Cela avait un drôle de goût de retourner voir Meshuggah au Rockstore. C'était l'un de mes premiers concerts de Metal un peu gros, en 2000… Nous étions une quarantaine de fadas bien motivés. Et depuis je ne les avais jamais revus. Encore les avais-je ratés il y a encore plus longtemps, en 1996, lors de la légendaire première tournée européenne de Machine Head, à l'époque j'étais juste en train de découvrir tout ça. Ce soir quelques amis devaient venir, mais trouvèrent le guichet fermé ! Du jamais vu depuis l'unique date méridionale d'Opeth il y a cinq ans ! Comme je suis moins cigale et que j'avais réservé depuis longtemps, je vous propose de me suivre dans cette chère vieille salle.

En effet c'était bondé. Je ne croise pas très souvent ce grand public Metalleux moins typé, qui est pourtant le plus important, ceux qui ne sont pas spécialement fans d'extrême mais qui aiment la musique exigeante. Cette foule était assez jeune, la moitié devait être encore à l'école lorsque je voyais Meshuggah la première fois. C'est dire l'immense influence que ce groupe a patiemment étendue au fil des albums. Certains vieux requins de concerts que je retrouvais ici ne sont pas spécialement hardos.


Tout le monde connaît au moins de loin HIGH ON FIRE. En fait de Thrashy, leur Stoner Heavy demeure calé sur le mid-tempo quasiment en permanence. L'excellent son permettait de bien profiter du chant rogue de Matt Pike et de la basse qui amène un peu de groove. Il le fallait bien pour faire passer des riffs sympathiques mais assez classiques, et une rythmique qui tenait la basse altitude sans chercher à décoller. À part sur un titre annoncé d'ailleurs comme rapide, vers le milieu de set. Ce qui permit de constater que Pike a la voix aussi rauque que son chant, qu'il ne force pas. Le style est bien maîtrisé et particulièrement à la mode par chez nous. S'il n'y avait pas la place de faire une fosse dans tout ce peuple cela semblait bouger pas mal devant. Il est possible que certains soient venus principalement pour cette première partie de renom fort éloignée (complémentaire ?) de la tête d'affiche. Pour ma part je sature de ce style, trop répandu en Languedoc, heureusement que c'était fait par des maîtres qui en tiraient le meilleur.

La pause prit une grosse demi-heure, et il fallait bien ça pour se mouvoir dans toute cette presse afin de réaliser l'habituelle boucle merch' – pissoir – bar.


Sans MESHUGGAH le Metal actuel ne serait pas le même. C'est en grande partie à cause d'eux (et de tous les autres groupes qu'ils ont peu ou prou marqués) que le Metal est respecté et défendu par les musicophiles les plus diplômés. Devant le backdrop magnifique reprenant la pochette du tout nouvel album, les cinq compères prirent possession de la scène sous les acclamations après une remarquable introduction simple et cohérente, un sifflement… Le style polyrythmique si particulier qu'ils ont prôné depuis les origines semble venir d'une autre dimension, des confins de l'espace-temps ou de ce que cherchait Erich Zann (pour ceux qui ont des lettres). Le son parfaitement propre et puissant rendait honneur au timbre unique des guitares de Thordendal et Hagström. Le chant de Kidman sonnait un peu en retrait, comme sur album, mais l'interprétation était également parfaite. Les solos assez fréquents étaient à l'avenant du reste, à nuls autres pareils.

La débauche d'effets visuels était exceptionnelle pour un concert de Metal, plus digne d'un festival Electro en club. Très loin du service habituel dans le genre, et encore plus de ce que c'était la dernière fois. Ce light show avait cependant comme inconvénient que l'on distinguait mal les musiciens, alors que le spectacle de leur jeu serait aussi captivant. Mais ce n'est pas ce qu'ils veulent, certainement. C'est à rapprocher avec la communication minimale de Kidman, tout est lié dans cette géométrie musicale non euclidienne. La puissance de ce machin restait suspendue parfois quelques instants lorsque passaient les parties de guitare claire, tout aussi froides.

Le public rangé en sardines hochait la tête en cadence ou de façon plus démonstrative vers le devant. Quelques téléphones tentaient de capter le spectacle mais avec la barrière du light show cela ne ressemblera pas à un concert de Metal classique. Du reste, pas mal de gens manifestaient leur dévotion en faisant des cœurs avec les mains parallèlement aux cornes traditionnelles… encore du jamais vu à un concert Metal pour ma part.

Ne connaissant pas précisément le répertoire du groupe, la régularité des morceaux piochés au long de leur carrière m'amènera à saluer l'exceptionnelle réussite artistique de Meshuggah. Ils ont bâtis leur succès sur une parfaite intégrité musicale, sans jamais dévier de ce qu'ils voulaient faire depuis le départ, aucun compromis. Les titres finaux plus anciens du rappel, certains déjà présents dans le répertoire en 2000, le démontrent. C'est ainsi que le jeune groupe original dans un style à la mode il y a vingt ans est devenu un guide, suscitant des milliers de vocations musicales à travers cette planète.

Après un set d'une heure et demie, l'hybride mal identifié se retira vers l'infini et au-delà. Les yeux pleins de couleurs du show, j'ai attendu un certain temps que ça se vide un peu pour aller récupérer mes affaires. Reprendre pied dans un monde normal aux lois physiques familières le nécessitait bien aussi.


par RBD le 08/12/2016 à 08:50
   279

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Peacemaker

Concrete and Terror

Maligner

Attraction To Annihilation

Black Bart

Casnewydd-Bach

Obszön Geschöpf

Master Of Giallo

Azusa

Heavy Yoke

Soulfly

Ritual

The Struts

Young & Dangerous

Northward

Northward

Malm

Kollaps

Bonehunter

Children Of The Atom

Amaranthe

Helix

Gaslarm

Dusk Mothers Children

Tourniquet

Gazing At Medusa

W.m.d.

Lethal Revenge

Daeria

Fenix

Antagonism

Thrashocalypse

Newbreed

Law

Khandra

There is no Division Outside Existence

Riser

Temple of Addiction

Chthonic

Battlefields Of Asura

Interview AZUSA (Eleni Zafiriadou)

mortne2001 / 11/11/2018
Azusa

Cortez + Stuntman

RBD / 10/11/2018
Hardcore

The Studio Experience #3

grinder92 / 08/11/2018
Benighted

Photo Report - Garmonbozia 20 ans !

Simony / 06/11/2018
Anniversaire

Concerts à 7 jours

+ Venenum + Slægt

16/11 : Le Mondo Bizarro, Rennes (35)

Samavayo + Greenleaf

16/11 : Le Glazart, Paris (75)

Watain + Rotting Christ + Profanatica

16/11 : Cc John Lennon, Limoges (87)

Watain + Rotting Christ + Profanatica

17/11 : Le Trabendo, Paris (75)

Omnium Gatherum + Wolfheart + Nothgard

19/11 : Le Petit Bain, Paris (75)

Sick Of It All + The Worst Doubt + Lugosi

19/11 : Espace Icare, Issy-les-moulineaux (92)

Photo Stream

Derniers coms

Excellent mec, merci !


Depuis le temps que j'entends parler de New noise (et très souvent en bien) va falloir y jeter un coup d'oeil quand même... merci pour les coms !


Pas totalement metal, mais New noise est pour moi le seul bon mag aujourd'hui. De part sa ligne éditoriale ( même si on retrouve toujours un peu les mêmes groupes avec le temps) et dans lequel on retrouve souvent des dossiers ou interviews ( d'anciens de la scène, boss de label...) vraiment int(...)


Impeccable papier qui, avec un avis sur un autre site couplé à l'écoute de cet extrait, a dévié très vite vers une commande sur le site du label.
Au passage, bien vu les différences entre thrash/death et l'inverse. ici, c'est bien du thrash/death, et l'affiliation avec Scott LaTour (In(...)


C'est ça, ou faut aller sur les fanzines qui arrivent à subsister, fait par des fans pour des fans, chacun pourra trouver chaussure à son pied sur les différentes distros disponibles. Snakepit et ses ersatz (dont le Français Metal Titans au passage) dans plein de genres sont là pour ça. A un (...)


Totalement d'accord avec toi LeMoustre pour le coup. La seule chose qui m'intéresse encore dans les magazines c'est les itw pour la raison que tu donnes. Aujourd'hui y a plus vraiment de mag (metal) qui propose de bonnes chroniques... ou du moins des chroniques un peu développées. Parce qu'en 10 (...)


Sur les chroniques, et leurs vérités assénées comme étant la divine parole. ce qui est intéressant en itw avec ce type de mag, c'est qu'ils ont souvent l'artiste en face, ou au tél, alors que les fanzines/webzines c'est plus par mail, empêchant tout rebond intéressant à un propos précéde(...)


Ca c'est la bonne nouvelle du jour. Le dernier triple album était excellent.
A noter que le label finlandais Svart Records va rééditer tous les album de Swallow the sun en vinyl et ça c'est cool ;)


Pauvre Abbath... lui qui a dû se sentir comme un couillon après l'écoute du dernier Immortal. "Personne n'est irremplaçable" est une phrase qui lui sied à la perfection désormais !


Un nouvel album, donc ensuite une tournée... Ça promet donc encore de grands moments de solitudes pour les musiciens qui l'accompagneront sur scène ! :D


Don't feed the troll.


Je vous rejoins assez tout les deux (notamment pour les truc prog' machin et le côté mainstream) mais avec un bémol tout de même : la chronique de Charlélie Arnaud qui, en plus de nous faire découvrir des pépites méconnus, le fait avec un ton, une plume et une passion qui font plaisir à lir(...)


Oui c'est vrai que je me base sur l'ensemble de leurs parutions et ce qui était vrai à leurs débuts ne l'est plus forcément. De mon côté, je me disais que c'était moi qui avait des goûts peut-être de moins en moins "mainstream" et y trouvais de moins en moins mon compte, mais je vois que je(...)


P'tite erreur dans la news, les gars : Schammasch vient de Suisse et Der Weg einer Freiheit d'Allemagne :-)


Mouais, moyennement d'accord avec la dernière partie de la phrase de Simony, la ligne éditoriale de ce magazine étant clairement orientée prog/mou du genou et délaisse quasiment toute la scène extrême / true / thrash. S'il y a trois chroniques par numéro sur ces scènes, c'est le maximum. Au(...)


Juste monstrueux ce morceau... comme tout l'album en fait !!!


Malheureusement, c'est le genre de une qui fait vendre. Rock Hard a déjà maintes fois expliqué le dilemme auquel ils sont confrontés pour trouver le juste milieu entre coup de cœur et aspect purement mercantile, reste qu'à l'intérieur la mise en avant de certains groupes encore obscurs est to(...)


Metallica qui ressort son dernier album potable en remaster. Et cover. Décidemment la presse n'a pas fini de se prostituer pour sauver ses miches.


Merci beaucoup !
Quel talent !


Merci beaucoup !
Quel talent !