Tentons de planter le décorImaginez-vous dans le L.A des années 80, dans un hôtel de luxe, attendant un rendez-vous galant, confortablement installé dans des fauteuils d’un velours rouge. Sirotant un martini dry aux alentours de 21h, le regard perçant sous les lumières bleutées, la veste impeccable, vous avez tout d’un playboy sorti d’un épisode de Miami Vice, certain de conclure la soirée en bonne compagnie. Tout vous évoque le plaisir des sens, et soudain, les enceintes du bar commencent à diffuser une musique symptomatique de l’époque, à base de Rock très mélodique et délicatement synthétique, vous affirmant s’il était besoin que vous êtes bien sur la côte ouest à attendre une femme superbe et vous sevrant de mélodies peaufinées…Et si cette mise en situation ne vous évoque pas grand-chose, j’ai exactement la métaphore musicale qu’il vous faut en l’objet du second album du projet PALACE, qui avec Binary Music vient de frapper un très grand coup et de confirmer son entrée dans la catégorie très select des meilleurs représentants AOR de l’histoire, un style pourtant chargé en œuvres majeures et autres disques imparables. Projet du multi-instrumentiste suédois Michael Palace, PALACE est donc la transposition d’un vocabulaire harmonique typiquement eighties dans un nouveau siècle qui en supporte très bien la traduction, mais surtout un véritable groupe viable, qui loin de se contenter de clichés recyclés propose de véritables chansons que les plus légendaires défenseurs du genre auraient pu signer dans leurs temps de grandeur. Auteur d’un premier album très remarqué, Master Of The Universe, Michael honore donc la deuxième étape de son contrat mondial avec les italiens de Frontiers, et concrétise tous les espoirs placés en lui, se permettant même d’éviter l’écueil dangereux de la redite en assouplissant sa musique sans la faire fondre dans un bain de guimauve. 

Après avoir commencé sa carrière comme compositeur et musicien de session pour quelques pointures, dont FIRST SIGNAL (avec Harry Hess de HAREM SCAREM), CRY OF DAWN (et Goran Edman), KRYPTONITE (avec Jakob Samuel des THE POODLES), ou Toby HITCHCOCK, Michael Palace s’envole donc de ses propres ailes de géant, et nous offre une seconde livraison débordant d’énergie et de romantisme eighties. Si le Rock mélodique musclé du premier LP s’est donc estompé au profit d’un Rock west-coast aux influences très prononcées, la qualité est toujours au rendez-vous, transformant même ce Binary Music en tête de gondole d’une jeune discographie. Et tout y passe, des morceaux à l’assise électrique prononcée aux extrapolations Pop dansantes et enjouées, pour un passage en revue de toutes les figures imposées du style, qui trouvent un nouvel éclairage entre les mains habiles de ce petit prodige. Produit en compagnie de Daniel Flores (FIND ME, FIRST SIGNAL, THE MURDER OF MY SWEET), ce second chapitre approche d’une perfection incroyable, tant au niveau des performances individuelles que de la cohésion d’ensemble, et développe des arguments harmoniques imparables, justifiant les nombreuses références dont l’auteur se réclame avec beaucoup de modestie. Et si ses affinités le poussent à se rapprocher d’icônes de la trempe de SURVIVOR, CHICAGO, TNT, GIANT, MUSE, RACER X, TOTO, WHITESNAKE, JOURNEY, GOTTHARD, HAREM SCAREM, TALISMAN, JUDAS PRIEST, MOTÖRHEAD, WINGER, FOREIGNER, ou THIN LIZZY, il y a fort à parier que Michael a disséqué durant sa jeunesse les LP’s des frangins Porcaro, mais qu’il a aussi tendu une oreille sur ceux d’HAYWIRE, de Richard MARX, de TEN, et de tonnes d’autres illustres aînés qui eux aussi, aimaient à taquiner les mélodies pour les insérer dans un contexte de Rock assez smooth, mais d’une crédibilité indéniable.

Précisons d’emblée même aux habitués de l’écurie Frontiers que la tonalité générale de cet album est plutôt soft, parfois à la lisière du Rock, caressant le spectre d’une Pop très élaborée qui pourra rebuter les plus agressifs et puristes. Nous ne parlons donc absolument pas d’un essai Hard-Rock, puisque ce style ne fait clairement pas partie du champ de perception de l’auteur, du moins momentanément. Précédé de deux singles qui annonçaient la couleur pastel, Binary Music est plutôt à prendre comme une ode passionnée à la musique radiophonique des glorieuses années 80, qui trouve ici un écho fervent et fidèle. Mais alors, dans quel sens prendre cette terminologie de musique binaire que PALACE prône à longueur de sillons numériques ? Un clin d’œil ironique à la dématérialisation qui éteint les passions ? Au fait qu’il ne faille concevoir son approche que comme un calcul de programmation informatique utilisant un algorithme analogique du passé ? Non, plutôt comme un transcodage contemporain de données anciennes, et un lifting apporté à un style qui en a clairement besoin pour évoluer avec son temps sans trahir ce qu’il était avant. Et ce qu’il sera toujours grâce au talent de musiciens pareils, qui se moquent des étiquettes et dont la seule ambition est d’écrire et de jouer la meilleure musique possible. Et que les amoureux de la délicatesse west-coast soient conscients qu’ils risquent de faire face à l’un des boulots les plus impeccables de l’histoire, puisqu’en seulement dix morceaux et trente-huit minutes, PALACE n’avait pas le droit à l’erreur et n’en a donc commis aucune. Si techniquement, Michael n’a plus rien à prouver depuis longtemps, mais qu’il continue quand même à le faire, si l’inspiration fut clairement au rendez-vous avec dix tubes potentiels, le travail de production est tout aussi admirable, sonnant d’époque et pourtant moderne, avec cette patine brillante mais puissante si caractéristique de la nostalgie d’antan. Et autant dire que les reproches ne seront pas nombreux, et pour ainsi dire aux abonnés absents.

Certains sur la toile ont regretté le caractère convenu de la ballade de rigueur, qui évoque pourtant les rivages paisibles de Mike & The Mechanics ou même DARE, mais le reste du contenu de cet album a fait l’unanimité, ce que je ne peux que confirmer. Mais avec un morceau d’entame de la trempe de « Binary Music », qui place d’emblée la barre très haute, et la réputation précédant le musicien, il n’est pas étonnant de constater que l’éventail des possibilités a été exploité à fond malgré la brièveté. On trouve donc de tout sur ce magnifique disque, du sautillant aux chœurs très 60’s (et d’une empreinte Billy JOEL/QUEEN assez délicieuse) avec « Queen of The Prom » qui évoque avec brio l’esprit insouciant d’une jeunesse dorée, au Rock dilué de Funk light et de Pop bright (« Nothing Personnal »), en passant par des hybrides Springsteen/Henry Lee Summer (« Dangerous Ground »), et surtout, des hits en veux-tu en voilà, via l’impeccable « Julia », le duveteux « Tears of Gaia », et le trépidant « Love Songs », digne d’une célébration des vœux entre KING KOBRA et le TOTO de The Seventh One. Une musique faussement simple pour enthousiasmer sans frimer, mais réellement complexe dans sa pluralité. Et en tout cas, une fête donnée en l’honneur d’une certaine vision de l’hédonisme musical d’il y a trente ans, qui célèbre la vie et emmerde les préjugés. Et même s’ils ont la vie dure, Michael au travers de sa créature PALACE a de quoi les tuer dans l’œuf. Dans les sièges d’un palace de Los Angeles, un soir d’été, alors que son rendez-vous vient enfin d’arriver…    

 

Titres de l’album :

                         1. Binary Music

                         2. Tears Of Gaia

                         3. Nothing Personal

                         4. Promised Land

                         5. Love Songs

                         6. Dangerous Grounds

                         7. Queen Of The Prom

                         8. Who's Counting Time

                         9. Julia

                        10. To Have And To Hold

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par mortne2001 le 31/12/2018 à 16:21
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