Plush

Plush

29/10/2021

Pavement Entertainment

Quand on regarde la pochette de ce premier album, on se dit que nom n’aurait jamais pu être plus mal choisi. Ces quatre musiciennes au regard dur et à l’attitude ferme n’ont rien de jolies peluches douces qu’on prend dans ses bras pour se rassurer, et admettent plutôt l’héritage complexe des musiciennes Rock de ces quarante dernières années. A l’image de DRAIN qui mettait en avant des physiques avantageux pour mieux dissimuler une force de caractère énorme et un niveau technique solide, les américaines de PLUSH ne font pas grand mystère de leur beauté individuelle, fondue dans un collectif qui semble soudé, et qui est pourtant sous la coupe solide d’une seule musicienne, Moriah Formica. Sur cette fameuse pochette, c’est elle, la petite brune sur la droite, bardée de noir et de clous, les yeux semblant transpercer votre âme. Et croyez-moi quand je vous affirme que Moriah sait exactement ce qu’elle veut, même si le leitmotiv de son groupe est sans doute le plus simple que le Rock ait connu :

The mission of PLUSH is to bring the heart of rock back to the mainstream with a new fresh spin on the sounds you already love. PLUSH hopes to inspire young women everywhere to follow their dreams, regardless of whatever challenges may lie in the way  

 

Courir après ses rêves pour mieux les rattraper. Un vœu pieux pour beaucoup de jeunes filles dont les espoirs sont foulés au pied d’une société patriarcale qui n’aime rien tant que mettre « la femme » au pas, et si possible, la cantonner à des tâches subalternes ou la garder derrière les fourneaux. Heureusement pour nous, depuis la nuit des temps, des femmes ont refusé ce destin peu enviable, pour enfourcher les motos de la liberté. Mais au-delà du symbole fort renvoyé par ce groupe constitué de jeunes femmes n’ayant pas encore l’âge légal pour boire, ou tout juste, PLUSH incarne cette nouvelle garde Heavy américaine qui refuse les facilités de l’Alternatif, mais qui n’hésite pas à imposer au monde ses refrains fédérateurs et son attitude rebelle.

Après tout, on ne braille pas dans le micro un tonitruant « we are the champions » si on n’a pas les épaules pour supporter les trophées. Et sur ce premier album éponyme produit et mixé par Johnny K aux Groovemaster Recording Studios de Chicago dans l‘Illinois, PLUSH assume sa mission de vulgarisation du Hard-Rock pour séduire le grand-public, en signant pas moins de treize hits à brûler n’importe quelle scène des Etats-Unis ou d’Europe. Douées, les musiciennes le sont, mais elles préfèrent la concision collective à l’exploit individuel, et si la voix extraordinaire de puissance de Moriah se taille la part du lion, la section rythmique soutenue par la basse d’Ashley Suppa et la batterie de Brooke Colucci est d’un appui considérable, tenant compte de l’énergie développée par les guitares de Moriah et Bella Perron.

En somme, les PLUSH pourraient se concevoir comme des anti-RUNAWAYS, des musiciennes qui ont choisi leur voix et leur voie, et qui n’obéissent à personne. Pourtant, si leur musique ne propose rien de vraiment révolutionnaire, on sent que la détermination risque de les emmener loin, ce qu’on constate assez facilement en écoutant le très persuasif « Hate », qui ne fait pas semblant de détester ce qu’il déteste. 

Livré dans un sobre digipack deux panneaux, Plush, l’album, se devait d’être éponyme, puisqu’il constitue une déclaration d’intention claire de la part du groupe qu’il incarne. Un groupe qui survole l’histoire Hard n’Heavy US de ces quatre dernières décennies, qui propose des riffs très nineties et une vision MTV de la violence musicale, mais qui évite tous les poncifs grâce encore une fois à la présence et au charisme musicale de sa frontwoman. Pour suivre Moriah sur les réseaux sociaux depuis un bail, je peux vous affirmer qu’elle ne fait pas semblant d’être ce qu’elle est. Moriah vit la musique, la transpire, la compose, et la joue comme si sa vie en dépendait, et les chansons qu’elle nous offre sur ce premier jet sont autant de tranches de sa vie. Ou de la vôtre.  

On peut trouver ça convenu, on peut penser ça classique, mais on ne peut nier la sincérité d’un quatuor soudé. « Athena » loue la déesse et chasse sur les terres de DRAIN, MY RUIN, tout en admettant l’importance du Hard californien de l’âge d’or. « Found a Way » joue les syncopes, mais garde la mélodie sous le coude, l’un des facteurs cruciaux de l’entreprise qui trouve toujours le juste équilibre entre la puissance et l’harmonie. La combinaison des voix sur les chœurs les plus évidents, ces refrains qui s’envolent presque Grunge, cette candeur soutenue par un professionnalisme acquis à la force du poignet font de Plush un acte de naissance tatoué du sceau de la pouponnière Hard la plus exigeante sur ses quotas.

« I Don’t Care », « Sober » s’opposent et se complètent, l’un faisant un gros doigt d’honneur aux principes qui ne sont pas siens, l’autre acceptant ces moments de faiblesse et de tendresse dont chaque être humain a besoin. Et si l’ensemble du groupe convainc, il est inutile de cacher que c’est le talent de Moriah qui éclate au grand jour, la guitariste/chanteuse se livrant vocalement comme personne, cachant derrière ses mots des émotions qu’elle garde secrètes.

Elle préfère la solitude sur fond de lucidité amère via « Better Off Alone », défie l’ennemi sur « Bring me Down », mais garde la tête haute et la guitare acérée comme une lame. Et si l’album marque parfois le pas de quelques similitudes malheureuses, le contenu a de quoi rassasier les fans d’une musique simple et sincère, qui se pare parfois d’acoustique (« Don’t Say That » un tube imparable), ou qui au contraire embrasse le sempiternel binaire comme un crédo pieux (« Walk Away »).

PLUSH incarne un peu de cette jeunesse qui n’a cure des opinions bridant les rêves et fixant les limites. Et si on y croit, on finit toujours par y arriver. Quels que soient les obstacles.

        

                                                                                                                                                                                                         

Titres de l’album:

01. Athena

02. Champion

03. Hate

04. Found a Way

05. I Don’t Care

06. Sober

07. Better Off Alone

08. Sorry

09. Why Do I Even Try

10. Bring Me Down

11. Don't Say That

12. Will Not Win

13. Walk Away


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par mortne2001 le 03/12/2021 à 15:43
80 %    463

Commentaires (1) | Ajouter un commentaire


Stéphane
@176.179.130.56
08/12/2021, 06:50:19

D'enfer

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Jus de cadavre

Ils nous enterreront tous ces cons là ! Même Drucker fera pas le poids !

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foja

masters. jamais vraiment

19/01/2022, 19:15

Simony

J'avoue qu'elle est pas de moi, c'est Jus de cadavre qui avait proposé ce style pour SCORPIONS et j'ai trouvé que ça leur allait bien

19/01/2022, 18:10

pierre2

"Never Retired Hard Rock Masters, Allemagne"J'avoue, j'ai ri - merci !

19/01/2022, 15:11

Humungus

Merci grin.(sic)

19/01/2022, 13:36

grinder92

@humu : tu cliques sur le tag "Druid Lord", ça te proposera cette chronique et également celle-ci : http://www.metalnews.fr/chroniques/grotesque-offerings 

19/01/2022, 10:35

Simony

C'est un des groupes dont j'attends leur nouvel album, le titre partagé m'avait beaucoup plu, à creuser car la chronique donne clairement envie.

19/01/2022, 08:12

Humungus

Comment fait-on pour retrouver ta chronique de leur deuxième galette ?

19/01/2022, 07:29

Humungus

Une de mes découvertes de l'an dernier...Hâte de foutre une oreille sur cet album putain !

19/01/2022, 07:26

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En rappel avec The Number Of The Beast, The Evil That Men Do, Iron Maiden et Sanctuary....   

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Un concert de Maiden sans Fear of the Dark c'est pas vraiment un concert de Maiden.

18/01/2022, 19:02

Simony

Merci Gargan, c'est corrigé.

18/01/2022, 14:32

Gargan

C'est leedET. Suis curieux d'écouter les autres titres, en espérant qu'ils gardent l'urgence de l'extrait mis en avant. Aucune info sur le line-up, mis à part le type de mare cognitum au chant.

18/01/2022, 10:32

Simony

Idem pour moi Eyziel, pas convaincu du tout de ce second extrait. A voir dans la globalité de l'album comme tu dis.

18/01/2022, 08:02

Simony

Ben moi je prends cette idée. Ils l'avaient fait pour A Matter Of Life And Death et c'était vraiment bon. Et comme ce dernier album me plait beaucoup... why not ? Reste à savoir si la date de juin à Paris aura bien lieu...

18/01/2022, 08:01

eyziel

Je l’attends énormément mais je ne suis pas super convaincu des morceaux dévoilés, surtt dark horse. Après on verra un album de Messa ça s’écoute d’une traite. 

17/01/2022, 22:48

Jus de cadavre

Je l'ai trouvé efficace mais très impersonnel. La prod générique au possible y est pour beaucoup.

17/01/2022, 19:13

LeMoustre

Il est très bien ce titre.

17/01/2022, 17:37

Goughy

Le saviez-vous ?2 morceaux (le 1 et le 11) se trouvent sur aussi l'album de reprises d'Helloween "Metal Jukebox"Je ne sais qu'en déduire : influence majeure de ces morceaux sur la scène heavy/speed ? ou perception "différente" (...)

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