Un jour, un enfant demanda à Michael Jackson si lui aussi allait faire pipi. Cette interrogation touchante de naïveté en disait long sur l’aura qui entourait les stars à l’époque, et ce matin, je me sens aussi naïf qu’un jeune enfant face à une autre star, plus modeste en termes de rayonnement, mais importante dans le petit monde du Hard Rock mélodique. Et si je l’avais en face de moi, je lui poserais une question similaire, quelque chose du genre, « Mais dis-moi Alessandro, toi aussi tu manges et tu dors des fois ? ». J’en conviens tout ceci est un peu ridicule, d’une parce que je ne suis plus un enfant depuis longtemps, et d’autre part, parce que je sais qu’Alessandro Del Vecchio mange sur un bout de console quand il a le temps, près du lit de camp installé dans la même pièce. Mais sincèrement, et en toute honnêteté, malgré sa passion dévorante et son investissement permanent, je me demande comment le musicien/producteur fait pour tenir la distance quand le devoir l’appelle, tant son nom est toujours cité dans les crédits des produits estampillés Frontiers. Et lorsque le label italien sort une salve d’albums coup sur coup, l’étonnement cède la place à l’admiration tant le bonhomme abat un travail de titan pour que chaque LP atteigne des sommets de qualité, ce qui est une fois encore le cas avec le troisième album des REVOLUTION SAINTS.

Certes, le magicien du son et multi-instrumentiste est toujours bien entouré, et cette fois-ci encore plus, puisque pour les néophytes, ce groupe est constitué d’un concentré de who’s who du gratin des années 80, et d’habitués des collaborations nobles. Pour ceux ignorant encore qui se cache derrière ce nom malgré deux premiers albums impeccables, sachez que les REVOLUTION SAINTS comptent dans leur rang trois mercenaires de la mélodie que les nostalgiques 80’s connaissent mieux que quiconque. Avec un line-up constitué de Deen Castronovo (WILD DOGS/JOURNEY/BAD ENGLISH) à la batterie et au chant, de Jack Blades (NIGHT RANGER, DAMN YANKEES, BLADE & SHAW) à la basse et au chant, et de Doug Aldrich (THE DEAD DAISIES, DIO, WHITESNAKE, BAD MOON RISING) à la guitare, ce projet, viable sur le papier est devenu une institution du Hard Rock mélodique américain, et négocie aujourd’hui le virage délicat de son troisième LP avec ce Rise, qui semble oublier qu’ils ont décollé depuis longtemps.

Produit par Del Vecchio, qui a aussi mis la main à la patte des compositions, tout comme Dan Rossall (PASSION, dont je vous ai parlé il y a peu), compositions gérées par l’équipe rodée Del Vecchio, Aldrich et Blades, Rise n’est rien de moins que la preuve ultime du génie harmonique du trio. Et affirmons-le aujourd’hui sans avoir peur d’en dire trop, REVOLUTION SAINTS n’est rien de moins que l’équivalent 2K du JOURNEY des années 90, avec ce mélange unique et magique de mélodie et de puissance qui évoque les meilleures œuvres de Schon & co. Sans dévier d’un iota de leur ligne de conduite établie depuis leur premier éponyme, les trois musiciens chevronnés continuent de faire ce qu’ils savent faire de mieux, en se basant sur leur talent individuel transcendé par un effort collectif. Evidemment, tout ceci semblera très convenu aux abonnés du Hard mélodique US de ces dix dernières années, et aux productions Frontiers qui peuvent parfois sembler normalisées par une production parfaite, mais aux points communs flagrants qui confère à l’ensemble du tableau une homogénéité qui peut gêner. Mais dans les faits, et en rentrant dans les détails, Rise n’est rien de moins qu’une preuve de plus à ajouter au dossier de la défense du label transalpin qui depuis les années 2010 domine de la tête et des épaules la production mondiale. Rien ne peut vous choquer dans cette démonstration de flair. Pourtant, en quelques années, la méthode n’a absolument pas changé, avec ce désir de trouver le bon équilibre entre force et tendresse, et en mixant un Hard Rock typique de la scène américaine des années 80 et un AOR de la même époque. On retrouve donc nos trois musiciens dans une forme olympique, spécialement lorsque le tempo s’accélère et que le ton durcit un peu, à l’image de « Higher » qui aurait fait merveille dans le répertoire de tournée du JOURNEY de 95/96. Tout est convenu, prévisible, certains titres peuvent même être sifflotés sans qu’on les connaisse, mais la magie qui s’opère, la joie de retrouver de vieux amis au doigté incomparable, et l’osmose qui unit les trois légendes transforment un album prévisible en épiphanie de joie, ce que le premier morceau « When The Heartache Has Gone » confirme de sa beauté formelle et de son énergie de samedi soir. La voix de Castronovo est toujours aussi belle et puissante, avec son timbre proche de Steve Perry/Arnel Pineda, et son jeu de batterie toujours aussi percussif lorsque le contexte n’exige pas de prouesses. De son côté, Doug Aldrich se contente de plaquer les riffs les plus précis et fluides, se lâchant plus volontiers dans ses soli qui avaient fait de lui à une époque le guitariste le plus recherché du marché. Jack Blades, un peu en retrait, assure la liaison entre les deux hommes, reste sobre, mais s’autorise quelques chœurs bien placés, ce qui nous offre un équilibre parfait.

Pas de révolution/révélation donc, juste un Hard-Rock aux harmonies très prononcées, pas vraiment AOR, mais trop tendre pour être saignant, sans rien perdre de son énergie. Les ballades, écueil de ce genre de projet ont le mérite d’être peu nombreuses et discrètes, et une seule est parvenue à se frayer un chemin dans le tracklisting final, intelligemment placée en fin de course. Vous avez tout à fait le droit de ne pas apprécier « Eyes Of A Child », et sa naïveté un peu trop appuyée, mais elle permet à Dean de faire montre de ses talents vocaux que les années ne parviennent pas à émousser. De plus, son parfum est plus mélancolique que sirupeux, ce qui permet de fermer les yeux sur ce court moment d’émotion. Comme je l’évoquais plus en amont, la production de Del Vecchio porte les stigmates de ses anciens travaux pour Frontiers, avec une dynamique prenante et des contours policés, s’adaptant parfaitement aux optiques choisies, qu’elles soient médium et consensuelles (« Price To Pay »), ou plus foncièrement Rock n’Roll et sauvage (« Rise »). Mais avec un timing raisonnable et un nombre de morceaux ne l’étant pas moins, Rise est un modèle exemplaire dans son créneau, prônant l’équilibre parfait au sein même des titres, et non pas un mélange externe malhabile entre slows dégoulinant de saccharose et inserts féroces. L’épitomé de cette philosophie se comprend à chaque seconde, avec des hits de la trempe de « Coming Home », ou « It's Not The End (It's Just The Beginning) », le groupe ne perdant pas de temps sur les chemins allusifs pour privilégier l’authentique. On savoure donc chacune de ces tranches de vie, conscient que ces trois professionnels ne nous surprendront pas, mais acceptant leur talent universel comme dogme définitif. Dès lors que les attentes les plus folles sont remisées par devers la raison, l’album se déguste comme un nectar sucré mais pas trop, et REVOLUTION SAINTS continue donc son parcours sans drainer de déçus dans son sillage.         

   

Titres de l’album :

                           01. When The Heartache Has Gone

                           02. Price To Pay

                           03. Rise

                           04. Coming Home

                           05. Closer

                           06. Higher

                           07. Talk To Me

                           08. It's Not The End (It's Just The Beginning)

                           09. Million Miles

                           10. Win Or Lose

                           11. Eyes Of A Child

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par mortne2001 le 08/02/2020 à 17:35
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"quand on veut écouter du vieux Death Metal qui schlingue la gerbe et la bile, on se coltine un vieil INCANTATION, un des premiers BOLT THROWER, et vogue la gerbe le long du canapé"
:D !


Ah et puis Sieur Simony, je n'ai pas pu attendre votre fameux crédit à si faible taux...
Ma pré-commande est déjà passée.


Titre plus que prometteur en effet !