Face à la cadence infernale de parutions, les groupes essaient de trouver des vecteurs d’approche différents pour accrocher l’oreille d’auditeurs potentiels. Souvent tout ça tourne autour d’un concept plutôt nébuleux, pas forcément notable, mais il convient tout de même de souligner quelques tentatives.

Les Italiens de REAPTER ont opté pour une double hélice, en consacrant leur second album à la…réalité que nous traversons tous quotidiennement, réalité qu’ils ont choisi de décrire musicalement d’une drôle de façon. Si une écoute superficielle de Cymstics vous présentera un Heavy à tendance Thrash moderne de bonne facture, une analyse plus poussée de leurs motivations vous révèlera une approche de fond beaucoup plus complexe, spécifique et pointue.

En effet, les Italiens se sont intéressés aux travaux de Hans Jenny, physicien et naturaliste du vingtième siècle, qui avait formalisé ce qu’on a appelé la « cymatique », soit l’étude des vibrations sonores naturelles visibles. Plus en détail, l’observation des effets de fréquences sonores sur des surfaces planes comme le sable ou l’eau. Puisque la nature fonctionne elle aussi en termes de musicalité et de fréquences, les REAPTER ont décidé d’utiliser celle de 432Hz sur leurs propres instruments pour recréer des conditions naturelles d’expression, ce qui je l’avoue, n’est pas forcément flagrant à l’écoute de leur album.

Mais un peu d’audace et d’innovation ne faisant de mal à personne, je ne pourrais que saluer cette initiative, un peu plus originale que les autres, d’autant plus que musicalement, le quintette de Rome s’en sort très bien, même si ses compositions ne proposent pas grand-chose de foncièrement nouveau.

Quintette donc, avec Claudio Arduini au chant, Max Pellicciotta et Daniele Bulzoni aux guitares, Jury Pergolini à la basse et Emiliano Niro à la batterie, pour un groupe dont les origines remontent à 2005, mais qui a pris son temps avant de proposer un produit fini, puisque leur premier album n’a vu le jour qu’en 2010, sous la forme des dix titres de M.I.N.D.

Avant ça, deux EP (First One en 2007 et The Storm Approaches en 2008), puis ce fameux album avant six ans de hiatus/sommeil/silence, pour nous revenir plus percutants que jamais.

Percutant, c’est le mot, quoique cet épithète ne s’accorde pas de l’intégralité de ce Cymstics qui se veut mouvant, malléable et osons le terme, « progressif ». Dans les faits, tout ça se traduit par une hybridation entre un Thrash abordable et modéré, teinté de fortes connotations Heavy évolutif, qui parfois sombre même dans le Heavy tout court, lorsque les rythmiques prennent une pause et que les guitares se ressourcent aux origines de la NWOBHM.

Musicalement, l’affaire n’est pas inintéressante puisqu’elle fait la jonction entre plusieurs mouvements pas forcément contradictoires. Si les influences du Heavy lyrique Italien sont indéniables, les REAPTER y apportent des nuances typiques du Heavy/Thrash Européen, en colorant le tout d’une agressivité toute Américaine. Alors, les noms se bousculent dans notre petit cerveau apaisé par cette fameuse fréquence naturelle de 432Hz, dont ceux de TESTAMENT, celui des années 90 bien sûr, de QUEENSRYCHE pour les développements les plus aplanis, CRIMSON GLORY peut-être dans ces tentatives lyriques ne faisant pas toujours mouche, ou même ANNIHILATOR, qui devient flagrant lorsque les mélodies et les constructions rythmiques s’entrechoquent pour produire une explosion d’émotions (« The Alchemist », très empreint de la technique de Jeff Waters pour multiplier les riffs et les arrangements harmoniques).

En gros, une synthèse de quelques valeurs sûres, un brin de fantaisie personnelle nous reliant à l’orée des années 80, mais surtout, une musique aussi ambitieuse que son concept, qui parfois comme la nature à tendance à tourner en cycles, illustrant le fameux adage de Lavoisier, « Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme », que lui-même avait légèrement piqué à Anaxagore.

Mais se transforme en quoi au juste ? Si quelques attaques se veulent plus franches que la moyenne de l’ensemble (« Tsunami », qui là encore se veut point médian entre un ANNIHILATOR des dernières années et un NEVERMORE un peu allégé ai niveau des watts), Cymstics suit une ligne de conduite logique n’évitant pas les pièges de la redondance, en se basant parfois un peu trop sur la technique de ses musiciens au détriment d’une efficacité plus optimale.

Le tout est très bien agencé et interprété avec application, mais manque encore un peu de folie pour vraiment nous convaincre de son caractère unique, même si les nombreux passages mélodiques précieux valent tous largement le détour par les bois.

Et comme les Italiens n’hésitent pas à allonger leur discours en de multiples occurrences, nous nous éloignons en permanence de ce fameux « Thrash progressif » dont ils revendiquent pourtant l’étiquette.

Le meilleur exemple de cette déviation reste le long et envoutant « Behind a Mask », qui pendant plus de sept minutes refuse toute complication rythmique pour privilégier la fluidité d’un THIN LIZZY adaptée à un contexte METAL CHURCH assez séduisant dans le fond. Des soli rougeoyants, un chant flamboyant, de longs breaks planants, pour une conclusion inévitable.

Non, les REAPTER ne jouent pas du Thrash, mais bien un Heavy précieux et moderne qui tire son inspiration des années 80 autant que des groupes contemporains.

On trouve parfois de quoi rassasier notre soif de décibels, notamment lors des entrées les plus concises, comme avec ce « Useless » qui combine le radicalisme mélodique d’un GRIP INC et la franchise rythmique d’un TESTAMENT, ou à l’occasion du très syncopé « Tram Out », qui ose enfin durcir le ton sans se départir de sa volonté harmonieuse très prononcée.

Le groupe termine sa deuxième expérience par une référence directe à Ananda Bosman (conférencier, écrivain, enseignant, cosmologiste et musicien, visiblement en contact avec des entités « ultra-terrestres ») via sa pièce musicale «Aumega Music Revolution », qui prend la forme d’un long instrumental majestueux, laissant présager de possibilités autres, susceptibles d’apporter une identité personnelle plus forte aux travaux à venir des REAPTER.

 

Pour le moment, et malgré la solidité de l’interprétation et quelques libertés prises avec la tonalité générale, Cymstics reste encore un peu trop flagrant et systématique, et se veut plus somme d’influences que réelle avancée musicale.

 Un Heavy à tendance Thrash un peu trop timoré pour convaincre, mais qui fait montre d’un potentiel indéniable. Mais après tout, tout dépend de la fréquence sur laquelle vous êtes branché.


Titres de l'album:

  1. Repeat
  2. Tsunami
  3. Time Lapse
  4. The Alchemist
  5. Life And Horror
  6. Behind A Mask
  7. Useless
  8. Fallen Angels
  9. Tram Out
  10. Omega Revolution

Site officiel


par mortne2001 le 20/02/2017 à 11:23
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chro séduisante, bon morceau également, merci pour la découverte


Franchement meilleur que les dernières prod de Death Fr...


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Ben oui, normal. Déjà assimiler "vegan" et "antifa" est hors sujet.
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Ravi de lire un report sur Aura Noir


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commandé


Le metal selon les Grammys... Vaste blague.


Candlemass c'est pourris depuis la première séparation des années 90...Avant c'était génial et sombre.


Rien d'autre a faire que d'aller au Botswana ?


Donc Ici on ne peut pas être anti-fa, et vegan sans être aussi une cible...


Les antifas sont effectivement aussi fascistes que ceux qu'ils dénoncent. Pitoyable histoire...


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