A l'époque, on a tous secoué nos tignasses sur black magique, en faisant semblant de jouer de la guitare..

40 ans ? bordel, ça passe si vite !!


Tourista
@88.120.135.99
03/12/2023, 22:11:24

SUPER CHRO ! Bravo !

Mon premier contact avec le Thrash. En 1987, on me file une K7 avec cet album (une copie VRAIMENT pourrie) et je ne comprends pas immédiatement ce que j'écoute. Il m'a fallu du temps pour rentrer dans le truc, apprivoiser ce chaos... mais une fois les codes compris, il n'y a plus jamais eu machine arrière. J'ai quand même une nette préférence pour Hell Awaits, moins juvénile, plus sombre et personnel.


Arioch
@90.78.58.53
04/12/2023, 07:32:21

Très chouette chronique, MERCI !

Slayer et moi, ça a commencé en 1986 avec Hell Awaits, récupéré d'occasion chez un mec contre je ne sais plus quoi en échange.

La pochette m'avait attirée, l'album bien plus encore. La même année, hop Reign in Blood, Zeu claque dans la goule !

Show no Mercy, je ne l'ai découvert que juste après (j'ai fait pareil avec Metallica : Ride, Master puis Kill) alors bien évidemment, je n'ai pas ressenti la baffe comme ceux ayant découvert Slayer avec.

Mais il n'en demeure pas moins un excellent album qui montre tous les progrès que le groupe a su mettre dans les albums suivants.


Humungus
membre enregistré
04/12/2023, 11:06:25

SLAYER est le plus grand groupe de tous les temps point barre.

Et "Show no mercy" est pour moi leur galette la plus "méchante".

Cela étant beaucoup dû à ce son bien crado (un peu comme le "Bestial devastation" et le "Morbid visions" de qui vous savez).

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