Dès le titre, le lecteur assidu de Metalnews se souviendra que c'était quasiment la même tournée qui était venue l'an dernier au même endroit. Mais quand on est fan et qu'on habite à côté, on ne  se pose pas de grandes questions. Je n'avais peut-être pas l'excitation des grands soirs ou du cas le plus fréquent du groupe qu'on n'a pas revu depuis son dernier album, mais il était inconcevable de rater ça. La tête d'affiche compte encore beaucoup pour moi. Surtout que quelques annulations et indisponibilités nous ont laissé sur un hiver assez maigre du côté des concerts.

Bien qu'essayant d'arriver tôt un dimanche soir, je débarquai alors que SYSTEM HOUSE 33 tirait déjà à la fin de son set. Il va falloir que je me reprenne ! Le groupe d'ouverture venait d'Inde, de Bombay et c'est bien la première fois que je voyais une formation de ce pays qui émerge doucement sur la scène Metal depuis quelques années et apparemment c'est l'un de ses représentants emblématiques. Il donnait avec application dans un mélange de MetalCore et de ThrashCore, servi à fort volume. Décidément, il y a un retour en grâce par la base du vieux style de PanterA et Machine Head. Un peu trop d'ailleurs peut-être ici avec le riff principal du dernier titre qui repompait sans vergogne l'ouverture célèbre de "Davidian". Le chanteur était très bavard, à vouloir expliquer longuement le sens de ses morceaux. C'était assez courant dans ce style déjà à l'époque.


Cette fois le merch' était particulièrement fourni et gratiné. Les barboteuses en multiples tailles et le whisky Orphaned Land, ça va quand même assez loin.


SUBTERRANEAN MASQUERADE, pour son retour bénéficiait d'un temps de jeu rallongé. Mais le programme serait sensiblement différent de la dernière fois car un nouvel album arrive, et il y a de la marge car malgré son ancienneté le groupe a peu produit du fait des modifications de line-up amenant le groupe à se baser en Israël alors qu'il est né aux États-Unis. Il y avait d'ailleurs encore des changements de personnel : ils ont à présent retrouvé un batteur à eux alors que l'an dernier celui d'Orphaned Land prêtait ses services, et un seul chanteur officie à présent… mais il en abattait pour trois ! Dans sa tunique noire il sautait partout et hélait l'assistance à en perdre le souffle, sans nous lâcher, pour que nous fassions les chœurs ou les vagues de bras… à se demander ce qu'il avait pris en coulisses ! Au reste ses compagnons n'étaient pas franchement statiques y compris le claviériste.

Musicalement Subterranean Masquerade aborde un large spectre allant du Progressif de tradition au Metal extrême avec des growls : le Floyd, King Crimson s'emmanchent avec Opeth. La sensibilité orientale s'y ajoute, avec une forte inspiration indienne qui se confirmait dans l'esthétique des projections en fond de scène (détail absent l'an dernier). L'intenable chanteur se jucha sur les crash-barriers et passa un bon tiers du set perché dessus en s'accrochant au plafond, sa petite taille lui permettant de s'y tenir debout à l'aise pour en remettre une couche à nous demander des chœurs… ou à se balancer comme un singe ! Le nombre d'expressions françaises qu'il casa dans ses propos me laissent penser qu'il a dû un peu étudier la langue de Desproges même s'il ne se sent pas assez sûr sans doute pour s'y lancer complètement. Plusieurs titres du prochain album furent joués dont un jamais encore essayé sur scène, avec son refrain à la ligne surprenante. On regrettait que le son ne soit pas assez léché, comme l'autre fois. Pour la fin du set ils invitèrent une partie du public sur scène. Ne restait plus qu'à prendre une photo finale en faisant une dernière blague confirmant que le chanteur connaît le français. Assurément, Subterranean Masquerade gagnait à être revu.


Ce jour c'était les Rameaux, Jésus est dans la place, triomphant… ou tout au moins son sosie officiel Kobi Farhi et ses apôtres. ORPHANED LAND n'est plus vraiment dans la promotion de son dernier album mais il restait dominant comme le montrait l'ouverture avec "The Cave", morceau qui semble conçu pour cela bien qu'il souffrit de quelques imperfections au mixage. Les options de l'an dernier se confirmaient aussi par une setlist un peu modifiée mais persistant à retenir d'anciens titres plus Folk ou Progressifs, notamment les grands tubes indispensables de "Mabool" qui font toujours leur effet. Une brève coupure de courant dans les dernières notes d'"Ocean Land" fit craindre un problème plus grave mais ce fut l'ultime incident technique, sans conséquence même sur le morceau. Cela fait un certain nombre de fois que je les ai vus au fil des ans en plus d'un faible dernier intervalle et dans ces conditions les sensations sont fatalement moins intenses bien que le plaisir n'en soit pas moins là.

La formule est en effet connue et Kobi n'a guère qu'à lever les bras pour que tout le monde suive, il en a moins fait que d'autres fois en termes de communication, ce qui s'explique aussi qu'il n'y avait plus à expliquer de nouveaux morceaux. Avec des fans complices la sauce prenait aussi bien, battre des mains sur de la guitare sèche est assez naturel dans le Midi, Matan Shmuely tentait même un peu d'humour depuis sa batterie quand il quittait son t-shirt. La nouveauté au personnel était la claviériste, pas complexée du tout malgré la grande importance de son poste vue l'orientation actuelle. Doublant les coups de cymbale de Matan, elle montrait une complicité plus tendre avec Chen Balbus, jouant en collant longuement leurs crânes… Au moins en live, le départ de Yossi Sassi est complètement digéré par les deux guitares. Le groupe est clairement une machine qui roule même si le pauvre Uri Zelcha, second membre fondateur encore présent, voit toujours sa basse noyée dans l'ensemble. Avec ses chœurs et ses pompes orchestrales samplés le répertoire choisi est de grande qualité, homogène entre Metal, Folk orientale aux multiples sources et Progressif épique et inspiré, il fait à présent l'impasse sur les vieux titres de la première époque du groupe quand ils étaient chez Holy Records, ce qui n'était pas le cas jusqu'alors et c'est regrettable car ce n'était pas moins inspiré. Sur "Sapari" une danseuse du ventre (vraisemblablement française) fit une rapide mais marquante apparition.

Au fil du temps l'enchaînement final des concerts du groupe s'est standardisée et on comprenait quand résonnèrent les premières notes d'"In Thy Neverending Way" que l'on attaquait la dernière longueur, c'est un titre brillant malgré ses chœurs simples et taillé lui aussi pour ce poste de dernier titre, pendant lequel Kobi présenta brièvement ses compères. Avant le rappel qui était tout autant prévisible avec l'exutoire "Norra el Norra" pour sauter tous ensemble sur un air puissant, un peu triste et totalement enraciné dans leur culture, enchaîné une fois encore sur le final d'"Ornaments of Gold" et ses vocalises rajoutées, seule concession à la première époque du  groupe qui est systématiquement utilisée pour terminer tous leurs sets depuis des lustres.


Setlist sous toutes réserves (je me demande si je n'en oublie pas un) :

The Cave/ All is One/ Barakah/ The Kiss of Babylon/ Ocean Land/ Like Orpheus/ We Do Not Resist/ Brother/ Let the Truce be Known/ Chains Fall to Gravity/ All Knowing Eye /Sapari/ In Thy Neverending Way/ Norra el Norra-Ornaments of Gold.


Comme prévu je repartis avec l'impression d'avoir à peu près revécu la dernière fois, ce qui était toute la satisfaction que j'en espérais vu ce contexte. Ce qui est curieux, c'est que pas mal de concerts prévus cette année seront aussi dans cette configuration. Toutefois le prochain va nous demander d'ouvrir l'esprit et de s'accrocher un peu.


par RBD le 18/04/2019 à 08:00
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Pas mal du tout ce truc ! La chro résume parfaitement bien la chose !
"le Punk s’est toujours très bien marié au Black le plus primal " et ça je plussoie fois 100.


Très intéressante démarche que celle de Sun, d'autant plus par le producteur de The Dø !


Sorceress était vraiment inintéressant, ce que je n'avais jamais ressenti avec Opeth quand bien même je préfère la période Still life / Blackwater park / Deliverance. J'espère que celui-ci rattrapera la donne, faute de quoi je passerai mon chemin à l'avenir.