Il y a six ans, sortait un album unique, sorte de faux « concept album » écrit à la gloire d’un Hard Rock mélodique de grande qualité. Le projet ne passa pas inaperçu, il faut dire qu’il était aussi ambitieux que réussi, et aujourd’hui, il trouve une seconde jeunesse via cette réédition agrémentée d’un bonus, qui permettra aux étourdis de se rattraper et de découvrir.

Mais retournons un peu dans le passé, pas si lointain d’ailleurs…

Deux musiciens à l’origine de ce projet, Pierpaolo Monti (SUVERSIVE) et Amos Monti (duo basse/batterie), vite accompagnés dans leur entreprise par Marco "Dandy" D'Andrea et Mario Percudani aux guitares. L’homme à tout faire/multi-instrumentiste de l’écurie Frontiers Alessandro Del Vecchio (Ina Paice, Bobby Kimball, sans compter les dizaines d’autres qui ont profité de ses services) se chargea de la production de l’objet en question, y insufflant tout son professionnalisme et son amour d’une musique hautement mélodique et ciselée.

Le but du jeu ? Enregistrer le meilleur album de Hard Rock/AOR possible, en partageant la carte des desserts avec la crème des musiciens du cru, pour obtenir un menu all-star-cast, regroupant des vocalistes et musiciens de légende autour d’un même but. Et ce but, aussi ambitieux fut-il, fut atteint au-delà de toute espérance, puisque ce Shining Line, sorti pourtant tardivement, représenta l’acmé d’une créativité née dans les années 70, et ayant connu son apogée la décennie suivante.

Un simple petit coup d’œil au générique du film pour les oreilles fait tressaillir. Jugez du peu, des interventions vocales de Harry Hess (HAREM SCAREM), Robin Beck, Brian LaBlanc (BLANC FACES), Erik Martensson (ECLIPSE, WET), Gabriele Gozzi (MARKONEE), Michael Voss (MAD MAX, CASANOVA), Michael T.Ross (HARDLINE, Lita FORD), Michael Bormann (RAIN, JADED HEART), Johan Bergquist (ELEVENER), Bob Harris (AXE, EDGE OF FOREVER), j’en passe, et des plus ou moins illustres, tous unis pour accoucher d’un des meilleurs albums du style, qui six années après sa sortie n’a rien perdu de sa superbe.

Ce genre de projet à la base est pourtant risqué, et se frotte souvent à l’écueil de la complaisance et de l’étalage gratuit de grands noms dont la participation se résume souvent à une apparition fugace ou à un simple gimmick. Sauf qu’ici, le professionnalisme et la passion des géniteurs du concept ont assuré un background de luxe pour tous ces VIP mélodiques, en travaillant leur partition pour offrir à tous ces musiciens des compositions de grande classe.

Et finalement, Shining Line, de simple projet ambitieux est devenu une référence à part entière, au moins aussi pertinent et historique que les testaments de PHENOMENA disséminés entre les eighties et nineties.

Vous voulez du Hard Rock de luxe, strié d’harmonies vocales sublimes et se reposant sur des structures Rock inspirées et volubiles ? De la sensibilité et de l’énergie ? De la douceur, de la chaleur, de la puissance et de la sincérité ?

Alors cette réédition est faite pour vous, et je ne saurais que trop vous conseiller de l’écouter avec une grande attention pour comprendre l’importance de l’apport de la scène Italienne à la cause…

Relancée sur le marché par Street Symphonies Records, de véritables orfèvres et amoureux du genre, cette « compilation de rêve » n’est rien de moins qu’un des plus grands albums su style. Et lorsque les compositions se montrent à la hauteur des interprétations vocales – ce qui est le cas quasiment tout le temps – on atteint des sommets, et la joie de retrouver des chanteurs/chanteuses de la trempe de Hess ou Beck est tangible, patente, et vous fait dresser les poils sur les bras.

Avec une équipe instrumentale au sommet de son art, on vibre sans arrière-pensée, et certains titres de cet album pourraient sans peine rivaliser avec des classiques de JOURNEY, de TOTO, de HAREM SCAREM et autres chantres d’un Hard-Rock harmonieux et mordant.

On reconnaît évidemment la patte de Del Vecchio à chaque détour d’arrangements, mais sans la contribution énorme du quatuor de base, l’entreprise n’aurait été que vacuité surfaite et prétention indigeste. Les quatre lascars ont composé de véritables chansons, qui permettent aux vocalistes de nous rappeler à quel point nous les aimons.

Ainsi, « Amy » avec en guest Harry « HAREM SCAREM » Hess, se rapproche dangereusement d’un hybride surréaliste entre les meilleurs moments discographiques des Canadiens, le tout mâtiné d’un esprit mélodique à la KING KOBRA/JOURNEY, pour aboutir à un hit absolu qui fera fondre les plus durs d’entre vous.

De son côté, la sublime ballade « Heat Of The Light » nous permet de retrouver avec délice la voix chaude et sensuelle de Robin Beck, qui transcende de ses envolées les couches de piano, alors que les guitares viennent apporter leur touche dramatique à l’ensemble.

En apparté, Mikael Erlandsson se taille un morceau de lion sur le très dynamique et mélodique « Can’t Stop The Rock », véritable déclaration d’amour au genre qu’il nomme sans détours, alors que Michael Voss démontre l’étendue de son talent vocal sur l’irrésistible « The Infinity In Us », gonflé de chœurs fédérateurs et de riffs accrocheurs, le tout délicatement posé sur un refrain taillé pour les stades.

S’il est évident que l’entame progressive de « Highway of Love » déroule le tapis rouge de velours pour une montée vers le paradis en compagnie d’Erik Martensson (dans un registre HAREM SCAREM période Mood Swings de toute beauté), et que l’on en trouve écho sur le léger et ciselé « Strong Enough » animé par les cordes vocales de Robbie Lablanc, d’autres pépites plus brillantes se cachent dans les sillons de ce Shining Line, comme le très musclé « Homeless Lullaby », boosté par la passion d’Ulrich Carlsson, ou le catchy « Unbreakable Wire », qui propose le refrain le plus immédiatement séduisant.

Comme son pendant original, cette réédition se clôture sur le magnifique triptyque « Under Silent Walls » qui place en avant le talent instrumental de l’équipe de base, même si un interstice très malin en compagnie de Michael Bormann est judicieusement placé en son centre. Guitares qui caressent, qui frôlent la peau de la sensibilité, mélodies oniriques magnifiques, c’est un ultime quart d’heure sublime qui offre un épilogue digne de n’importe quel chapitre de ce tome écrit pour la légende…

Ne le cachons pas, même aussi proche dans le temps, cette réédition est d’importance. Elle vous permettra, si vous aviez loupé le coche de découvrir un des plus beaux projets Hard-Rock/AOR de l’histoire de la musique Européenne, qui depuis la fin des années 90, a rattrapé son retard sur les Etats-Unis en terme de créativité et de sincérité.

Une heure et vingt minutes de musique fantastique, jouée par des vrais amoureux et passionnés, qui ne font pas semblant et s’investissent pleinement. Une mine de tubes, une voie lactée d’étoiles qui ne pâliront jamais, et plus simplement, l’un des meilleurs albums du genre.

 Lorsqu’on aime, c’est pour toujours paraît-il. Et Shining Line est sans contestation possible l’illustration musicale la plus parfaite de ce postulat. Comme un ciel d’été qui unit les cœurs des amoureux sous une lumière de nuit…


Titres de l'album:

  1. Highway Of Love (Erik Martensson)
  2. Amy (Harry Hess)
  3. Strong Enough (Robbie LaBlanc)
  4. Heaven's Paths
  5. Heat Of The Light (Robin Beck)
  6. Can't Stop The Rock (Mikael Erlandsson)
  7. The Meaning Of My Lonely Words (Michael Shotton)
  8. The Infinity In Us (Michael Voss)
  9. Still In Your Heart (Bob Harris)
  10. Homeless' Lullaby (Ulrich Carlsson)
  11. Follow The Stars (Phil Vincent) [European Bonus Track]
  12. Unbreakable Wire (Brunorock)
  13. This Is Our Life (feat. The Italian Rock Gang - EXCLUSIVE BONUS TRACK)
  14. Under Silent Walls - Part I _ Blossom, From Night To Dawn
  15. Under Silent Walls - Part II _ Alone (Michael Bormann)
  16.  Under Silent Walls - Part III _ Epilogue, Death Of Cupid

Site officiel


par mortne2001 le 19/12/2016 à 16:57
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Me voilà plus que convaincu, les gars.
Oui, JusdeCadavre : Tu m'étonnes, à 1 heure c'est sûr que ce serait dommage. Bah, remarque, j'ai le xtrem fest à 1 heure, mais vu l'affiche HxC sans metal l'an dernier, j'y suis pas allé.
Bon, Humungus, tu chopes la place chez qui ?


Justement je ne connais pas le reste de leur discographie, je ne me suis guère intéressé a la scène black, un peu impaire nazarene avec ugra karma, Samuel,, les vieux Venom ou Bathory ou encore Aura noir


mdr c'etait trops gros


pas de soucis ;)


@joelindien : faudra pas hésiter à nous dire ce que tu en as pensé par ici du film ! :)


en choppant les places j'ai vu que le meme jour ils diffusent le documentaire sur L7 aussi ;) mais a la meme heure ....


"Soulside journey" (comme toute la discographie de DARKTHRONE d'ailleurs) est une pure tuerie.
Point barre.


Soulside journey est un très bon album , je l'ai découvert il y a quelques années seulement. Il est toujours agréable à écouter , une belle réussite.


Petite inversion, le 8 février ce sera à Toulouse et le 9 à Rodez. Yes une date en Aveyron


Enfin pas les 3 quart, mais je me comprend (de ceux que je veux voir quoi...).


LeMoustre : peut être pas faux concernant le public, mais bon le Motoc étant à 1h de chez moi... et puis allant au Netherland Deathfest en mai, j'y verrais les 3 quart des groupes présent au Metal Mean. :). Mais un jour j'en serais sans soucis ;)


Cela fait une paire d'années que j'y traine mes guêtres ouais...
C'est d'ailleurs pour ça que j'en fais un peu la propagande sur METAL NEWS car j'estime que c'est un fest qui mérite amplement ce genre de pub :
- Organisé par des passionnés pour un public qui l'est tout autant
(...)


"J'étais (plus ou moins) colombophile..."
AH AH AH !!! !!! !!!


Certes Jus de cadavre, mais c'est pas dans le même coin, ni vraiment le même public complètement. Perso, y'a pas photo.
@Humungus : C'est ça. Ce sera ma première à ce petit fest, en pleurant encore le non-renouvellement du FoS. Tu y as déjà été ?


Ouais, c'est méchant comme affiche déjà là. Un mini Deathfest comme il en pousse partout en ce moment ! C'est juste con que ça tombe en plein Motoc' !


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(Il y a un before la veille mais(...)