Bon, alors les chats sont des diables, des malandrins poilus qui ne veulent que nous étouffer dans notre sommeil et nous faire choir d’un croc-en-patte au détour d’un couloir ?

Nous griffer comme ça gratos ? Réclamer des câlins parce qu’ils ont la dalle ? Et en sus, il faudrait qu’ils soient paranoïaques ? Ça fait un peu beaucoup pour d’adorables boules de poils qui finalement, meublent notre quotidien de leurs facéties, et alimentent la toile de leurs mêmes et autres galéjades affolées…

Les chats, les chats, les chats…Bah ils ne font pas des chiens, alors lorsqu’un groupe ose s’approprier leur caste pour mettre en avant leur musique, je leur conseille de faire gaffe. D’une, parce qu’il faut quand même être au niveau, et de deux, ils vont finir par demander des arriérés de croquettes en royalties.

Et sinon, puisqu’on doit parler de musique, les PARANOID CATS, ça vient de quelle gouttière et depuis quand et pourquoi ?

Leur litière visiblement, c’est la Drôme, et moi je n’ai rien contre. Et de là-bas, et d’ailleurs, ils nous ont déjà envoyé une démo et un premier LP en 2015, donc rien d‘étonnant à ce qu’ils récidivent en 2017. Plutôt bien d’ailleurs, pas mal même, et parfois très bien.

Mais le fond des pattes, c’est graissé sur de la sciure ou des cristaux recomposés pour ne pas tâcher le plancher ?

Si vous ne les connaissez pas, sachez qu’ils ne sont pas du genre à mettre de petits patins sous leurs coussinets. Mais comme ils respectent la maison, pas de soucis.

François Si. (Basse et chant) et Alex C. (batterie), sont deux musiciens qui font comme pas mal de copains, et jouent l’hérésie d’un Rock incarné sans son héroïne suprême. La guitare est donc honnie de la fête, et la gamelle ne lui est pas réservée à la table des greffiers. Basse et batterie, alone together, on connaît déjà, et les exemples sont de plus en plus nombreux.

ZEUS, LIGHTNING BOLT, OM, ORPHAN, ROYAL BLOOD, la formule a le vent en poupe, et personne ne semble regretter l’égocentrisme d’un tricoteur qui veut tout le temps que la poursuite suive ses déambulations sur le manche.

Le manche de François justement, est bien astiqué. Avec sa Rickenbaker à la Lemmy, l’homme balance des riffs de graves bien fuzzy, et se souvient très bien des effluves seventies qui nous plongeaient dans un coma rockylique profond, que les champignons avaient bien du mal à secouer. Pour autant, la musique de Thought Control ne se veut pas que simple écho d’une décade périmée depuis presque quarante années, et entre de plain-pied dans un Rock abrasif et légèrement noisy sur les bords, un peu comme si la vague de Seattle croisait le fer avec le Desert-Rock des KYUSS et la java dégingandée des MORPHINE, le sax en moins.

Putain de sax. Heureusement, ici, il est aux pavillons absents. Alors, restons sur les deux autres, ça suffira amplement.

François le dit lui-même, et Alex confirme d’ailleurs, « Ici pas de balades, que du rock qui pulse, des gros riffs bien lourds, amplis à fonds et batterie qui transpire tout ce qu'elle peut. ». Et le pire, c’est qu’ils ont raison et ne mentent même pas.

Du coup, certains vont trouver la combinaison un peu répétitive sur le fond et la durée, tant l’accord entre les quatre cordes et les toms tourne parfois un peu en pilotage automatique d’idées qui se crashent en studio alors qu’elles ont plutôt tendance à décoller en live.

Mais ça bouge, et pas qu’un peu, et ça sonne parfois comme un mix improbable entre les QOTSA et les SONIC YOUTH (« Nothing Is True », qui ressemble à s’y méprendre à « Kool Thing » de Goo accéléré par Josh Homme et les SEX SNOBS.)

Si la plupart des interventions ne jouent pas la rallonge, certaines prennent la pose dans la pause, et étirent le timing pour sombrer dans un intimisme presque Bluesy au centre (« Numb And Naked », qui pique un peu la mélodie de « Walk On The Wild Side » pour en faire une tirade perso moins noire). D’ailleurs, la seconde partie de l’album prend un peu plus son temps que la première, histoire de faire durer le voyage un peu plus longtemps.

Mais de toute façon, dès « Come To Me », on est déjà emporté dans un tourbillon de basse distordue, propulsée par un up tempo fracassé comme un marteau. Apport d’un chant externe, et riffs fuzzés à mort, pour une introduction parfaite à un monde étrange, qui semble confondre MOTORHEAD, les RUNAWAYS, TAD, les MELVINS et BLACK SABBATH.

Mais ne vous inquiétez pas, personne n’est dupe d’un psychédélisme qui n’existe pas, puisque les deux musiciens ont les pieds sur terre, et ne se les prennent pas dans les jacks torsadés.

70’s certes, mais pas uniquement. Les 80’s et 90’s ont aussi droit à leurs clins d’œil appuyés, même si « LA 70’s » joue plutôt franc jeu et laisse des sonorités d’orgue nous chatouiller les panards.

D’un autre côté, le duo joue la franchise du mensonge en nous affirmant que « Nothing Is True », pour nous faire douter de ce qu’on entend.

Pourtant, ce que nos oreilles captent les décrassent bien, et ce morceau est là pour prouver que les PARANOID CATS en live doivent salement et méchamment déménager.

Mais à ce petit jeu de pas forcément dupes, « You Can’t Win », alors autant l‘accepter. Arrangements, bruits bizarres, et jam à fond en hommage à Birmingham pour Iommi et Ozzy, sans oublier les échappés du nord des USA arrivés quelques années après.  

La ligne directrice est suivie comme un câble électrique qui mène au central, mais pourtant, le pas ralentit parfois pour admirer le paysage industriel, noué et embué de nuages déformés, aux arrondis presque Doom calquant les courbes de sorcières de Salem pendant un SABBATH (« Witches »).

Fuzz donc, mais pas le choix, distorsion, écho, réverb’, et tous les effets indispensables pour nous quitter avec une dernière complainte au délicieux et vénéneux chant féminin (« The South »). De là, vous pourrez citer ce que vous voulez, moi je les trouve assez indépendants ces deux-là. De temps à autres, on pense à la vague Heavintage qui sévit depuis des années, et parfois pas. Mais c’est leur style et leur force après tout, et je ne vous cache pas qu’une écoute de ce Thought Control vous privera momentanément de votre libre arbitre. Parce qu’une fois ingurgité, il vous obligera à capter les deux olibrius en live.

Ce qui était dès le départ, je pense, leur but.

Putain de greffiers. Vous faites vraiment ce que vous voulez de nous enfoirés…


Titres de l'album:

  1. Come To Me
  2. Thought Control
  3. I A My Own Monster
  4. La 70's
  5. Nothing Is True
  6. Numb And Naked
  7. You Can't Win
  8. Witches
  9. The South

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 12/07/2017 à 18:13
75 %    506

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Voilà un bien bel exemple du fameux "impact sur notre musique" dont causait Simony il y a quelques jours...


Merci beaucoup Ari91.
Je n'avais même pas été foutu de trouver moi même cet article sur le site officiel...
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