Comme ma réputation en répudiation n’est plus à faire, je vous annonce tout de go que je m’en cogne. Des moqueries, des railleries, des avis génériques et états généraux me définissant comme un sombre crétin incapable de faire la distinction entre extrême et bruit, etc…J’assume mes positions, et mieux, je les consolide en allant toujours plus loin dans la mise en abime de l’art nihiliste, qui finalement, se nourrit du grand tout pour aboutir au chaos. De nulle part au néant, le chemin est parfois biscornu et escarpé, mais de temps à autres, direct et bien tracé. Et celui reliant le point de départ et d’arrivée des indiens de KAPALA est clair. Partir d’un boucan indigeste pour parvenir à un brouet vomitif, se moquant eux aussi des divergences d’opinion quant à la pertinence de leur son. Celui-ci est absolument horrible, et relègue les premières démos de SATANIC WARMASTER au rang de cathédrales sonores aux luxuriances excessives, et les premiers lives de MAYHEM au statut de perfection sonore un peu insipide. Vous avez un peu de mal à me croire et à me suivre, je le sens, mais à vrai dire, je n’ai d’autre argument pour vous convaincre du bien-fondé de ma perception que ce premier EP des originaires de Kolkata, qui repousse les limites de l’ignominie Black Death encore plus loin que les premières vomissures de REVENGE. Admettons-le, ici, tout est laid, même horrible, on frise le non-sens à chaque plan, et la « production », puisqu’il faut bien l’entourer de guillemets, est l’une des plus atroces que j’ai pu endurer depuis les efforts les moins complaisants de GNAW THEIR TONGUES ou SEWER. Alors, toujours tentés ? Bien, continuons.

Pas grand-chose à dire sur ce trio d’infâmes (V.I - basse/chant, A.T - guitare et S - batterie) qui n’a rien sorti en amont de cet Infest Cesspool, effectivement infecté par un virus de vilénie instrumentale aux proportions dantesques. Difficile de dire si la troupe joue du Death à tendance Black ou l’inverse, tant le son de leur instrument est capté avec le moins de soin possible, un peu comme une répète dans une vieille crypte de cimetière au fin fond de Bombay, avec des micros fatigués, histoire d’être les plus raw possible. Raw, le terme est lâché, et vous aurez franchement du mal à trouver truc plus roots que ces quatre morceaux au ridicule achevé, et qui pourtant fascinent de leur patine grossière et sans compromis. Il y a quelque chose de fascinant dans cette entreprise horrifique, qui ne conçoit l’art musical que sous sa forme la plus brutale et primaire, semblant se satisfaire des sonorités les plus crades pour parvenir à son but. Vous assourdir évidemment, et se rapprocher des racines les plus profondément plantées des deux styles qu’ils semblent affectionner. Mais de là à proposer un EP qui ressemble à une vieille maquette des GOATPENIS, il n’y a qu’un seul petit pas que les KAPALA ont franchi, histoire de tremper leurs six pieds dans un marigot de Black saumâtre qui filerait la gerbe au line-up de BLASPHEMY. Je me vois mal retranscrire dans un langage soutenu les offenses que vous vous apprêtez à subir en posant vos tympans sur cet EP qui ne fait preuve d’aucune empathie pour la pratique musicale, et qui s’enrobe d’atours défraîchis, collés sur bande à l’occasion d’un concert nocturne donné en l’honneur d’un diablotin local quelconque.

Pour beaucoup, Infest Cesspool sonnera comme une infamie, comme un hallali total de jeunes branleurs en mal de sensations fortes, et incapables d’extirper de leur matériel des sons probants. Pourtant, au milieu de cette débauche d’horreur surnage un semblant d’esprit frondeur, qui se manifeste parfois avec peine, spécialement lorsque les fréquences sont torturées par un feedback envahissant que le guitariste appellerait certainement un « solo » (« A.K.S », je ne sais pas ce que les initiales veulent dire, mais de toutes façons, le morceau lui ne cherche pas vraiment à communiquer.). Heureusement pour la morale, les quatre tronçons faisant office de morceaux sont entourés d’une intro et d’une outro qui représentent les parties les plus musicales de l’ensemble, alors qu’elles ne sont qu’amalgame de sons graves et Ambient, ce qui en dit long sur l’infernale symphonie. Il semblerait que l’odyssée de ces trois indiens commencent là ou s’achève celle de Mories, qui lui-même n’aurait pas osé sortir un truc pareil, ou alors sous couvert d’un side project anonyme. A la rigueur, il serait possible de concevoir cet EP comme une tentative d’un MERZBOW bien grippé, reprenant fin saoul les premières déjections de répétition des VULCANO et autres SARCOFAGO, tout en détruisant un vieux clavier qui commençait à l’encombrer. De là, la distinction entre bruit et Noise devient très difficile à établir, et si la plupart d’entre vous préfèreront se casser une jambe plutôt que de consacrer vingt minutes à ce truc, d’autres jouiront mentalement à grosses giclées de neurones en prenant leur pied que ce BM Noisy et indocile. Je n’influence personne, mais mon choix est fait. Ceci dit, comme pour la plupart des gens, je suis un incurable taré, ça n’étonnera pas grand monde.

Et vous savez quoi ? Je m’en cogne. Mais alors sévère.


Titres de l'album:

  1. Intro (To War)
  2. Homosapiennihilation
  3. Kapalik Hellstrike
  4. Thermobarik Spear
  5. A. K. S
  6. Outro (Atrocity Cacophony)

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par mortne2001 le 06/01/2018 à 18:09
70 %    270

Commentaires (1) | Ajouter un commentaire


Jus de cadavre
membre enregistré
06/01/2018 à 18:21:48
Du Revenge avec un son à la Darkthrone... Ah vous en voulez de "l'extreme" bah vous vla servi ! Quoi ce n'est que du bruit ? oui. C'est bien ça le truc.

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Pas top, du revival classique.


Ca casse pas trois pattes à la dinde. Voix générique au possible, notamment.


Pour ma part, l'extrait disponible (Black Flame Candle) me rappelle les meilleurs moments de Toxic Holocaust. Je vais du coup m'y atteler plus sérieusement!


Pas mal du tout ce truc ! La chro résume parfaitement bien la chose !
"le Punk s’est toujours très bien marié au Black le plus primal " et ça je plussoie fois 100.


Très intéressante démarche que celle de Sun, d'autant plus par le producteur de The Dø !


Sorceress était vraiment inintéressant, ce que je n'avais jamais ressenti avec Opeth quand bien même je préfère la période Still life / Blackwater park / Deliverance. J'espère que celui-ci rattrapera la donne, faute de quoi je passerai mon chemin à l'avenir.