MOTORHEAD, MERCYFUL FATE, JUDAS PRIEST, BATHORY, POSSESSED, RUNNING WILD, HELLHAMMER, PROTECTOR, SARCOFAGO, MORBID ANGEL, BLACK SABBATH, PENTAGRAM, DISCHARGE, SEPULTURA, CANDLEMASS, VOIVOD, voici donc la liste des influences revendiquées par ce combo, ce qui vous en dira plus long que n’importe quel discours d’introduction. Ajoutez-y quelques confrères dont les VULCANO et consorts, précisez qu’ils viennent de São Paulo, et le compte est bon, à tel point que j’en lâcherais presque mon clavier pour vous laisser en tête à tête avec leur second LP. Sans aller jusqu’à dire que ces quelques informations sont largement assez suffisantes pour vous faire une opinion, il est clair que les brésiliens de HELLISH GRAVE ne jouent pas vraiment les arlésiennes ou les faux-fuyants, et assument leur désir de bestialité, tout en y conférant quelques nuances. Après tout, on ne cite pas JUDAS PRIEST pour faire joli, mais toutefois, ne vous attendez pas non plus à des combinaisons complexes ou à des formulations ambivalentes. Ici, on thrashe, et on blackise le Thrash, pour le rendre aussi sale et effectif qu’à la grande époque des groupes lusophones des années 80, et le résultat est brut de chez brutes, ce qui aura le don de satisfaire les plus carnassiers d’entre vous. Affublés évidemment de pseudos qui sentent bon la provocation Metal de rigueur (Hellish Angelcorpse – chant, Butchereaper & Liber Falxifer – guitares, Witchripper – basse et Speeddemon – batterie), les HELLISH GRAVE continuent donc leur travail d’exhumation entrepris sur Worship Macabre, via Kill Again Records, (label de VIOLATOR, THE FORCE, ATTOMICA, ça en jette), et nous jettent en pâture dix nouveaux morceaux, toujours aussi bourrins et costauds. Se retrouvant hébergés chez les portugais de Hellprod Records (d’autres lusophones, on reste en famille), les cinq musiciens ne changent donc pas d’un iota leur formule, et bombardent toujours autant l’auditeur de rythmiques nucléaires et de borborygmes incendiaires.

Vous seriez en droit de me dire après lecture de ce laïus, que rien de nouveau ne vous attend sous le soleil noir. Et vous aurez parfaitement raison, le quintet surfant encore sur la vague old-school, depuis bientôt dix ans (leur formation remontant à 2011), et s’en satisfaisant pleinement. Dotés d’un son à décorner les cocus morts et aussi excités que des puces au salon de la literie, les membres de HELLISH GRAVE jouent donc la fausse simplicité d’un Thrash barbare, tel que ses règles en ont été définies par des combos de légende comme BATHORY, SODOM, HELLHAMMER ou VULCANO. Mais ils ont l’intelligence d’agrémenter leur barouf d’une intelligence de composition qui leur permet d’imposer des climats variés, entre le gymkhana sanglant et la litanie pesante, évoquant donc avec beaucoup d’acuité la période 84/86 de l’extrême underground mondial. Se sevrant à la source toujours pas tarie de leur propre pays, mais perméables à l’importance de l’histoire centre européenne de la même époque, les guerriers pourfendeurs du false Metal nous accablent donc de riffs tous plus morbides et dégoutants les uns que les autres, d’un chant à rendre le MAYHEM de 87 vert de jalousie, et de rythmiques aussi basiques que percussives, pour dessiner les contours d’un Thrash primaire mais direct, qui emballera les nostalgiques de la barbaque crue d’antan.

Nous caressant dans le sens du poil en entamant les hostilités par un instrumental délicat, les brésiliens n’attendent pas pour autant l’heure du goûter pour nous claquer d’un burner dans la tronche, et « In Nomine Draculae » d’imposer un panorama désolé, à base de guitares faussement mélodiques et d’une pulsion rythmique épidermique. On reconnait bien là la patte brésilienne, celle qui depuis trente ans n’a pas vraiment évolué, mais qui sait toujours trouver la bonne recette pour nous faire headbanguer. Sale mais pas dégueulasse, ce second LP a le parfum nauséabond des premières démos de HELLHAMMER après un stage prolongé à São Paulo, et si le tout sent le corpsepaint appliqué à l’arrache et la fascination pour les défricheurs du passé, on retient quand même des efforts accomplis pour ne pas passer pour de simples plagiaires. Certes, l’empreinte de Tom Warrior et de ses anciens compagnons est aussi enfoncée dans le sol brésilien que dans l’âme des adorateurs de WARHAMMER, mais le tout est tellement intense, hystérique, et subtilement saupoudré d’une touche de BATHORY/VENOM qu’on se laisse prendre au jeu de la paillardise, d’autant plus que les compositions ont été soignées, et font montre de velléités progressives. Avec humilité bien sûr, l’objectif étant de tout défoncer, mais impossible de voir en cette horde de barbares une simple horde de barbares, et des titres de l’envergure de « Hell No Longer Waits » ou « Macabre Worship » ont largement de quoi vous convaincre de leurs ambitions.

Certes, parfois, les plans rappellent méchamment des hits de la glorieuse ère des débuts du Thrash délétère, une petite intro piquée sur Black Metal, ou un riff pompé sur Satanic Rites, mais peu importe, puisque le jeu à des règles connues depuis longtemps, et qu’un peu de plagiat rend tout le monde fier et content. Très Punk dans la forme, mais méchamment Metal dans le fond, Hell No Longer Waits n’est certes pas l’album vintage de l’année, même pas du mois d’ailleurs, mais reste largement assez bon pour que vous y jetiez une oreille. Comme le groupe n’est pas avare d’un ou deux licks plus Heavy et complètement addictifs, et que la voix d’Angelcorpse a ce raclage des gosiers les plus éprouvés, que parfois la bande son se laisse aller à une démarque crade de MOTORHEAD, et que le tout est joué avec ce sadisme lubrique qui a fait la réputation des plus rigolos des apprentis démons, le tout s’avale d’une traite, et dure juste assez longtemps pour ne pas lasser. Et entre des affolements qui se frottent au chaos le plus absolu, des hits bien troussés (« Over My Haunted Pact », l’envergure d’un BATHORY de transition, « Revenant Awakening », presque aussi nasillard et pervers que du IMPALED NAZARENE), et une énergie collégiale qui donne envie de shooter dans les poubelles, ce second effort permet de se remettre le nom des HELLISH GRAVE en tête, sans en faire une référence absolue. Crust quand il faut (« Locomotive Blast »), avec en cadeau un bonus à rendre Cronos fier de ses rejetons (« Soldiers Of Hell »), c’est du presque tout bon, tout du moins en attendant mieux et plus créatif. Mais un peu de crasse n’a jamais fait de mal à personne.    

               

Titres de l'album :

                            1. Transilvanian Nights (Instrumental)

                            2. In Nomine Draculae

                            3. Revenant Awakening

                            4. Possessed By The Witch

                            5. Over My Haunted Pact

                            6. Macabre Worship

                            7. Lust For Youth

                            8. Locomotive Blast

                            9. Hell No Longer Waits

                           10. Soldiers Of Hell

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par mortne2001 le 13/01/2020 à 18:00
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