Rotten Romance

Bloody Heels

10/06/2022

Frontiers Records

Quand on l’est, letton vraiment ? Oui, et toutes mes confuses pour ce calembour déplorable sur la nationalité de nos BLOODY HEELS chéris, ceux qui portent des talons aiguilles pour écraser la tronche de la vague nostalgique et s’asperger de sang de traître. Les BLOODY HEELS font partie de cette nouvelle génération de groupes élevés en couveuse par FRONTIERS, mais qui possédaient un ADN propre avant d’être enfermés en studio. D’ailleurs, il ne s’agit que du deuxième album que les lettons offrent au label italien, deux ans après l’excellent Ignite The Sky. Through Mystery était lui distribué plus intimement par KS Records, ce qui ne l’avait pas empêché de faire pas mal de bruit au niveau local, plaçant le quatuor dans le peloton de tête des groupes à suivre.  

Que de chemin parcouru donc depuis 2017, et il est certain que BLOODY HEELS présente aujourd’hui un visage terriblement professionnel, ainsi qu’une musique très mature et néanmoins enthousiaste et énergique. Ces musiciens décidés (Valts Berzins (Vicky White) - chant, Haralds Avotins (Harry Rivers) - guitare, Gunars Toms Narbus (Gunn Everett) - basse et Gus Hawk (Gustavs Vanags) - batterie) nous proposent donc un instantané de leur vie en 2022, et le postulat artistique qu’est Rotten Romance a de quoi donner envie de signer n’importe quel contrat de mariage à vie.

Gardant leur démarche intacte, prônant des valeurs d’ouverture entre tradition et modernité, les BLOODY HEELS arpentent les trottoirs des eighties et nineties le pas tranquille et la mine enjouée, pour offrir au public un résumé de ces trois ou quatre dernières décennies sans tomber dans le piège de la synthèse anonyme et trop connotée old-school. Entre assise contemporaine et regard vers le passé, ces onze nouveaux morceaux mettent en haleine et font perler la sueur sur le front, dès le riff d’introduction en crescendo de « Dream Killers », premier hit de l’album qui nous plonge dans un bain bouillant.

On prend immédiatement acte de cette production solide, de cette guitare méchamment aiguisée, et de cette section rythmique performante. Entre Hard à l’américaine et Heavy à l’allemande, les lettons agitent nos petons sur un air bien connu, entre couplet agressif et viril et refrain plus modulé et féminin. La recette est éprouvée, mais fonctionne ici à plein régime grâce à la passion du quatuor pour un Hard musclé mais nuancé. « Rotten Romance » reste dans la même lignée, bourré d’arrangements subtils et de licks gonflés, et en deux morceaux, BLOODY HEELS nous rallie à sa bannière et nous fait marcher à pas cadencé. Pur produit moderne d’un amour pour le Metal de tradition, ce troisième album en passage d’excellence obligé confirme toutes les bonnes impressions suscitées par le groupe ces huit dernières années.

Et avec un frontman de la trempe de Valts Berzins, l’enthousiasme l’emporte sur le scepticisme vintage. On pense parfois à MAXXWELL en version plus diversifiée, aux mythiques PINK CREAM 69, et à pas mal de choses, même si la musique garde ce caractère personnel indéniable.

Alors, des tubes, encore des tubes, comme s’il en pleuvait au mois de juin. Totalement maîtres de leur sujet, les lettons remettent une copie parfaite, juste assez longue pour rassasier la curiosité, mais assez courte pour ne pas lasser. « The Velvet » se lance même dans une opération séduction AOR/Heavy dans la plus droite lignée d’un métissage HAREM SCAREM/STONE TEMPLE PILOT, tandis que le trépidant « Distant Memory » nous fait courir comme des lapins devant des phares allumés à plein rendement.

Célébration du headbanging le plus cathartique, Rotten Romance est une histoire d’amour sincère entre un groupe et le Hard n’Heavy des années 90. Beaucoup d’intros bien senties, des mélodies vocales riches, quelques chœurs de stade, et l’affaire est emballé, emballe, et pesée. Bien que fondamentalement traditionnel, BLOODY HEELS se hisse dans le top 3 des sorties Frontiers de ce mois de juin décidément très clément. Les lettons savent imposer des burners construits sur des humeurs contradictoires mais complémentaires (« Mirror Mirror »), oser le Post-Grunge sans vraiment s’y immerger complètement, mais surtout, composer de véritables morceaux, et non de simples excuses électrifiées pour occuper le terrain de la nostalgie actualisée.

Je mettrai donc en avant le formidable et syncopé « Burning Bridges », qui ferait danser un paralytique, et le final tendre « Oblivion », pour ses harmonies fortes et son potentiel dramatique certain. Mais à vrai dire, même après un nombre conséquent d’écoutes, Rotten Romance s’avère tout indivisible, même décomposé en chapitres d’importance fonctionnant au premier degré.

Alors, romance pourrie ou flirt poussé ? La seconde réponse est la bonne, et les BLOODY HEELS maîtrisent de mieux en mieux ces œillades énamourées et ces baisers plein de fougue et de passion.  

  

  

Titres de l’album :

01. Dream Killers

02. Rotten Romance

03. The Velvet

04. Distant Memory

05. Hour Of Sinners

06. Mirror Mirror

07. When The Rain And I Meet

08. Crow’s Lullaby

09. Burning Bridges

10. Angels Crying

11. Oblivion


Facebook officiel


par mortne2001 le 22/06/2022 à 16:01
85 %    28

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

HELLFEST 2022 / Part 1 / Du jeudi 16 au dimanche 19 juin

Jus de cadavre 30/06/2022

Live Report

Interview de NESTOR

Chief Rebel Angel 25/06/2022

Interview

The Ocean + PG Lost + Psychonaut

RBD 10/06/2022

Live Report

NECROWRETCH + HEXECUTOR + LORD GALLERY / Rennes (Ubu)

Jus de cadavre 01/06/2022

Live Report

Agressor + Mercyless

RBD 28/05/2022

Live Report

100 Albums à (re)découvrir - Chapitre 2

mortne2001 26/05/2022

La cave
Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Harry Klein

Je trouve les idées "zombie truc" affreusement rincées mais le morceau est effectivement très bon et appétissant. 

01/07/2022, 09:48

LeMoustre

Parfait ça. Achat direct comme prévu 

01/07/2022, 09:39

Simony

Commande faite, je ne sais pas si notre cher Mortne2001 connait ça... C'est le Thrash que j'aime !

01/07/2022, 09:08

Jus de cadavre

Hé oui c'est vrai ! Mais bon c'est la force du Hellfest : son affiche de malade qui à chaque fois te fait dire "aller j'y retourne !"

30/06/2022, 22:53

RBD

Hé, JdC, je croyais que tu ne voulais plus retourner au Hellfest, ha ha !! Le covid a changé bien des choses. Nous avons tous très faim.Je ne suis pas étonné, autrement, de l'excellente impression laissée par Agressor, ça m'a fait (...)

30/06/2022, 14:55

Simony

Totalement d'accord avec toi Jus de cadavre, c'est du tout bon avec cet esprit simple et efficace que j'aime beaucoup dans ce groupe.

30/06/2022, 14:43

Jus de cadavre

Simple, basique, efficace. 

30/06/2022, 11:53

Jus de cadavre

Cette prod encore ! Un petit côté Thrash de bâtard ce titre, avec un son de tronçonneuse. Le pied.Super nouvelle en tout cas, ça sent un top de fin d'année cet album... 

30/06/2022, 11:43

Gargan

Le petit clin d'oeil sur la police de caractères

30/06/2022, 11:35

M\'Z

Merci beaucoup pour le repartage, je mets le lien d'écoute sur toutes les plateformes digitales :

30/06/2022, 09:11

Arioch91

J'attends de découvrir tout l'album avant de passer à la caisse.Scourge of the Enthroned n'avait pas duré longtemps dans mes esgourdes.Alors j'espère que celui-ci se montrera plus passionnant.

29/06/2022, 22:12

Buck Dancer

Je préfère quand même les clips qui se passent dans un hangar, bien plus original.Sinon, je m'en lasse pas de ce morceau. Si le reste de l'album est du même niveau, ils vont enterrer la "concurrence". 

28/06/2022, 18:44

Deathcotheque

Mauvaise traduction très certainement.Conseil à tous : utilisez DeepL au lieu de Google traduction quand vous avez besoin d'une traduction correcte.

28/06/2022, 14:49

Orphan

On ne peut que saluer le travail de cette vidéo, qui à la mérite de raconter qqchose. A l'image de ce morceau, au moins il se passe un truc dans ce clip.

28/06/2022, 11:35

fallwarden

musicalement ignoble, hyper formaté et ultra prévisible. 

28/06/2022, 06:35

Steelvore 666

Le groupe commente...Euh non en fait. C'est quoi ce charabia ? Une mauvaise traduction ou un concept complètement con à travers lequel personne ne comprendra rien ?

27/06/2022, 15:15

LeMoustre

Ahah, "Dave Mustaine presents", c'est comme Tom Cruise avec Top Gun, quoi !Les couplets chantés font furieusement penser au vieux Megadeth dans leur phrasé. Parties de guitares très bonnes, rien à dire. A voir le son, sur ordi dur de juger, mais l(...)

27/06/2022, 10:08

Hoover

Une synthèse entre un vieux Megadeth qu'on avait un peu oublié et le Megadeth récent (que personnellement j'aime bien). Super morceau!

26/06/2022, 06:16

Humungus

Ouch !!!Intrigué par vos commentaires, je me suis laissé tenté à une écoute (l'aurai-je fais sans cela ?)...Puis deux...Puis trois...Claquasse !!!Alors effectivement, rien de nouveau sous le soleil, mais un cassoulet r&eac(...)

25/06/2022, 07:22

Jus de cadavre

Ben putain ! Je pensais pas apprécier du Megadeth comme ça un jour ! Même le chant de Dave le canard est pas repoussant ! Incroyable. Et le clip a de la gueule.

25/06/2022, 00:44