Il faut savoir se démarquer. Pour exister dans cette jungle de sorties toujours plus dense, il faut obligatoirement proposer quelque chose que les autres n’ont pas. Et je ne parle pas uniquement d’apparence ici, mais bien d’approche artistique. Encore plus lorsqu’on s’inscrit dans une logique Black Metal, le style le plus touffu aux ramifications indénombrables, et qui héberge les artistes les plus illuminés de la planète Metal. Ainsi, les équatoriens d’AVRÆ LVNÆ se sont dit qu’une nouvelle appellation ne pouvait faire de mal à personne, et surtout pas à eux.
Ils ont donc baptisé leur musique Neon Metal, digression Black sur des thèmes classiques, mais traités avec une certaine pertinence psychédélique et Ambient.
Eblis Destructor (batterie, DUNGEON STEEL, NECROMATOSIS, WAMPYRIC RITES), Geist der Natur (guitare/basse/chant) et Wampyric Strigoi (chant, DUNGEON STEEL, GRYMMSTALT, OSCURUS INFERNAL, WAMPYRIC RITES, WINTERSTORM, ex-HEINOUS TYRANT, ex-AVSTRAL FOREST, ex-LE DELIRE DES NEGATIONS, ex-BROKEN MIRROR, ex-LIFE DEPRESSION, ex-NIGHTLY STORMS) ne se contentent donc pas d’un boucan vaguement organisé mais aussi evil que les sabots de Satan, et nous offrent avec leur premier album un petit précis à l’usage des amoureux harmoniques ne crachant pas sur un brin de synthé dans leur musique.
Le résultat est-il aussi original que ces prémices le laissaient espérer ? Oui et non, puisque même avec cet apport mélodique, AVRÆ LVNÆ œuvre dans un créneau de Black atmosphérique traditionnel, aux teintes multiples, et évidemment, souillé par un chant blasphématoire qui s’époumone de la pièce d’à coté, pour conférer un côté mystique à cette première œuvre complète.
Parrainé par les portugais de Signal Rex, AVRÆ LVNÆ donne enfin une suite digne de ce nom à sa première démo, promue l’année dernière, la même année d’ailleurs qu’un split en compagnie de SORROWFUL, WAMPYRIC RITES, VAMPIRSKA, DUNGEON STEEL ET CRISSÄEGRIM. Autrement dit, il est assez facile de noter que le trio n’aime pas sortir de sa zone de confort, même si certains titres de cette première réalisation prennent quelques risques en termes de durée.
Un album au titre abscons, aux intitulés de morceaux imprononçables, pour une messe noire donnée en l’honneur des grands anciens, entre mélancolie sous la lune de sang, et agressivité de fin de soirée avant un barbecue/sacrifice en capuche et breloques. ABIGOR, GEHENNA, RAGNAROK, LUNAR AURORA, EVILFEAST, et MIDNIGHT ODYSSEY sont les références utilisées pour baliser la démarche des équatoriens, et si tous ne sont pas forcément pertinents, ils permettent d’y voir plus clair tant cette musique est opaque, ténébreuse, puissante et mystérieuse.
Découpé en huit chapitres, dont une introduction et une conclusion, Ntdd Strl offre un éventail de possibilités conséquent. Black formaliste, Black aux teintes Folk, Ambient avec synthétiseur bavard dans ses arrangements, chant sous-mixé, interventions en son clair, cassures, déviations, mais amour du travail bien fait, loin du boucan stérile des monstres les moins disciplinés.
Avec en bijou dans son écrin, le long et évolutif « Ls Rgns Hnsptas dl Vnrs », qui pendant plus de dix minutes nous caresse dans le sens du poil soyeux, de ses harmonies passées et de son atmosphère religieuse mais apaisée. AVRÆ LVNÆ s’abandonne à sa propre grandeur, et nous peint un tableau très personnel des enfers les plus romantiques de l’histoire, les flammes consumant ces pétales de roses noires et le vent balayant des terres désolées. Si souvent, l’excuse du synthé permet de faire passer la pilule d’un gothique de superette, il tient ici une place centrale et essentielle dans la composition. Car si les riffs sont très basiques, leur confrontation avec les claviers permet de transcender une inspiration passéiste, mais indéniablement envoutante.
Et alors qu’en amont les mauvaises langues affutaient déjà leur plume pour crucifier le trio de Loja, au jugé de photos promo évidemment photocopiées dix fois, les critiques en seront pour leur frais une fois découvert ce talent inné pour juxtaposer des lignes conductrices en fusionnant de nombreux sous-genres.
Pour aboutir enfin à ce Neon Metal, qui a de faux airs d’arc-en-ciel surplombant une cérémonie funèbre quelconque.
Des gimmicks, mais du talent, AVRÆ LVNÆ appose sa griffe sur la table ronde des chevaliers de la nuit, et laisse présager d’un futur assez radieux/odieux, pour peu que cette philosophie évolue dans le bon sens.
Titres de l’album:
01. Ntr - Cnstlcn d Rn
02. Ntdd Strl
03. N l Mjstvs Nch
04. Crpt Strl
05. Ls Strlls sn ls Js Csmcs
06. Scndnd ls Nfns Cnfn Strl
07. Ls Rgns Hnsptas dl Vnrs
08. Vtr - Cntlcn d Scrpn
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17/05/2025, 18:12
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S'il est du même acabit que le The Cthulhian Pulse: Call From The Dead City sorti en 2020, Mountains of Madness risque d'être un allday listening pour moi.J'ai hâte, bordel !
12/05/2025, 13:44
J'étais passé totalement à côté de cette petite pépite de Death Suédois!Vieux moutard que jamais!Puteraeon glisse de belles ambiances lovecraftiennes sur cet album et les arrangements apportent un plus à l'ensemble.
12/05/2025, 13:42
Necro est sympa, avec de bons passages groovy et d'autres où le groupe envoie du bois.Pas sûr de l'écouter durablement, d'autant plus que le prochain Puteraeon sort le 30 avril prochain.
12/05/2025, 13:40
Sentiment mitigé pour ma part Le chant de Johan Lindqvist n'atteint pas un pouïème de ce qu(...)
12/05/2025, 13:38
Au vu de la dernière vidéo-ITW en date du gonze sur ce site, pour ce qui est de "feu sacré", il a toujours l'air de l'avoir le mec.Je pars donc confiant.
08/05/2025, 09:17
@ MobidOM :oui, pas faux pour la "captation d'héritage" ! :-/ En même temps, s'il a encore le feu sacré et propose un truc pas trop moisi... De toute façon la critique sera sans pitié si le truc ne tient pas la(...)
07/05/2025, 11:52