Dans mes plus belles années 90 j'aimais bien le crossover Metal HC, et je m'y replonge très facilement le temps d'un concert de temps à autre. Surtout que là j'avais déjà vu Sworn Enemy il y a une dizaine d'années en support d'Agnostic Front, et c'est toujours intéressant de revoir un groupe d'un certain poids après un tel laps de temps, au cours duquel il y a même eu un vrai break.

Le faible nombre de voitures aux abords de la salle faisait comprendre tout de suite que ce soir, cela se restreindrait aux plus mordus de la scène et c'était hélas une réunion d'habitués en effet. La douceur de la soirée était peut-être un peu en cause, qui sait ?


Et pourtant le trio Brésilien SURRA lançait remarquablement l'affaire. Leur Crossover est un peu plus traditionnel, mélangeant le Thrash et le HC Punk, Anthrax et les Dead Kennedys. Malgré les paroles en portugais, l'énergie explosive et la communication en anglais international suffisaient à faire comprendre qu'ils sont en colère. Comment ne pas faire le lien avec l'actualité dans leur pays ? Malgré cette circonstance, la débauche d'énergie restait positive et le guitariste principal chanteur gardait une expression souriante au milieu de poses parfois déjantées, perdant même une fois sa casquette retournée. Enchaînant les riffs efficaces, le son restait très primaire mais gagnait en chaleur avec la basse qui pouvait même se permettre une paire d'arpèges rapides (enfin des jeunes qui ont redécouvert tout ce que cet instrument apporte !). Mais le plus marquant restera à mon avis le batteur, toujours dans le tempo, qui frappait fort et haut sur des tempos extrêmes sans trop se forcer. Il en remontrerait à bien de ses confrères qui truquent leurs blasts. Le public appréciait mais restait globalement sur sa réserve pour la suite. Je regrettai d'avoir raté Surra une fois précédente, ils sont dans le haut du panier de ce style qui n'en finit pas de revenir de plus en plus fort.


En parlant de ça, SWORN ENEMY aussi nous est revenu nettement plus costaud que dans mes souvenirs. À part le chanteur, le quintet a été entièrement renouvelé et atteint une puissance de frappe redoutable. Leur HC est très métallisé mais ne ressemble pas à du MetalCore banal, notamment par le chant crié et surtout enfin dignement mixé de manière à gommer ce qui était dans mes souvenirs le principal défaut à l'époque. Un copain sarcastique appelait naguère ce genre de mélange "du Hardcore à la Slayer" mais je pensais plutôt au Kickback des débuts en plus cool, des New-Yorkais comme eux n'ont pas besoin de singer des codes dans lesquels ils se sont forgés depuis la première fois qu'ils ont mis le pied en bas du bloc. La fosse, évidemment, était déchaînée. La symbiose d'énergie entre le groupe remonté comme un coucou et les moshers à fond, cette fameuse "loi de Hetfield" qui veut que l'énergie reçue de l'un pousse l'autre à lui en donner encore plus et réciproquement, se vérifiait une fois de plus. Si bien que le chanteur s'interrompit à un moment pour nous dire qu'il avait vu que tout le monde, absolument tout le monde bougeait jusqu'au dernier rang (oui, moi aussi) qu'il n'avait jamais vu ça et que ça méritait le respect. Et son ton ne sentait pas totalement la galéjade de frontman. Le paquito traditionnel fit beaucoup rire le chanteur de Surra glissé dans l'assistance. Tout en bougeant allègrement, les guitaristes et bassiste assuraient sans trop de déchet avec un son bien plus propre, métallisé là encore, devant un batteur afro relâché et impassible mais impeccable.

La set list, à ce que j'ai compris, laissa large place à un de leurs albums atteignant cette année ses quinze ans. Mais quand l'heure de set approchait, sans qu'on s'en soit rendu compte, fut annoncée une reprise du "Punishment" de Biohazard qui passait parfaitement tant la parenté entre les deux formations est proche. Au titre suivant le chanteur Sal, qui domine le groupe de sa taille et enfin à présent de par son chant poussé comme il le faut, partagea la parole avec un roadie à la bonne gueule avec ses oreilles décollées, qui offrait un ton plus à la Stigma intéressant en contrepoint. Enfin le riff final de "Domination" de PanterA marqua le terme d'un set sans rappel sur un héritage générationnel décidément revendiqué sans complexes. Les complexes, ce n'est pas le genre de la famille et vu le niveau atteint, il ferait beau voir.


Le format à deux groupes laissant la soirée se terminer tôt, nous avons eu tout le temps de nous dire unanimement que ce concert aurait mérité une bien meilleure affluence. Une fois de plus les absents ont eu tort, ce retour fait mal.

Je vous emmènerai très vite assez loin de là tant musicalement que géographiquement…


par RBD le 25/10/2018 à 16:14
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