Bienvenue dans la réalité…Le genre d’accueil ironique qui vous laisse présager du pire…Quoique, ce pire, vous le connaissez très bien…

Métro, boulot avec un peu de chance, dodo, éventuellement, pour les plus chanceux, ou la rue pour les autres. La survie, les faux espoirs mais la vraie lucidité, et on avance, coûte que coûte, puisque s’arrêter, c’est mourir un peu. Comme le temps passe trop vite pour les laissés pour compte, on tente de le figer. Musicalement, à mots choisis, avec toute l’agressivité requise pour pouvoir faire un pas devant l’autre. Seul leitmotiv, ne pas montrer ses faiblesses pour que « les autres » ne les exploitent pas.

Mais vous savez quoi ? Les BORN TO BURN n’ont pas de faiblesses. Juste une force Hardcore incroyable qu’ils accentuent d’une rage Metal. 

L’histoire de ce groupe né à Tours st celle de deux potes, Romain et Johnny, ciblant le même but. Envoyer la sauce, et ne surtout pas la diluer, sauf dans un gros bol de véhémence histoire d’en accentuer la force et le piquant. A ce noyau, se greffe le chant de Teddy en 2013, avant que Romain ne laisse la place à Nono (IRAE/HUNTING GROUND) à la guitare. Nosh complète le line up à la batterie, épaulé par Tom qui le remplace lorsqu’il vaque à d’autres projets.

Aujourd’hui, Jo se tape toujours les quatre cordes et Ted maltraite le micro, et Rico rythmique à tout va sur son manche.

Cinq musiciens stables, un remplaçant sur le banc, et l’équipe découvre les joies du live, des concerts partagés en quintette, et surtout, avec un public avide de Hardcore bien velu, qui ne cache en rien ses influences Metal. Ce Metal, ils l’ont découvert comme nous tous pendant leur jeunesse, celui des KORN, PANTERA, SLAYER, MAIDEN, mais à l’époque, ce même Metal se métissait sous les coups de boutoirs hip-hop et Core des MADBALL, DOWNSET, et les inflexions modernes des KORN, DEFTONES, SEPULTURA…Il y aurait des dizaines d’autres exemples à citer, mais après tout, ça va comme ça, tout ça suffit pour comprendre. Pour comprendre quoi ?

Que les BORN TO BURN sont en effet nés pour brûler, mais brûler les scènes, brûler les doutes, et brûler les inégalités qu’ils passent leur temps à dénoncer. Alors concrètement, et malgré le fait que Welcome To Reality soit leur premier album, le groupe fait preuve d’une maitrise et d’un professionnalisme impressionnants. Les temps morts, les faiblesses, les flottements, ils ne connaissent pas. Et je dois reconnaître que pour un premier jet, ce LP ressemble plus à un énorme coup de poing dans la gueule, de ceux qu’on retrouvait sur les pochettes de BLACK FLAG ou du séminal Vulgar Display Of Power de Phil & co. Vous situez le contexte ? Alors écoutez la musique, rentrez le ventre, et supportez l’uppercut. C’est douloureux, mais salvateur. Et sur la scène du Metal Hardcore français, dites-vous que ces cinq-là n’ont peur de rien. Pourquoi ? Parce qu’ils ont les muscles de ces riffs tendus et épais, et les nerfs de ces impulsions rythmiques qui vous prennent de biais avant de vous coller au tapis.

Des guitares qui fulminent et trépignent, mais qui ne riffent que lorsqu’elles ont quelque chose de pertinent à dire. Une rythmique en pression artérielle soumise aux effets du stress, qui monte, descend, se stabilise avant de connaître un pic de colère qui affole le tensiomètre. Et puis un chant, un hurlement primal qui crache des motivations pertinentes. En gros, l’art du discours ad hoc, adapté au contexte d’une société sans pitié, et qui lui-même n’en éprouve plus depuis longtemps.

D’où ces onze morceaux, intro dense comprise qui ne font pas de quartier, mais qui y tournent pour prévenir la jeunesse de ce qui l’attend.

La force d’un MADBALL couplé à la puissance d’un MACHINE HEAD, un petit tour du côté des ruelles suintantes du Downtempo pour mieux cavaler sur les avenues du Hardcore le plus métallisé qui soit. Mais attention, point de Metalcore ici, mais du vrai Hardcore, qui se frotte à l’épaisseur des guitares du Metal, sans opportunisme, mais dans l’urgence.

Et si « The Shield » ne vous rappelle pas les colères les plus sournoises de MADBALL, si « Who Are You » et son chaloupé de batterie très fin ne vous inquiète pas de son entame sombre et pernicieuse, alors, vous avez encore beaucoup à apprendre de ces gars-là.

Pas de frime, juste des titres qui triment et qui s’ils dépassent souvent les quatre minutes, vont pourtant à l’essentiel du propos. Des plans qui cognent, des breaks qui sonnent, et un « Hammer » qui multiplie justement les deux et les associe dans une rixe impromptue qui pourrait prendre place un samedi soir de désillusion, alors qu’on se rend compte que rien ne changera jamais. Un riff plus Metal que le short de Rocky George, un Crossover monstrueux entre les SUICIDAL et PANTERA pour un ballet de pas chassés Néo Core, et une succession de coups portés à l’onirisme déplacé de jeunes qui croient savoir que l’avenir leur sourira peut-être.

Sauf que dans les sillons de Welcome To Reality, rien ne sourit. Tout est éclairé par les néons fatigués et blafards d’une nuit de jour qui n’en finit plus.

Alors on laisse exploser la rage (« Pigs »), on pointe du doigt et on laisse une distorsion énorme se caler sur le polissage d’une basse qui n’est pas là pour jouer les bouche-trous. On chope le mensonge dans une impasse pour lui faire avouer tous ses travers, et on le frappe jusqu’à ce que Core s’ensuive (Warm Up », double grosse caisse qui pétrit les muscles et envolées up tempo qui sentent le musc).

Le quintette ne cache rien. Il se prétend « Loud », et l’est même si quelques stridences viennent perturber la lourde marche en avant. Ils terminent même leur démonstration in style par une énième ruée dans les brancards sur « Mars », chaud comme la boule rouge qui tourne autour d’un axe rythmique plus souple qu’à l’habitude. De loin, on entend Ted vitupérer en compagnie de chœurs rappés, et on imagine la trajectoire des mots lâchés dans l’espace qui retrouve son écho.

Après une démo en forme d’avertissement, les Tourangeaux de BORN TO BURN prouvent avec Welcome To Reality qu’ils ont tout compris, qu’ils vont tout incendier. Vous préférez faire l’autruche et vous cacher la tête dans le sable d’un Hardcore timoré ? Pas d’échappatoire, et ils vous choppent par les burnes pour vous faire affronter l’évidence d’une vie de souffrance.

Et leur Hardcore teinté de Metal se hisse sans aucun mal à la hauteur des meilleurs premiers efforts du style. Un vulgaire étalage de puissance ?

 Quelque chose qui en en est proche. Un genre de BORN TO BURN MY EYES qui laisse la liberté résonner d’une balle qui s’échappe d’un canon bien huilé.


Titres de l'album:

  1. Welcome
  2. Who are You?
  3. Hammer
  4. Seven
  5. Finish Him
  6. The Shield
  7. Pigs
  8. Warm Up
  9. Dark Walk
  10. Loud
  11. Hammer

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par mortne2001 le 20/10/2016 à 07:14
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chro séduisante, bon morceau également, merci pour la découverte


Franchement meilleur que les dernières prod de Death Fr...


Humungus : +1
Ben oui, normal. Déjà assimiler "vegan" et "antifa" est hors sujet.
Soutenons UADA !


KaneIsBack + 1.


Nefarious + 1.


Non.


Cet album est absolument fantastique !!!


Ravi de lire un report sur Aura Noir


J'ai jamais vraiment écouté Cancer, pourtant je fais partie de cette génération des 90's qui a découvert( le death metal avec ces sorties majeures. Très efficace ce titre , va falloir que je rattrape quelques lacunes.


commandé


Le metal selon les Grammys... Vaste blague.


Candlemass c'est pourris depuis la première séparation des années 90...Avant c'était génial et sombre.


Rien d'autre a faire que d'aller au Botswana ?


Donc Ici on ne peut pas être anti-fa, et vegan sans être aussi une cible...


Les antifas sont effectivement aussi fascistes que ceux qu'ils dénoncent. Pitoyable histoire...


Si Jeff est aussi insipide dans MDB qu'il ne le fut dans Paradise Lost, ça promet de sombres catastrophes. Je me souviens encore de la manière dont il détruisait "As I die" sur scène...


Très très curieux d'entendre ça, surtout avec le retour de Langqvist.


Faut voir le résultat, je suis très méfiant avec CANDLEMASS qui n'a rien proposé de bandant depuis fort longtemps ! Mais sur le papier... oui c'est la classe ultime !


C'est exactement ce que je me disais... La classe !


"Mais aussi que Toni Iommi (ex-BLACK SABBATH) apparaissait sur le titre "Astorolus - The Great Octopus" le temps d'un solo".
Si ça c'est pas la grande classe... ... ...