Open Bar Vol2 : Antoine Perron

Fange

"Nos régions ont du talent", ce slogan qui colle parfaitement à la rubrique "Open Bar" qui fait ainsi son retour, où on laisse la parole à des musiciens du terroir.
Cet Open Bar volume 2 a donc la chance de vous présenter Antoine Perron (FANGE) qui a bien voulu participer à ce jeu de questions/réponses. 


1 / Salut Antoine, merci d'avoir accepté cette interview et prendre du temps pour répondre à cette série de questions. Pour commencer peux-tu te présenter ?

Antoine : Salutations Mr. Baxter et éventuel lecteur ! Je suis bassiste chez FANGE, piètre musicien mais grand amateur de tickets boisson, ce qui m’a valu de me réveiller, le lendemain d’un concert suivi d’une nuit d’ivresse, avec une phrase très intelligente tatouée dans la nuque : « Quitte à être mauvais en tout, autant être bon à rien ». Depuis, j’ai arrêté de me faire tatouer... Eternel insatisfait de mes productions musicales personnelles, je ne sors quasiment jamais rien (et nous sommes très nombreux à connaître ce problème, j’ose croire) si ce n’est deux morceaux de MACADAM CHAROGNE chez EZRec et Cioran Records et une introduction composée pour le 1er album de SMERTER, le groupe d’un très bon ami. J’ai enchaîné les projets musicaux sans lendemain depuis de nombreuses années, pour me retrouver à travers un cheminement nébuleux à jouer en tant que bassiste dans RECEDANT SOMNIA puis dans FANGE, me permettant de rentrer sur des festivals avec un pass Artiste, picoler au bar VIP avec les potes intermittents, et plus sérieusement d’avoir la chance de croiser des musiciens et des formations qui m’ont marqués.

2 / Comment t'es venu l'amour de la musique et le choix de la basse comme instrument ?

Antoine : Tout simplement par mes parents, mon premier souvenir marquant doit être la VHS de « Pink Floyd : Live At Pompeii », je devais avoir 3/4 ans. A cela tu peux rajouter aussi AC/DC époque Bon Scott, avec un Angus Young sur ressorts en train de montrer son arrière-train à Phil Rudd, Jimi Hendrix brûlant sa guitare, Paul Gilbert faisant un solo avec une perceuse dans Mr. Big,… A la maison on pouvait tant écouter du Jeff Beck que du METALLICA, du BB King comme du RAGE AGAINST THE MACHINE, du APHEX TWIN comme du NINE INCH NAILS ou du TYPE O NEGATIVE. Plus spécifiquement, pour la musique extrême, mes parents nous ont offert à mon frère et moi une mini-chaîne quand j’avais 7/8 ans. A l’époque mon père faisait des transcriptions pour le magasine Guitar Part (et Guitare Xtreme plusieurs années plus tard), qui lui envoyait donc des skeuds avec les morceaux à retranscrire. Du coup il a tapé dans ces CD pour notre toute première discothèque, et dans le tas il y avait « Chaos A.D. » de SEPULTURA. Je me souviens avoir d’abord été fasciné par la pochette, puis par la violence de la musique. Cet album c’est un peu ma madeleine de Proust. Au sujet de la basse, en fait initialement je suis guitariste ! J’ai commencé en prenant des cours de guitare classique autour de mes 10 ans, et ensuite mon père m’a donné des cours de guitare électrique en plus de la théorie musicale et d’exercices de lecture (Agostini, Weber,…) mais je n’étais ni très assidu ni très intéressé par tout cet aspect de la musique. Malgré cela, mon premier taf fut de donner des cours de guitare à La Rochelle pour lui (il tenait une école de musique à Rennes et à La Rochelle), et me suis acheté ma première basse dans un magasin de cette ville. Si je me suis intéressé à la basse, c’est pour la vibration. Quand tu fais un riff bien bien lourd, sur scène devant les amplis c’est tout ton corps qui gobe la vibration. Et je te jure que c’est quelque chose de sentir ton scrotum faire un booty shake. Mais c’est aussi parce que je suis un riffeur, je n’ai jamais été attiré par le fait de faire du solo, de la branlette de manche, j’aime les trucs efficaces et « bas du front » quand je joue. Juste faire sauter les fusibles et me décrocher les cervicales.

3 / Si on scrute en détail ton parcours tu alternes entre Métal (RECEDANT, SOMNIA, FANGE) et des choses totalement opposées avec des projets plus Noise, expérimentaux (MACADAM CHAROGNE, MÉDECIN DE PESTE), peux-tu nous parler un peu plus de ces projets ?

Antoine : Je ne crois pas que le Métal et la Noise soient diamétralement opposés ! En fait mon évolution musicale, qui consistait à la base en une recherche de la musique la plus extrême, m’a fait découvrir la Noise, la Harsh Noise et le Harsh Noise Wall, mais en passant par bien évidemment le Grind (j’ai toujours adoré ROTTEN SOUND par exemple, et plus récemment les potes de WHORESNATION) mais aussi par diverses variations du style Black Metal (qui a été mon style de prédilection pendant un certain temps, avec des groupes qui restent toujours présents dans mes écoutes actuelles comme BLUT AUS NORD, DEATHSPELL OMEGA, DARKSPACE ou encore DODHEIMSGARD,…) et par le Death, le Doom, le Drone,…Mais pour revenir à la question et en prenant ça de manière chronologique, j’ai commencé à publier sur Internet avec MACADAM CHAROGNE. Ce projet était à la base le titre d’une série de photographies argentiques que je comptais publier, réunissant des clichés d’animaux morts sur l’asphalte. Il n’y avait aucune dimension politique dans ce geste, ça tenait plus d’un exercice de style que d’un discours écologiste. Mais pour je ne sais quelle raison, j’ai gardé ce blase pour ce que j’ai nommé ma déchetterie sonore. Quand on prête une oreille à ce que j’ai publié sous ce nom (si tant est que ça intéresse qui que ce soit), ce n’est qu’une évolution de mon travail en tant que Noiseux à différentes périodes de ma vie. Parallèlement je rencontrais aussi Victor de Stase : Orgone, qui tient maintenant le label Cioran Records. Dès le début on avait le même jargon, on parlait de GENOCIDE ORGAN, LUSTMORD ou THE PROCESSUS. On fit quelques concerts ensemble, moi beuglant des insanités à torts et à travers dans un micro, tout en bidouillant ma voix, et Victor travaillant sa mixture sonore. Des années après être partis chacun de notre côté, c’est lui qui devait me recontacter pour me proposer de publier un morceau de MACADAM CHAROGNE. Ensuite, ce fut l’expérience MÉDECIN DE PESTE, là aussi dans le domaine de la musique bruitiste. Avec un ami Noiseux publiant sous le nom de Ouro, on se donna rendez-vous pour créer des morceaux de 30 minutes d’expérimentations sonores, laissant nos envies sonores divaguer, créant une mixture entre Ambient, bruitiste et feedbacks. Et puis, vient vraiment mon coup de pouce, RECEDANT SOMNIA. Quand j’ai rencontré Yann (RADICAL FAILURE, THE ARGUMENT, COBRA JAUNE, et RECEDANT SOMNIA entre autres…) je « réarchitecturais » ma vie. Il cherchait un bassiste pour son nouveau projet influencé par le Crust de groupes comme TRAGEDY, FROM ASHES RISE, WOLFBRIGADE, MARTYRDÖD, DESZCZ,… Et mon recrutement est dû à une simple photo de profil Facebook où on me voit avec un basse dans les mains. Ainsi je me retrouvais à jouer dans des squats avec que des mecs qui ont de la bouteille ! J’ai quitté le groupe depuis car je n’arrivais plus à allier mon emploi du temps professionnel avec celui de Recedant et de FANGE, mais ce sont toujours de très bons potes ! Et le dernier groupe en date, et pas des moindres, FANGE.

4 / Depuis quelques temps, tu es devenu le premier bassiste officiel pour FANGE, comment as tu eu cette opportunité d'intégrer ce groupe ?

Antoine : En fait je n’ai pas intégré Fange directement au poste de bassiste, et d’ailleurs à la base je suis un fan du groupe. J’allais les voir quand j’en avais l’occasion sur Rennes, depuis les débuts lorsque c’était Jean-Baptiste Lévêque au micro et à la noise et Baptiste Gautier-Lorenzo à la batterie (et bien évidemment Benjamin Moreau à la guitare, le « menhir » du groupe), et puis par la suite lorsque Matthias Jungbluth est arrivé au micro et que Boris Louvet martelait les fûts. Dès « Poisse » le parti pris musical de FANGE m’avait atteint comme un parpaing dans la gueule, et ca ne s’est que confirmé avec l’arrivée de Matthias au micro sur « Purge » et « Pourrissoir ». Courant 2017, Benjamin m’a approché pour me proposer d’être le Noiseux intérimaire du groupe (Jean-Baptiste ne pouvant être disponible pour tous les concerts), mon blase ayant été cité par des connaissances communes. D’ailleurs, aussi étrange que cela puisse paraître à notre époque, mais il m’a demandé ça dans un bar ! Et pas autour de verres de Suze mais d’une bière noire pour Ben et d’une piles de Crust pour ma part ! De là ont suivi plusieurs dates, entassés dans le Berlingo du batteur de l’époque (dont certaines où nous étions à deux Noiseux avec Jean-Baptiste, pour encore plus d’acouphènes). Si je ne me trompe pas, c’est à travers mon travail chez RECEDANT SOMNIA que Benjamin s’est rendu compte que je jouais de la basse ! Il avait dans l’idée détester l’ajout d’une basse dans la formation Live (car Ben jouait simultanément sur trois amplis à cette époque, deux guitare et une basse) pour alléger son jeu guitare et avoir plus de vrai vroum-vroum. Petite parenthèse, mais force est de constater que l’idée de « clarifier » le son de Fange avait déjà commencé à faire son chemin. Bref, c’est comme ça que je me suis retrouvé à jouer pour la première fois de la basse pour FANGE à une date en ouverture de THE BODY, et quelques mois plus tard au Hellfest. Et du coup je suis toujours là !



5 / Comment se passe le travail avec FANGE, comment tu t'organises ? Car il faut l'avouer FANGE est très actif.

Antoine : A vrai dire mon travail dans FANGE est assez minime car c’est Benjamin qui compose l’entièreté de la musique, moi je viens remanier les parties de basse avec mon jeu qui est plus droit et moins coulé que le sien, avec par ci par là, des arrangements différents. En gros, Ben enregistre en amont des maquettes de morceaux et m’envoie des tablas, et ensuite je les bosse en les interprétant à ma manière, puis on se capte histoire de voir si ça colle et on file voir Cyrille Gachet pour enregistrer tout ça (enfin ça a été le process pour Pudeur et Pantocrator). Et bien évidemment les backing vocaux, mon timbre de voix étant plus typé Hardcore que celui plus Death de Ben. C’est vrai que le rythme des sorties s’est un peu accéléré sur 2020, mais comme tout le monde le sait, donner des concerts est devenu compliqué, donc on a du temps pour ça. Et de nos jours ne pas avoir de sorties régulières c’est risquer de tomber assez rapidement dans l’oubli, il faut être productif si tu veux que le blase de ton groupe circule.

6 / Depuis Pudeur et avec Poigne et dernièrement Pantogrator, le groupe s'est largement orienté sur les mélanges des sons électroniques, noise etc...  est-ce aussi dû à ton influence que FANGE intègre de plus en plus ce style musical ?

Antoine : Oui et non ! La Noise a toujours été présente dans FANGE, ça a toujours été partie intégrante de leur son. Là où je peux dire que j’ai eu une influence, c’est dans son aspect rythmique. Comme dit précédemment, quand j’ai intégré le groupe c’était en remplacement de Jean-Baptiste, et nos manières de pratiquer la Noise étaient relativement différentes. Tout simplement, je l’incorporais plus de manière rythmique que par des nappes, et j’ai essayé de pousser cet aspect en utilisant une pédale de volume, en ajoutant des impacts de Noise selon les pêches des instruments. Ensuite avec Ben on a cherché à créer ce dynamisme de Noise rythmique à l’aide des instruments, avec plus ou moins de réussite, et finalement ça a pris toute son ampleur avec la boîte à rythme.

7 / Quel a été tes meilleurs souvenirs et les moins bons dans ta carrière musicale ?

Antoine : Sans conteste un des meilleurs souvenirs que j’ai, c’est d’avoir eu la chance d’accompagner CONVERGE sur une tournée européenne durant cinq jours dans le même Tour-bus, avec les gars adorables de SECT. Ce genre d’occasion ne s’offre pas tous les jours à soi, donc on a sauté dessus. Dans un tout autre genre, je me souviens d’un concert avec RECEDANT SOMNIA dans un squat qui s’appelait l’Autre Monde, ce genre de date où on te programme à 22h et tu joues à 3h du matin, avec des Crusts dormant devant les enceintes, pas le genre de dates sexy mais étrangement ça reste un super souvenir. Après en mauvais souvenir, il n’y en a pas un en particulier. Il y a des jours où tu n’arrives pas à te mettre dans le concert, d’autres où tu as des aléas avec ton matos, parfois même tu as un chanteur un peu fou qui vient t'étrangler ou débrancher ton matos, et ça finit en un concours de coups de pieds en douce (mais ça c’est rigolo). Il y a toujours des moments durs, où tu ravales ta fierté car tu t’es planté, mais ça fait parti du jeu.


8 / Bon maintenant allons vers des visions plus personnelles. En tant que musicien, quel est ton ressenti sur la scène Metal actuelle ?

Antoine : A titre personnel je trouve qu’il y a encore et toujours des groupes fabuleux à émerger de la masse année après année, redéfinissant à chaque coup le « moule » Metal. Bien évidemment il y aura toujours des grincheux qui ne jurent que par les 1er albums, les 90’s, le « Trve »,… Ce n’est pas du tout ma manière d’aborder la musique en général. Mes derniers coups de cœur l’attestent, j’ai été totalement fasciné par « Alphaville » de IMPERIAL TRIUMPHANT, « Origin of the Alimonies » de LITURGY m’a bluffé et j’ai poncé en long en large et en travers« MMXX : Year Zero » de DOODSESKADER. Après chacun a son avis sur le sujet, mais le vieux discours du « c’était mieux avant » ne prend pas avec moi. Une scène qui n’évolue pas, c’est une scène qui se meurt.

9 / Sur un sujet actuel, la crise de la Covid-19 a impacté l'industrie musicale, cette pandémie a-t-elle eu un impact sur ton travail artistique ? Puis, quelles sont tes envies quand viendra le moment post-Covid ?

Antoine : Comme tout individu lié à la culture, bien évidemment ! Mais je suis beaucoup moins affecté que bien des personnes dans mon entourage étant donné que j’ai un travail tout à fait conventionnel à côté de la musique. Cela dit, c’est dur de voir des dates de concerts s’annuler ou être repoussées les unes après les autres. 2020 aurait dû être une année particulièrement active avec FANGE en terme de concerts, au lieu de ça nous avons dû donner 4 concerts dans l’année en tout et pour tout. Et encore, nous avons réussi à donner des concerts, c’est déjà ça. Pour la suite, rien d’original, remonter sur les planches et pouvoir de nouveau s’entasser dans un van dans ce brouhaha d’odeurs corporelles pas très fraîches, à bouffer des kilomètres d’autoroute pour jouer devant 15 personnes ça m’ira !

10 / Vu que tu résides en Ille-Et-Vilaine (Bretagne, Rennes) quel est ton point de vue sur la scène Métal dans ce secteur ?

Antoine : Question épineuse ! La scène Rennaise (étant celle que je connais le mieux) est très riche en groupes dans divers styles, mais c’est aussi en constant renouvellement, et au final il n’y a pas tant de formations à perdurer dans le  temps. De plus les lieux d’expression pour les musiques amplifiées comme les nôtres ne courent pas trop les rues. Petite pensée pour le mythique café-concert le Mondo Bizarro qui a récemment jeté l’éponge d’ailleurs, un lieu où j’ai joué un paquet de fois, au même titre que de nombreux musiciens rennais et d’ailleurs. Autre souci de la scène rennaise, c’est notre localisation géographique. Pour s’exporter à l’étranger ce n’est pas la région la plus idéale. Mais bon, actuellement la question ne se pose pas vraiment.

11 / Pour toi, comment un groupe ou un musicien doit il se démarquer pour trouver une place et un intérêt dans toute cette masse musicale ?

Antoine : Ma réponse va être bateau mais je considère que rester intègre à soi-même et jouer avec ses tripes sont des choses bien plus importantes que de viser la considération des autres. Et puis je suis un individu totalement lambda, un arriviste, je ne me vois pas donner des conseils à ce sujet. Juste vivre sa musique à fond, que tu fasses quelque chose de novateur ou au contraire que ton truc ce soit le Death Old-school, on s’en fout tant que tu donnes le meilleur de toi-même sur les planches ou au studio. Il faut juste se donner les moyens

12 / Le monde musical évolue avec le temps, que ce soit en bien ou en mal, mais sur l'aspect négatif qu'est-ce qui pour toi pourri le business dans ce système actuel (gros label, argent, musique mainstream, téléchargement...)

Antoine : Je ne vais pas aller tirer sur la musique mainstream car il faut être un peu honnête, nous n’avons pas écouté du jour au lendemain du FULL OF HELL ou du GNAW THEIR TONGUES ! Je suis aussi passé par SLIPKNOT, KORN et Cie., et même maintenant j’en réécoute avec plaisir. Peut-être que son aspect négatif est son action « occultante » sur le reste de notre milieu, on ne résume pas le Metal avec les grosses prods américaines ou anglosaxonnes (comme on ne résume pas son public à un beauf aux cheveux longs et gras qui beugle « Apéro ! » sur le camping). Et puis au sujet du téléchargement, nous sommes dans une scène où le public soutient et aime porter les couleurs de tel ou tel groupe, je ne pense pas que ça ait un impact particulièrement néfaste dessus. Et puis de nos jours nous sommes nombreux à avoir accès à Internet de notre portable, et donc à écouter de la musique via différentes plateformes. C’est juste une évolution parmi tant d’autres. Par contre, je trouve un côté très rapace aux activités de la SACEM. J’ai peut-être mal compris son utilité mais c’est pas trop mon truc de payer pour entretenir le portefeuille déjà bien garni de personnes que je ne considère pas.

13 / Tu es branché réseaux sociaux ou point du tout (dans la communication pour tes projets par exemple) ?

Antoine : Oui je fais parti de ces gens qui ont eu un compte Facebook très tôt, et j’essaye de l’utiliser pour communiquer autour de mes activités en tant que musicien ou pour partager mes coups de cœur musicaux. Mais depuis quelque temps j’essaye de prendre de la distance par rapport aux réseaux sociaux pour deux raisons très simples, en premier lieu son aspect extrêmement chronophage et inutile. Tu peux scroller à l’infini et perdre ton temps à regarder des vidéos traitant de sujets dont tu te fous éperdument ou clairement faites pour t’abrutir. Et en second lieu cette haine gratuite et sans filtre qui s’y déverse. C’est incroyable de lire les altercations de parfaits inconnus qui ne s’adresseraient jamais la parole dans la vie réelle. Et tout le monde a un avis sur tout, et doit l’afficher. Enfin je me sens de plus en plus comme un dinosaure face à tout ça, je préfère me tenir à distance et vivre dans mon coin peinard.

14 / En dehors de la musique, as tu d'autres passions ?

Antoine : J’aime la photo, en particulier la photographie argentique ! S’imposer le handicap de la pellicule, ne pas pouvoir prendre des centaines de photos pour en avoir une de bonne mais plutôt réfléchir en amont au cadre, à l’éclairage, à la profondeur souhaitée. Je n’ai pas pris le temps d’appuyer sur le déclencheur depuis quelque temps mais j’ai toujours des idées de clichés à faire pour différents projets. En fait, ce goût de la photo je le dois à un ami, Guillaume Magré-Guilberteau, qui avait immortalisé FANGE pour l’album Pudeur.

15 / Finissons cette interview par un petit jeu simple que j'appelle "Si tu étais et pourquoi" ?


1: Si tu étais un album et pourquoi ?

Antoine : "Jardin du sommeil Chant d’amour Sur la nuit grandissante" de TOURETTE, un artiste Noise français. Donc pas du tout du Talmé. Mais cet album trouve une résonance dans mon tempérament, mon caractère, dans son aspect un peu manichéen mais avec toujours cette fragilité comme fil rouge.

2: Si tu étais un livre et pourquoi ?

Antoine : "
De l’inconvénient d’être né" de Emil Cioran (en compétition avec "Démons et Merveilles" de Lovecraft & « American Psycho » de Bret Easton Ellis). Tout est dans le titre, un recueil de pensées soulignant l’absurdité de la vie, des pages et des pages d’aphorismes antinatalistes et nihilistes. Je refuse de porter le fardeau d’engendrer la vie.

3: Si tu étais un film et pourquoi ?

Antoine :
Je ne regarde pas beaucoup de films en fait, mais je te répondrai par "The Mask" avec Jim Carrey ! Je le connais par cœur ! Et puis aussi pour la tirade, "Les gentils ont toujours tort" car je ne me sens pas adapté pour vivre dans ce monde. Mais bon, surtout pour les heures de rigolades que j’ai eu avec ce film.


16 / Tes derniers mots pour cette interview ?

Antoine : OUGH !



par Baxter le 20/04/2021 à 20:00
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Commentaires (2) | Ajouter un commentaire


Humungus
membre enregistré
23/04/2021, 13:34:13

Vraiment très bonne cette ITW.

C'était quoi déjà la Open Bar Vol°1 ?


Simony
membre enregistré
23/04/2021, 14:34:50

http://www.metalnews.fr/interviews/alexis-chiambretto-interview

C'était Alexis Chiambretto de HYRGAL notamment.

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