« J’ai vu le futur du Rock, et il s’appelle Bruce Springsteen ». (Jon LANDAU)

« J’ai vu le futur de l’horreur, et il s’appelle Clive Barker » (Stephen KING)

« J’ai vu le futur, et ça ne va pas le faire » (SHOCK NARCOTIC

C’est sur que vu comme ça, ça part plutôt mal. En même temps, on s’en doute un peu, entre les prédictions affolantes des économistes, les émeutes et autres révolutions civiles promises par les sociologues, les catastrophes naturelles annoncées par les scientifiques et climatologues, on se doute bien que dans peu de temps, la fête sera vraiment finie. Kaputt. Over. Est-ce pour autant qu’il faille partir en bataille avec ses idéaux en calicot, ou au contraire, se cacher la tête dans le sable en attendant la tempête le cul en l’air ? Selon les SHOCK NARCOTIC la seule option est de prendre acte, de constater le bordel ambiant et le pire à venir, et de le retranscrire en musique. C’est une option plutôt saine artistiquement parlant, cathartique dans les faits, et éminemment bordélique dans le rendu. Car cette assemblée de philosophes bruitistes n’en est pas à son coup d’essai en termes de chaos prophétique, et peut justement se reposer sur une renommée pour énoncer ses théories. Pensez-donc, d’un groupe qu’on croirait anecdotique si personne n’avait jugé bon d’en parler, nous arrivons à un genre de proto-supergroupe infernal, avec dans ses rangs des défricheurs, des vedettes du bruit agencé, des superhéros de la castagne musicale. Jugez du peu, et visez le line-up qui file le tournis :

  • Guitare - Jeff Tuttle (ex-THE DILLINGER ESCAPE PLAN, OLD GODS)
  • Chant - Shawn Knight (CHILD BITE)
  • Batterie - Zach Gibson (ex-THE BLACK DAHLIA MURDER, SHIT LIFE, NIGHTKIN)
  • Basse - Don Slater (BATTLECROSS)

Ok ? Ajoutez à ces quatre-là des visites vocales éparses de Dylan Walker (FULL OF HELL), un mastering de Brad Boatright à l’Audiosiege, et vous avez tous les éléments du massacre à venir entre vos oreilles. Avec un tel pedigree, et des dresseurs de destin de cette envergure, nous étions, nous, fans d’extrême, en droit d’attendre un pamphlet définitif en termes de violence musicale, et c’est pratiquement ce que nous avons obtenu. Certes, avec la modestie de dix-huit petites minutes pour quatorze morceaux, la marge était faible, et du coup, certaines traces restent dans les marges tandis que les bas de page disparaissent à l’impression. Ceci traduit dans un langage plus abordable : bien, mais aurait pu faire beaucoup mieux, et surtout, beaucoup plus violent. Merde, avec des anciens DILLINGER, BLACK DAHLIA et des actuels CHILD BITE et SHIT LIFE, l’épiphanie de Grind touillée façon galette des rois Hardcore devait nous exploser à la gueule et nous enfoncer la fève dans le cul. Au lieu de ça, nous avons droit certes à une démonstration de force, à des morceaux qui valsent dans tous les sens et qui excusent leurs BPM via des riffs déments, mais malgré l’intensité, malgré le chaos, malgré la puissance et les écarts de conduite, il reste une sensation de pas assez, une frustration qui plane entre les sillons. C’est bon, très bon même, mais ça aurait dû être délicieux. Pour exemple, I Have Seen the Future and It Doesn't Work ne parvient pas à égaler la densité d’une rencontre entre BRUTAL TRUTH et FULL OF HELL, et ça c’est dommage. Alors OK, cette impression de Mathcore débile transformé en Grind est palpable, et plutôt agréable. Cette batterie qui sonne tellement compressée (ce qui est logique) qu’elle en perd ses bits est aussi appréciable. Le chant, mixé bien en avant, donne la gerbe de ses invectives. Les arrangements vocaux limite Indus en arrière-plan évoquent le meilleur MEATHOOK SEED. Et il n’y a pas que du Grind malgré le timing étroit. Il y a aussi du Hardcore, du Metalcore torturé façon analogique à la bougie, du Doom tirant sur l’Ambient, et pas mal d’autres trucs. Et ?

Et c’est intense, pour le moins. On pense au NAPALM DEATH époque nineties lorsque ça chauffait entre Barney et les autres et que Mitch mangeait, pensait et régurgitait Indus par tous les pores dissonants de sa guitare. On pense à un krach boursier mis en musique avec les traders se foutant sur la gueule pour vendre leurs dernières actions foireuses avant la clôture. Mais en même temps, on ne pense pas à grand-chose puisqu’elle nous prend à la gorge dès « Erratic Smearing Vitals », boucherie sur laquelle les quatre musiciens s’en donnent à cœur joie. Le timbre assez Barney de Shawn fait évidemment merveille, Tuttle tricote des riffs immédiats qui sonnent aussi dézingués que lorsqu’il rassemblait ses idées chez DEP, tandis que la batterie maltraitée par Gibson souffre de ses toms et de ses peaux sous les coups de baguettes ultrarapides et impitoyables. C’est un maelstrom qui nettoie les tympans à peu près aussi efficacement que le dernier MISERY INDEX, les discordances en plus et la folie aussi, mais finalement, et encore une fois sans jouer les rabat-joie, ça a un goût de trop peu. Trop peu dans le culot, trop peu dans la durée, genre une crise de colère évacuée en quelques secondes et hop, ça va mieux. Sauf que ça ne va pas mieux, et qu’on n’a pas du tout envie que ça aille mieux. On veut que ça empire, et du coup, le côté propre et presque linéaire de la chose nous constipe le cerveau, malgré de jolies tentatives pour s’extirper de la prévisibilité. Les plans les plus glauques sont aussi les plus longs, comme cet hystérique mais mid tempo « Pray For Paralysis », qui n’aurait pas dépareillé sur la dernière compile de ND, ou ce signe de la main adressé aux premiers SWANS par « An Obsession Supreme ». Là, pour le coup, c’est glauque comme il faut, ça pue la mort et les fumées chimiques, et on s’enivre de ce désespoir au point d’en oublier que la réalité est pratiquement aussi déprimante.

« Everyone Is Forgotten » nous laisse sur un sentiment de dégoût pourtant entêtant, et l’affaire est pliée. Et on se fout finalement que toute l’affaire tienne du caprice qui arrange bien Housecore Records, histoire de miser sur des légendes encore vivantes. Parce que si le futur, c’est de la merde, le présent en est aussi. Et on aurait aimé qu’il sente encore plus mauvais.     

   

Titres de l’album :

                        1.I Have Seen the Future

                        2.Erratic Smearing Vitals

                        3.Seed Shooters

                        4.Mutually Beneficial Subterfuge

                        5.Aimless Slogging

                        6.Offspring Hobbled

                        7.Smegma In The Shape Of A Man

                        8.Pray For Paralysis

                        9.Sliced Self / Multiple Lives

                        10.An Obsession Supreme

                        11.As Good As Gone

                        12.Perpetual Regression

                        13.Failure As Tradition

                        14.Everyone Is Forgotten

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par mortne2001 le 25/09/2019 à 17:42
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Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


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